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L'avenir des enfants migrants

Paul-Henri Frenière

Saint-Hyacinthe a accueilli récemment ses premières familles de réfugiés syriens. Dans le groupe, une quarantaine d'enfants dont un de 18 mois. En regardant la photo publiée dans l'édition web de MOBILES, j'ai pensé tout de suite au bambin de trois ans retrouvé mort sur une plage de Turquie. Au moins, ces enfants-là auront la chance de vivre en sécurité en terre maskoutaine. Mais ça ne sera pas nécessairement facile.

Selon l'Agence France-Presse, un tiers des enfants syriens n'ont pas connu autre chose que la guerre. Et les bombes n'épargnent rien ni personne : les maisons, les hôpitaux, les écoles et même les terrains de jeu. Doit-on les blâmer de fuir cette hécatombe même s'ils auront plusieurs défis à relever?

Plus de 10 000 enfants migrants ont disparu au cours des deux dernières années, selon une agence de coordination policière européenne. Certains auraient été recrutés par les groupes criminels.

Et voilà que ces enfants et leurs parents arrivent ici en plein froid de février. On part de l'enfer de la guerre et l'on se retrouve dans un congélateur. Imaginez le choc climatique.

Mais il y a surtout le choc post-traumatique. La majorité de ces enfants sont déjà inscrits à l'école. Des enseignants du primaire ont remarqué que le passage d'un avion dans le ciel pouvait provoquer une peur instinctive, un réflexe. Même la sonnerie de la cloche rappelle l'alerte d'un bombardement. Un simple exercice de feu ramène le dur souvenir d'un fait réel, d'une expérience vécue.

Et tous ces gens autour qui parlent une drôle de langue que l'on ne comprend pas. Enfin, pas encore...

L'apprentissage ne sera pas facile pour ces enfants migrants. En plus d'apprendre le français, ils devront intégrer progressivement le programme régulier des autres élèves. Et plusieurs d'entre eux n'ont pas fréquenté l'école depuis très longtemps.

Heureusement, leur communauté d'accueil, la nôtre, semble avoir tout mis en œuvre pour leur faciliter la tâche. Autant la commission scolaire que la Maison de la Famille, entre autres, ont pris des mesures pour favoriser leur intégration. Par exemple, on planifie déjà des activités d'été pour ces jeunes enfants nouvellement arrivés.

On a également eu la sagesse de loger ces familles dans différents secteurs de la ville. On évite ainsi la ghettoïsation comme dans les banlieues parisiennes. Des efforts seront mis pour trouver des emplois aux adultes et pour leur enseigner le français.

Il faut dire que Saint-Hyacinthe a développé une solide expertise en matière d'immigration. On a ouvert nos portes aux nouveaux arrivants depuis quelques années déjà. L'organisme Forum-2020 nous apprenait que seulement en 2015, on a accueilli pas moins de 114 enfants, provenant majoritairement de l'Afrique, qui fréquentent aujourd'hui nos écoles.

L'autre bout de chemin à faire revient à la population. Il faudra s'habituer à voir des enfants accompagnés de leur mère qui porte un hijab, un tissu sur la tête, et qui parle une drôle de langue que l'on ne comprend pas.

Au lieu de les regarder avec de gros yeux, n'oublions pas que le sourire est un langage universel. L'intégration ne se fera que mieux. Les réfugiés syriens se sont déracinés et ont traversé toutes ces épreuves pour l'avenir de leurs enfants, après tout.

 

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