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Willie Lamothe

Willie, ce Maskoutain

Roger Lafrance

Quand on évoque Willie Lamothe, différents souvenirs se font à notre esprit. Certains (comme moi) se souviendront de son émission Le ranch à Willie. D’autre se rappelleront certaines de ses chansons, Je suis un cowboy canadien, Je chante à cheval ou Allô, allô, petit Michel. Ou l’excellente série Willie mettant en vedette Luc Guérin. Les plus jeunes chériront la chanson Mille après mille devenue presque un classique de la chanson québécoise.

Willie Lamothe dans le film Bingo de Jean-Claude Lord.Bref, plus de 20 ans après sa mort, Willie Lamothe est un monument de la chanson. Il est l’un des pionniers du country au Québec (ou western, si vous préférez). Depuis quelques années, avec la renaissance du country, on assiste à une reconnaissance du chanteur, que ce soit avec des spectacles ou des disques comme Chapeau Willie!

Mais au-delà de tout cela, Willie Lamothe est aussi un artiste maskoutain. William Joachim Lamothe, de son vrai nom, est né à Saint-Hugues, dans une petite maison du 2e rang. Sa famille a déménagé ensuite à Saint-Hyacinthe, son père ayant déniché un emploi sur les chemins de fer.

Willie Lamothe a grandi à Saint-Hyacinthe. L’envie des planches l’a toujours habité : théâtre amateur, professeur de danse et finalement la chanson. Dans l’armée canadienne, il s’est fait connaître comme le « sergent chantant ». Démobilisé, il trouve du travail à la Goodyear où il rencontre sa femme mais dès que l’occasion se présente, il se produit en spectacle.

Très vite, il connaît le succès dans un style, le western, qui connaît une grande renommée chez nos voisins du sud. Il parcourt le Québec avec sa complice Rita Germain, côtoyant les Jean Grimaldi, Olivier Guimond, Manda et compagnie. S’enchaînent les émissions de radio, les tournées, les émissions de télé et les enregistrements. On lui doit pas moins de 500 chansons!

Willie Lamothe fait partie de ces artistes qui ont été boudés de leur vivant par une certain pan de la colonie artistique parce qu’ils faisaient « populaires ». Il était lui-même un personnage hors norme, figure débonnaire, aimant la vie et s’amuser. Pour compléter, il fut aussi un acteur remarqué grâce à Gilles Carle, allant même jusqu’à enregistrer à Nashville, la capitale du country, et à se produire en Louisiane.

Chapeau Willie! est un hommage à plusieurs chansons du répertoire de Willie Lamothe.Bref, Willie Lamothe a laissé une marque indélébile dans la chanson québécoise mais a aussi influencé bon nombre de chanteurs actuels.

Pourtant, malgré cette feuille de route éloquente, qu’avons-nous fait à Saint-Hyacinthe pour perpétuer sa mémoire? J’ai beau chercher, je trouve peu de choses. Saint-Hyacinthe a dédié un parc en son nom mais je vous mets au défi de le trouver. L’été dernier, les Beaux Mardis de Casimir lui ont rendu hommage. Pour le reste, rien. Willie Lamothe a toujours habité à Saint-Hyacinthe. Il a grandi ici, il est décédé ici.

On parle beaucoup d’un projet de musée régional, projet pas évident par ces temps d’austérité. Si ce projet devait voir le jour, j’ose espérer qu’il comprendrait une aile entière réservée à cet immense artiste. Sinon, Willie mériterait bien à lui seul un musée en son nom. Qu’en dites-vous?

Si vous désirez en savoir plus, je vous suggère le site Québec Info Musique, ou le Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe.

 

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  • Re: Willie, ce Maskoutain

    Bonjour, je pratique le métier de Barbier-Coiffeur à Magog depuis 32 ans et avec mes clients, pas un seul sait sur quelle rue habitait Willie Lamothe à St-Hyacinthe, j'aimerais savoir l'ancien numéro d'adresse de sa dernière demeure avant qu'il décède. À ce que je pense, il y a une rue du nom de boul Lamothe et que c'est tout prêt de l'ancienne usine la Good Year... Pouvez-vous m'aider ? Merci

  • Re: Willie, ce Maskoutain

    L'avenue Lamothe ne fait pas référence à Willie Lamothe mais plutôt à un commerçant qui se prénommait Arthur. Selon mes lectures, Willie a toujours habité le secteur Douville où un parc porte son nom. Son grand complice, Bobby Hachey, a habité non loin de sa résidence. Ses dernières années, il les a passées à l'ancienne Villa des Frênes dans le quartier Saint-Sacrement.

  • Re: Willie, ce Maskoutain

    Je pense que c'était sur la rue Dieppe

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