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À la découverte des contes de Grimm

Anne-Marie Aubin

Malgré le fait que quelques titres ont été transformés, adaptés et popularisés par Disney, très peu de gens connaissent véritablement les 210 contes recueillis par les frères Grimm en Allemagne au XIXe siècle. 

Pullman passionné des contes

Depuis son enfance, Philip Pullman se passionne pour les contes et propose dans ce livre de près de 500 pages, une découverte ou une relecture de 50 contes parmi tous les titres des frères Grimm. Bien connu pour sa trilogie de romans À la croisée des mondes, adaptée au cinéma en 2007, Pullman a écrit pour différents publics et a reçu le célèbre prix Astrid Lindgren.   

Un livre d’art

Tel un livre d’art, cette «bible» des contes de Grimm est un objet magnifique, couverture cartonnée, reliure cousue, imprimé sur papier glacé, abondamment illustré des sculptures de Shaun Tan, auteur, illustrateur, artiste reconnu mondialement. Pour cet ouvrage, Tan raconte « je me suis inspiré des sculptures de pierre des Inuits et des statuettes de glaise précolombienne que j’ai pu admirer au Canada et au Mexique.» Ces sculptures suggèrent des émotions par leur symbolique, elles incarnent l’essentiel du conte.

Des découvertes

L’introduction  de Pullman nous apprend que les frères Grimm n’ont pas sillonné les campagnes ni la forêt allemande pour collecter leurs contes auprès des paysans. Certains contes étaient de source écrite, mais la majorité ont été transmis par des amis de la famille. Ces quelques personnes issues de la classe moyenne ont raconté une version orale aux deux frères philologues qui ont transcrit et publié ces contes pour la première fois en 1812.

Pullman, merveilleux conteur

Pullman offre ses coups de cœur parmi les contes de Grimm et les rend merveilleusement bien.

« Quand je travaille, je suis extrêmement superstitieux. Ma superstition concerne la voix à travers laquelle naît l’histoire. Je suis en effet persuadé que chaque récit est accompagné par son propre lutin, dont nous incarnons la voix quand nous racontons cette histoire, et que nous la narrerons avec davantage de succès si nous traitons ce lutin avec respect et courtoisie ».

Érudit, il a lu de nombreux ouvrages sur les contes et a choisi de ne pas moderniser ni transposer les contes «Une seule question m’a guidé : «Comment raconterais-je cette histoire si je l’avais reçue de la bouche de quelqu’un d’autre et souhaitais la transmettre à mon tour?»

À la fin de chaque conte, des renseignements précieux sur les sources, sur des histoires semblables sont offerts par l’auteur qui propose un commentaire permettant de relier l’histoire à des points de repères historiques, culturels ou littéraires. Une mine de renseignements utiles pour les chercheurs et les conteurs.

« Le conte de fées est dans un perpétuel état de devenir et d’altération. S’en tenir à une seule version, une seule traduction, c’est enfermer un rouge-gorge en cage. » Pullman nous encourage, nous, lecteurs, à nous sentir libres de prendre la parole car un conte de fées n’est PAS un texte.

Philip Pullman, Contes de Grimm, images de Shaun Tan, Gallimard.

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