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Les bruits de l'été

Paul-Henri Frenière

Au Québec, on attend longtemps l'été. L'hiver est dur et long. Le froid nous agresse. Et lorsque l'épaisse couverture de neige a fondu et qu'on ouvre enfin les fenêtres, surgit un nouvel agresseur : le BRUIT!

J'ai le loisir de vivre dans un secteur très paisible, mais ce n'est pas tout le monde qui a cette chance. Combien de citadins se font réveiller le samedi matin par la tondeuse du voisin? Et souvent le supplice continue avec le taille bordure électrique ou l'infernal souffleur à feuilles qui, à mon avis, devrait être interdit par la loi sous peine de prison à vie.

Il y a aussi les événements populaires qui reviennent invariablement. Comme ces tracteurs hypertrophiés qui tirent des charges en crachant le feu et en rugissant comme des dinosaures en colère. Ou comme ces vieilles bagnoles qui s'auto-démolissent avec fracas telles des kamikazes masochistes. Apparemment, il y a encore beaucoup d'amateurs de vacarme et de boucane en 2018.

Bien sûr, il y a des bruits incontournables, ceux produits par la nature. Comme le tonnerre durant un orage, par exemple, qui arrive souvent par temps de chaleur extrême. Les scientifiques prévoient qu'il y aura de plus en plus de ces situations dans l'avenir. Faudra s'y faire.

Comme il faut s'habituer aux travaux saisonniers effectués par la municipalité. Encore là, il y a des situations extrêmes. La Ville décide d'ouvrir la rue devant chez-vous. Il y a une canalisation à changer ou quelque chose du genre. Commence alors la symphonie des pépines et des marteaux-piqueurs. La symphonie pathétique.

Heureusement, la Ville met des limites à cette cacophonie en établissant, par règlement, qu'il ne doit pas y avoir de bruits excessifs durant la nuit, soit de 22 heures à 7 heures. Quoique c'est long longtemps pour un résident qui entend ça toute la journée. La solution: des bouchons dans les oreilles ou un long séjour au nouvel hôtel Sheraton. Selon vos moyens...

Le règlement est peu bavard sur le bruit produit par un véhicule moteur. On y retrouve que ce petit paragraphe : « Il est interdit à toute personne de se servir d'un véhicule routier de façon à causer des bruits inutiles et excessifs de nature à troubler la paix, la tranquillité et le bien-être d’une ou de plusieurs personnes du voisinage ».

Pour les motocyclettes, aucune mention spécifique. En revanche, le gouvernement du Québec aurait l'intention d'agir pour mesurer l'intensité de leur vrombissement. En effet, les policiers de la SQ devraient prochainement se doter de « sonomètres » pour mesurer les décibels émis par les systèmes d’échappement. Jusqu'à maintenant, on y allait au pif. La limite permise serait de 100 décibels.

Je sais que mes amis motocyclistes – boomers en majorité – respectent déjà cette réglementation. Mais on me dit que certains galopins modifient leur « muffler » pour que leur engin pétarade un max.

Je subodore que c'est peut-être le cas de certains membres du club des « 81 » qui, d'ailleurs, semblent affectionner particulièrement la région maskoutaine. Mais n'allez pas croire qu'ils agissent de la sorte pour se faire remarquer. Ce serait faire outrage à leur discrétion légendaire...

Vivement l'hiver  !

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  • Bruits

    Bonjour, Très bon article. Vous avez oubliez de mentionner le bruit strident de l'arrosoir pour arroser le fameux gazon presque aux deux jours certaines semaines. L'arrosage inutile m'énerve et le bruit de l'arrosoir m'énerve tout autant. Pauvre rivière !

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