• Chroniques

La créativité comme remède

Francis Plante

Récemment, je suis tombé sur un article d’un conseiller en gestion de carrière qui faisait mention du fait que les systèmes d’éducation mettent trop l’accent sur l’apprentissage des réponses justes plutôt que de tenter d’enseigner la créativité.  L’idée est effectivement intéressante, quoiqu’il ne faille pas non plus négliger l’intuition et la logique ! Mais qu’est-ce que la créativité et s’enseigne-t-elle? Wikipédia définit la créativité comme « la capacité d'un individu ou d'un groupe à imaginer ou construire et mettre en œuvre un concept neuf, un objet nouveau ou à découvrir une solution originale à un problème ». Par ailleurs, sans prétendre vraiment croire que l’on puisse l’enseigner, je crois qu’il existe des solutions pour la stimuler…

Crédit photo : © F. Plante Bien qu’étant fort complexe, la raison est capable d’effectuer deux opérations fondamentales qui sont celles de connaître et d’imaginer. Connaître, c’est savoir l’objet tel qu’il est sans avoir le droit de lui apporter aucune modification quelconque. Sachant tant bien que mal que l’un des principaux processus de la connaissance est en sorte la saisie directe du réel par les sens – transfiguré en concept – la connaissance se veut, à mon avis, la source même de l’imagination. L’imagination est donc une combinaison de concepts réels qui existent dans la réalité ou dans la mémoire. Nombreux sont les caractéristiques de la personnalité créatrice qui définissent le potentiel créateur, mais l’individualité est, selon moi, l’élément premier qui définit spontanément l’individu comme étant  « créateur ».  Aussi, puisque chaque société possède ses propres critères d’intelligence liés, la plupart du temps, aux nécessités de sa survie, il serait boiteux de vouloir uniformiser les bases de la créativité! Disons simplement qu’elle n’est pas nécessairement liée au talent artistique et que tout individu peut, par un certain façonnement de connaissances acquises, donner à quelque chose une signification nouvelle. La perception qu’il aura à reconnaître certains aspects qui peuvent échapper aux autres feront de lui un créateur. Le dynamisme et le désir de mettre en valeur ce résultat nouveau lui seront des plus importants en ce qui a trait à son éventuel désir de voir son idée germer et donc, ainsi, d’être tenté de renouveler l’expérience.

L’inspiration créatrice peut venir de presque n’importe quel source. Une bonne trame sonore, quelques cannettes de bières, une séance de brainstorming, une expérience étrange ou une simple gorgée de NyQuil sont autant d’éléments qui peuvent stimuler la créativité... Souvent, les idées jaillissent de manière inconsciente. La rêverie ou ce que j’appellerais « l’état comateux » qui précède le sommeil est un état de veille assez révélateur où le sujet est plus ou moins déconnecté de la réalité extérieure. Ce même état donne souvent naissance à des fragments d’idées illuminatrices qui sont un tremplin insoupçonné pour engendrer la base de ce qui deviendra un concept. Cette « transe » permet en quelque sorte au délire de s’objectiver. Il existe de nombreuses manières différentes d’attaquer une œuvre créatrice, mais je crois qu’il importe avant tout de se plonger dans différents états quitte à les provoquer… Personne ne sait comment sont exactement les choses quand on ne les regarde pas. Une fois achevée, l’œuvre acquiert une personnalité propre qui invite tout ceux qui la contemple à s’interroger sur sa signification et la compréhension de cette œuvre par le public échappe bien souvent au contrôle de son propre créateur. Mais ceci est une autre histoire…

 Illustration : © Leo Patzelt

Donc, la créativité n’est pas l’œuvre du génie, mais plutôt un ensemble d’éléments féconds de la vie humaine. Parmi tous les signes distinctifs de la personnalité créatrice, notons que l’individualité est l’élément par lequel l’être humain régit le potentiel qui le définira en tant que créateur. Aussi, l’énigme de la personnalité amène à penser que toute personne aura recours à un processus personnel pour motiver son désir de créer. Mais les principales étapes de ces différents processus rejoignent tous un schéma de base : trouver une source de motivation, exprimer ses idées, y réfléchir et les modifier. Par nécessité, le sens de l’accomplissement à travers la réalisation d’une œuvre quelconque se veut le seul vrai élément potentiellement concret au désir de créer. En conséquence, ne serait-ce que pour guider l’être humain vers ce qui lui permettrait de mieux se renouveler, oui, dans ce cas, il faudrait inciter d’avantage quiconque à développer son potentiel créatif – il en dépend, je crois, de la santé de notre société!

« L’imagination est plus importante que le savoir, car si le savoir concerne tout ce qui existe, l’imagination concerne tout ce qui existera. »
– Albert Einstein

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  • Re: La créativité comme remède

    Salut, j'aime beaucoup ce que tu as écrit. Je suis travailleur social et mon premier ouvrage est en librairie actuellement, "Vivre sur Terre, le prix à payer". J'ai justement décidé d'écrire ce livre suite à une expérience que je qualifierais de mystique et qui a eu pour conséquence d'augmenter ma conscience avec les bottes de sept lieus du chat botté lol. Notre société actuel vise le conformisme de la pensée et de l'action tuant ainsi toutes formes d'imagination et donc de pensée qui sortent de l'ordinaire. Le profit n'est pas intéressé à entendre l'esprit de créativité qui devrait libérer les hommes de leurs chaînes babyloniennes. Lorsque l'imaginaire meurt nous sommes en présence d'une société malade où seuls les diplômer sont reconnus comme vrai source de référence et de découverte. De plus, nos valeurs babylonienne prônent davantage la rationalité et accordent peut d'intérêt à la création sauf s'il y a du fric à faire. Combien d'entre-nous, enfants, avons essuyé les commentaires des grands qui nous reprochaient notre trop grande imagination : "il a trop d'imagination ce petit! " Bonne journée si tu veux en savoir plus sur mon expérience je suis ouvert à t'en parler. J'ai été approché part des sociétés secrètes, dont la franc-maçonnerie toutefois, j'ai refusé leur offre car mon seul groupe d'appartenance est l'humanité avant tous les autres rapports sociaux qui me traversent.

  • Re: La créativité comme remède

    Bonjour Alexandre, Il est vrai que tout prend trop souvent une direction de conformité en ce bas monde et de ce fait, je suis parfaitement d'accord avec le fait que l'homme se déstabilise par des influences externes à lui. Ce faisant, je ne vais pas hésiter à me procurer ton livre pour en apprendre plus sur la chose et découvrir ce qui me semble être un manifeste fort intéressant relativement à une meilleure compréhension de l'être humain… Merci de ton commentaire et bonne journée!

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