• Chroniques

Jean, le fort

Françoise Pelletier

Dimanche passé je suis allée au Fort-de-Chambly. J’y ai découvert l’œuvre d’un homme, Joseph-Octave Dion, qui entreprit quelque 200 ans après la construction du fort de le restaurer alors qu’il tombait en ruine et dans l’oubli.  Il s’y est installé, et s’est investi à aller chercher des appuis au gouvernement afin de le faire revivre à la mémoire collective. Ainsi, il a permis que nous parvienne aujourd’hui une grande part de notre histoire collective du début de la Nouvelle-France. 

Jean Barrette, pour moi, était aussi un restaurateur de fort. Il avait bâti sa maison dans l’enceinte des droits collectifs et des solidarités humaines, un peu partout où ça comptait à Saint-Hyacinthe. Pendant de nombreuses années, tout en travaillant dans la fonction publique à aider les gens à se trouver un emploi,il a donné bénévolement de son temps à un organisme venant en aide à des gens qui ont des problématiques en santé mentale, MADH inc. Il a été à nos côtés pendant des moments plus difficiles de l’histoire de la ressource,  s’attelant à nous soutenir individuellement et collectivement. Il ne manquait aucune de nos assemblées générales annuelles avec sa conjointe et sa maman. Il nous rappelait souvent à nous-mêmes, à notre histoire alternative en santé mentale et à notre mission sociale. Il n’avait pas son pareil pour nous encourager et situer notre vécu d’organisme dans le contexte politique et social dans lequel nous nous trouvions. Contre les vents néolibéraux il s’élevait toujours, nous ramenant vers les lieux de solidarités sociales et d’empowerment collectif. 

Il s’est aussi investi pendant tout ce temps à l’organisme Solidarité populaire Richelieu-Yamaska, où il a siégé comme membre du conseil d’administration, comme membre participant et bien souvent aussi comme orateur sur divers sujets sociaux. C’était un lieu où il rencontrait j’imagine tous les sujets de justices sociales, environnementales et socio-politiques qui lui tenaient tant à cœur. 

Ma collègue Louise, tantôt, m’a dit :  ‘’tu t’imagines, Françoise, la prochaine toast populaire de SPRY à quel point ce sera émouvant, avec le décès de Jean, lui qui s’y est investi depuis toutes ces années ? Avec tous ces gens qui le connaissaient et l’aimaient ?’’ 

Oui, je m’imagine bien. Ça ressemblera à plus grande échelle à ce qu’on a vécu aujourd’hui dans notre petite équipe de MADH…

Et bien que les mots me manquent et que je me sente tout croche, je veux te remercier, Jean, pour tout ce que tu as fait pour nous, à MADH, pour tout ce que tu as fait pour la communauté maskoutaine. Tu auras contribué, pierre par pierre, à maintenir le fort de justice sociale sur lequel nous nous sommes construits, et à nous inspirer pour le futur*.

 

Post-Scriptum: 
Le livre de Jean Barrette, ‘’Urgent besoin de succès…et de bonheur’’ a été lancé mardi dernier le 25 août. On peut se le procurer en appelant madame Lyne Goulet, au 450-502-3418

Écrire un commentaire >

  • Re: Jean, le fort

    Très touchant comme article! Merci pour votre gratitude à son égard. Marlène

  • Re: Jean, le fort

    Merci ma belle Françoise pour cet homage. Tu écris très bien et tu es une perle pour nous.

  • Re: Jean, le fort

    Beau texte digne de cet homme au grand cœur ! Le titre de son livre m'enthousiasme beaucoup. Bon courage à tous ceux et celles qui souffrent de son absence.

  • Ajouter un commentaire