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Les bines et la nostalgie

Roger Lafrance

Voilà plus de deux ans que la Boulangerie Pinsonneault a fermé ses portes... À vrai dire, je m'ennuie encore de ces dimanches matin où l'on faisait la queue pour aller chercher nos fèves au lard.

C'est un phénomène qui m'apparaît unique. Après quelques recherches, je n'ai trouvé aucune ville où cette tradition était aussi bien implantée qu'ici, à Saint-Hyacinthe. Outre les boulangeries, la plupart des dépanneurs de quartier ont toujours leur comptoir de fèves au lard les dimanches matin avec leurs pains frais du jour et leurs beignes au sirop.Les fèves au lard le dimanche matin à Saint-Hyacinthe, une tradition qui remonte loin.

Et cette tradition remonte de loin... Dans son Histoire de la cuisine familiale du Québec - volume 4, Michel Lambert reproduit un extrait des Mémoires de T.-D. Bouchard qui raconte que les fèves au lard étaient déjà une pratique bien implantée lorsqu'il était jeune.

"Chaque samedi, de cinq heures de l'après-midi et huit heures du soir, c'était une procession ininterrompue de personnes de tout âge et de toutes conditions se dirigeant vers nos boulangeries, explique-t-il. Chacune d'elles tenait par une anse de fil de fer le traditionnel pot de beans, de dimension appropriée à l'importance numérique de la famille à laquelle il était destiné."

Le lendemain matin, chaque famille revenait vers la boulangerie chercher son pot de fèves au lard tout en emportant du pain fraîchement cuit. Pour les boulangers, la cuisson des fèves au lard permettait de rentabiliser leurs commerces et de récupérer la chaleur de leur four à pain.

Pendant des années, je suis allé à la Boulangerie Pinsonneault. Je me rappelle encore les longues files, qui allaient parfois jusqu'à la rue les jours de fêtes, comme à Pâques par exemple. On rencontrait toujours quelqu'un qu'on connaissait et on échangeait des nouvelles. La boulangerie était un peu le perron d'église des Maskoutains. D'ailleurs, après chaque messe, on voyait toujours l'affluence augmenter.

Personnellement, j'ai toujours eu de l'admiration pour la famille Law-Kam qui a assuré le service durant une trentaine d'années. Il fallait beaucoup de dévouement pour être chaque dimanche derrière leur comptoir à servir leurs clients. Et toujours avec un sourire chaleureux, même quand la file n'en finissait plus.

La tradition se poursuit toujours aujourd'hui. D'autres commerces à Saint-Hyacinthe ont repris le flambeau et plusieurs dépanneurs maintiennent toujours leur comptoir de fèves de lard. À Saint-Dominique, la Boulangerie Ménard en a fait elle aussi une spécialité.

Les fèves au lard occupent une place particulière dans notre passé culinaire. Un mets simple, accessible à tous, peu coûteux et à la portée de tous. Les fèves au lard, c'est évidemment le terroir québécois mais c'est aussi un moment de réjouissance lorsqu'on le déguste à la cabane à sucre, arrosées de sirop d'érable. Un mets qui rappelle nos racines.

 

 

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  • Re: Les bines et la nostalgie

    Imaginez J'ai Travailler La Moi De 13 @ 15 Ans Aujourd'hui J'ai 41 C'est Pas D'hier LoL, J'ai Commencé Au Beignes Et Fini À La Cuisson Du Pain ;-) (y)

  • Beignes

    Ils avaient la même recette de beignes que mon père et quand j'allais au chalet de ma sœur elle allait m'en acheter. Demain, le 12 août 2017 je regardais ou c'était m'en acheter moi-même . Désolée mais la famille le aurait dû con tuner car c'était délicieux. v2QRV

  • Re: Les bines et la nostalgie

    Votre commentaire est intéressant mais vous ne montez pas à l'origine de. La boulangerie. Pinsonneault. Gilles Chenette ancien maskoutain de la rue Concorde

  • Les fameux beignes Pinsonneault

    A qui de droit, Est-ce possible d'obtenir les coordonnées du producteur de NOS BEIGNES FAVORIS?

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