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La voix du peuple

Paul-Henri Frenière

On dit souvent qu'entre deux élections, le bon peuple n'a plus rien à dire. Il se contente de regarder aller ses élus même si leurs décisions ne font pas son affaire. Mais il y a des exceptions.

Récemment, le gouvernement du Québec avait manifesté son intention de reporter progressivement le crédit d'impôt en raison de l'âge de 65 à 70 ans, ce qui faisait perdre environ 500$ par année aux moins nantis.

Les partis d'opposition n'étaient pas d'accord, c'est leur rôle. Mais ce qui a vraiment fait reculer le ministre des Finances, c'est la vive réaction des personnes âgées. Trois importants regroupements de « têtes grises » ont monté aux barricades et ont fait signer une pétition pour stopper le projet.

Le ministre s'est bien rendu compte que la pilule ne passait pas chez les aînés. Aussi, il y a sûrement quelqu'un qui a chuchoté à l'oreille du ministre que la horde de baby boomers concernés sont des gens qui votent.  Et les élections s'en viennent...

Un autre exemple récent de « reculage » est survenu à Montréal avec le redécoupage de la carte électorale. La proposition de la Commission de représentation électorale de fusionner la  circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques avec sa voisine de Westmount-Saint-Louis a occasionné une levée de boucliers. 

C'est qu'on proposait de faire disparaître l'un des rares bastions du parti Québec solidaire représenté par Manon Massé. En très peu de temps, des groupes de citoyens se sont mobilisés pour faire entendre leur voix.

Des sympathisants de Québec solidaire ont déposé une demande d'injonction en Cour supérieure pour forcer le Directeur général des élections à suspendre la refonte de la carte électorale et à tenir de nouvelles consultations publiques.

La députée de QS avait elle-même remis une pétition de 14 000 noms au DGE pour réclamer ces nouvelles consultations. Or, à la surprise générale, la voix du bon peuple a été écoutée. Manon Massé va conserver son comté.

Au plan local, une autre bataille se joue. Mon dernier billet concernant l'éviction de 11  familles pour agrandir un stationnement du centre-ville a fait pas mal de bruit. Il a été reproduit dans le journal de l'Association des médias écrits communautaires du Québec et a été beaucoup lu et partagé sur le site web de Mobiles.

La pétition, référée au bas du texte, a recueilli 378 signatures au moment d'écrire ces lignes. L'un des premiers signataires fut François Saillant, maintenant à la retraite et qui a été longtemps porte-parole du Front commun d'action populaire en réaménagement urbain.

Dans cette pétition, le Comité Logemen'mêle de la MRC des Maskoutains demande au citoyens du Québec de signer afin d'appuyer 11 familles dans leur lutte pour la préservation de leurs logements et ainsi s'opposer aux démarches de gentrification de la municipalité de Saint-Hyacinthe.

Le comité considère que la destruction de ces logements salubres et abordables pour faire 33 cases de stationnements est une aberration et un manque flagrant de respect envers ses citoyens.

Il est encore temps de la signer. Pour que la voix du peuple se fasse entendre. À propos, les élections municipales s'en viennent aussi...

Voici le lien vers une pétition contre l'éviction de 11 familles pour des cases de stationnement:

https://www.petitions24.net/opposition_a_leviction_de_11_familles_pour_u...

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