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En marge du débat des chefs :

Morituri te salutant (ceux qui vont mourir te saluent)

Françoise Pelletier

*Attention :  si ce billet vous touche, c’est qu’il ne s’adresse pas à vous. Enfin, oui, mais il ne vous vise pas. Il pointe toutes celles et ceux qui sont concernéEs directement par le financement des organismes communautaires et qui pour des raisons PARTISANES, ou d’Intérêts autres concurrents (et croyez-moi, il y en  a)  ont cru bon de ne pas nous appuyer pour la manifestation tenue hier soir. Je parle de ceux et celles qui ont pignon sur rue à Montréal, plus particulièrement. Et dont le devoir est de représenter et de défendre les intérêts des membres de groupes communautaires de base. Vous vous reconnaitrez. *

Bon, ben là excusez-moi, là, mais il faut que je vous dise encore quelque chose. De plate. Vous pouvez ben arrêter de lire tout de suite, si vous êtes tannéEs. De toute façon, à voir on voit ben que ça change rien.

Hier, là, on a été 500 environ à se pointer devant la tour de Radio-Canada, en marge du débat des chefs, afin de faire voir et entendre qu'on existe, là, et qu'on a besoin de minimalement de financement pour survivre, nous, organismes communautaires autonomes.

On était là pour bien faire comprendre qu'après deux ans de travail acharné de reconnaissance de notre action de filet social auprès des gens les plus défavorisés de la société, on est à bout de souffle, et qu'on a besoin des 162 millions promis par le PQ afin de nous financer un peu mieux. Pour qu'on échappe pas du monde, genre.

Alors, ma question. Mais où fucking donc étiez-vous, hier soir ? On a été 500 à venir de la Montérégie et de la Mauricie Centre du Québec pour manifester à Montréal... Une poignée de gens de Montréal sont venus, seulement.

Bien sûr, on peut dire que les groupes sont pas ben ben sortis, n'est-ce pas. 5000 groupes à peu près au Québec, une personne chaque, ça aurait été déjà pas pire.

Mais vous savez quoi ? Dans ces groupes là, là, y'a 80 pourcent de femmes travailleuses. Qui s'occupent de leurs petits, qui ont fort à faire et à payer leur ''choix de carrière'' dans le mouvement communautaire. Et plusieurs d'entres elles m'ont dit: Oui, Françoise, merci pour la mob, dis bravo aux comités organisateurs et à toutes ceux et celles qui participeront, moi je peux pas, faut que j'aille chercher les petits... Et d'autres, encore, ne pouvaient pas être là parce qu'elles travaillent, à une autre job, parce que non, elles n'arrivent pas en travaillant seulement dans un organisme communautaire.

Enfin: crisse de calisse de tabarnak !!!! Pis vous autres, là ? Vous êtiez où, hier soir ? Vous autres, militants pour la justice sociale, qui vous mettez la face en orange à force d'être QS ? Pis vous autres, là, du PQ, qui sentez la soupe chaude de vous voir les Libéraux aux fesses ? Ça aurait été une crisse de bonne idée d'être avec nous autres, là, l'heure de temps qu'a duré la manif pour dire: Ok, on reconnait que ce tiers secteurs de services en santé et services sociaux sont super importants dans notre société, sans le travail de ces femmes et hommes le service de santé aurait pété depuis longtemps.


Mais non. Vous êtes pas venuEs. Continuez à militer dans vot' tête.

Merci beaucoup à celles et ceux d'entres vous qui avez fait l'effort, hier soir, d'être là, d'être des nôtres, d'être solidaires de nous, de ce que nous sommes à faire sens ensemble comme tissu social. Je vous remercie du fond du cœur. Merci aux militants de QS de Saint-Hyacinthe qui se sont déplacés, merci à 99pourcent média d'être venu et d'avoir filmé et photographié. Merci à vous toutes et tous qui êtes partiEs après votre journée de travail dans vos groupes à courir la broue dans le toupet pour venir à Montréal en partant d'aussi loin que de Trois-Rivières et Drummondville, à tous celles et ceux de la Montérégie également, et enfin, à celles et ceux d'entres vous qui êtes venuEs aussi de Montréal.

On verra ben la suite des choses. Si les montants promis revolent parce que le prochain gouvernement ne respectent pas les montants au financement promis par le gouvernement actuel, on verra ce qu'on peut faire. Mais on fera pas de miracles. Je vous le dis: on en fait déjà. On va échapper du monde. Pis ça va nous détruire.

J'espère juste que ça n'arrivera pas. L'espoir: c'est tout ce qu'il me reste aujourd'hui.

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