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Lyne Gauthier-Lemaire, artisane née

Roger Lafrance

Le monde du commerce évolue à une vitesse grand V. Les bannières sont rapidement remplacées ou changent de propriétaires, le commerce électronique vide les magasins et trop souvent, la marchandise venue de Chine ne vaut même pas la peine d’être réparée.

C’est pourquoi, quand on entre dans une cordonnerie, on a l’impression d’aller à la rencontre d’un monde où l’artisan a encore toute sa place. C’est encore plus vrai à la Cordonnerie Lemaire qui a pignon sur rue depuis 85 ans à Saint-Hyacinthe, ce qui en fait certainement l’un des plus vieux commerces en ville.

Lyne Gauthier-Lemaire « n’en » est propriétaire que depuis 30 ans cette année, le 3 novembre plus exactement, date où son mari Jean-Marie Lemaire et elle s’en sont portés acquéreurs de la famille Durand. C’est aux côtés de son époux qu’elle a appris ce métier.

« Je n’avais jamais mis les pieds dans une cordonnerie, raconte l’artisane. Mes parents n’avaient même jamais fait affaire avec une cordonnerie. »

Depuis 30 ans, Lyne Gauthier-Lemaire fait plus que réparer des chaussures dans sa cordonnerie de la rue Morrison. Photo  : Roger LafranceAujourd’hui, elle en est la seule propriétaire. Un jour, Jean-Marie a voulu faire autre chose. Elle aimait tellement le métier qu’elle a choisi de continuer.

La cordonnerie fait partie de ces métiers qu’on croit disparus. À l’époque où le couple a acheté le commerce, il y avait neuf cordonniers à Saint-Hyacinthe. Ils ne sont plus que deux maintenant. Le métier ne s’enseigne plus à la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe. Pourtant, dans son atelier, Lyne Gauthier-Lemaire emploie cinq personnes, et bientôt une sixième se joindra à l’équipe.

« Tant que les gens vont avoir des pieds, il y aura des cordonneries ! », lance la propriétaire, sourire en coin.

Si son commerce a pu survivre au fil des décennies, c’est parce qu’elle fait bien plus que réparer des chaussures. Elle répare des équipements et des vêtements de sport, des manteaux, des sacoches et des équipements de travail, bref tout ce qu’une couturière ne peut réparer, car ses équipements peuvent travailler les tissus les plus robustes. Elle se souvient d’une commande de l’ITA où on lui avait demandé de recouvrir de cuir un mannequin en forme de jument qui devait servir pour l’insémination artificielle…

« Tout ce qui se répare, on peut le faire ! », lance-t-elle fièrement. C’est d’ailleurs ce qu’elle aime de son métier : chaque pièce représente un défi. Pour chaque problème, il y a une solution. L’artisane met alors toute sa créativité à profit.

Son métier finira-t-il par disparaître ? Elle ne croit pas. Il y aura toujours des gens qui voudront faire réparer leurs biens plutôt que de les jeter. Dans un monde où plusieurs remettent en question notre société de consommation, son métier pourrait en effet avoir un bel avenir, et ce, pour longtemps.

 

           

 

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    Super article mais un seul bémol pour moi.... st Hyacinthe c'est où.???.ça aurait mérité d'indiquer au moins le numéro du département ...

  • Regarde sur internet, c'est

    Regarde sur internet, c'est pas plus long que écrire ton commentaire, et bien plus utile!

  • réparation d'une bourse

    Excellent service dans ce commerce. qui d'après moi aura toujours sa place, au prix que nous payons nos souliers, bottes et bourse nous aurons toujours besoin d'un cordonnier (ère) bravo et longue vie

  • Admiration

    Bravo chère amie, je suis bien heureux pour toi , mais non surpris ! Ça se voit que tu aimes ton travaîl. Rien de ce que nous t'avons apporté à réparer n'a pu l'être. On est toujours ressorti de ta boutique satisfait et le sourire aux lè- vres à cause de vos taquineries. Ça été du vrai bon temps. Hélas nous sommes déménagés, snif ! BRAVO !

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