• Chroniques

Passer par le passé

Paul-Henri Frenière

La Ville de Saint-Hyacinthe veut changer résolument l'image du centre-ville en favorisant, entre autres, la construction d'édifices locatifs de huit étages sur le bord de la rivière Yamaska. On pense à l'avenir. Parallèlement, un groupe de Maskoutains s'intéresse plutôt au passé en dénichant des photos prises dans le plus vieux quartier de la ville, le district Cascades.

Ça se passe sur la page Facebook nommée « T'es Maskoutain si... » ouverte en 2014 et qui compte aujourd'hui quelque 9400 membres. C'est beaucoup.

Bien sûr, l'élément vedette de ce pèlerinage photographique c'est la rue des Cascades, et plus particulièrement le marché public que l'on voit à toutes les époques et sous tous les angles. Avec, bien sûr, « l'abreuvoir à chevaux » qui trône à l'avant depuis 1879. Ce petit monument de pierres a assisté, stoïque, imperturbable, à toutes les transformations qui ont eu lieu, derrière et devant lui, depuis toutes ces années. Dernièrement, un gros bloc de cinq étages s'est élevé et lui bouche passablement la vue.

Ces photos proviennent de particuliers dont certains fidèles qui publient quasiment tous les jours. Dernièrement, même le Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe apporte sa contribution via l'un de ses administrateurs. L'institution recèle des tonnes de documents archivés et en livre certains selon l'actualité du moment. Un incendie, par exemple, qui donne l'occasion de ressortir l'historique du bâtiment, comme ce fut le cas avec la Place Frontenac.

Parfois, on aperçoit des personnages sortis d'une autre époque. Comme ce groupe de jeunes photographiés, dans les années 70, devant la mythique taverne Chez Willy. En arrière plan, l'incontournable marché public.

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Mais la quintessence de la nostalgie maskoutaine est représentée par cette photo prise sur la rue des Cascades dans les années 60, en face du marché. On y voit les membres du groupe Les Hou-Lops – Têtes blanches qui déambulent devant les commerces. Le magasin Greenberg, la pharmacie Locas et la mercerie Cusson où ma mère m'habillait quand j'étais jeune; ce sont toutes des bannières qui n'existent plus depuis longtemps.

Cette image est tirée d'une autre page Facebook dédiée à notre passé : « Saint-Hyacinthe, le Liverpool du Québec dans les années 60 ». On y retrouve quantité de photos et d'articles de journaux qui rappellent l'âge d'or des groupes musicaux qui ont pris racines ici. Outre les Hou-Lops, les Sultans, Simon et les Lutins et les Aristos figurent parmi les plus connus.

Un autre endroit mythique y est présenté et c'est le cabaret L'Escapade, avenue Saint-Simon,  où les boomers maskoutains ont allégrement dansé « sur les rythmes yé-yé », comme on disait dans le temps.

Ce retour vers le passé témoigne des épisodes successifs qui ont marqué l'histoire d'une ville et, plus particulièrement, de son quartier le plus ancien. Mais je ne suis pas certain que dans 20, 40 ou 60 ans, on verra avec nostalgie les photos des gros immeubles qui bloquent la vue sur la rivière Yamaska.

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  • Gros immeubles de 8 étages au centre-ville de St-Hyacinthe

    Je crois que c’est une grosse erreur de jugement de construire de tels édifices dans un centre-ville qui pourrait avoir un si beau cachet . On laisse des immeubles se détériorer , on oublie d’avoir une vision d’ensemble...au fond, on ne pense qu’à l’argent ! C’est payant tous ces condos qui déguisent les paysages urbains !

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