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Bandes dessinées

Blacksad, quelque part entre les ombres

Carl Rocheleau

Blacksad, quelque part entre les ombres, Juan Diaz Canales (scénario) et Juanjo Guarnido (illustrations), Dargaud, Paris, 2000

Avertissement : Même si Guarnido a été dessinateur pour Disney, la série Blacksad ne s’adresse pas à des enfants.

 

Maintenant que vous êtes avertis, permettez-moi de vous présenter John Blacksad, un bon vieux détective désabusé qui côtoie les gens peu fréquentables de la ville afin de boucler des enquêtes trop complexes pour le service de police.

J’oubliais, Blacksad est un chat noir.

Et le chef de police est un berger allemand. Les fiers-à-bras sont des crocodiles, des furets, des serpents, etc. Chaque personnage a une tête représentative de son caractère. Définitivement, en tout cas, Blacksad porte malchance à ses ennemis (un peu cliché, je sais).

Côté scénario, Diaz Canales fait dans le classique. Dans un univers digne des années quarante, Blacksad doit enquêter sur les circonstances du meurtre d’une célèbre beauté, une étoile montante de la danse, une femme qui aimait beaucoup les hommes, une jolie fille qu’il a aimée… Le détective, sans piste de départ, débute son enquête en interrogeant l’ancien garde du corps de la jeune femme, ce qui le mène à passer en revue tous les hommes ayant fréquenté la victime. Rapidement, on attente à sa vie. Quelqu’un ne veut pas qu’il approfondisse l’enquête, ce qui pousse Blacksad à s’entêter comme seul un détective de bon vieux roman noir peut le faire. Même si ça peut sembler remâché, allez savoir pourquoi, il n’en est rien. Peut-être est-ce dû au traitement – aux illustrations –, mais le lecteur se fait emporter dans l’histoire comme un gamin.

Côté illustrations, Guarnido est épatant. Il vous jettera par terre. La coloration, d’abord, est excellente. Guarnido utilise l’aquarelle, ce qui lui permet de rester dans des teintes blafardes qui servent très bien le propos du récit. Les habits, les immeubles et les gens présentent des variations de beige, de gris et de brun. Les personnages, même s’ils sont parfois caractériels (le visage animal étant un bon indicateur), surprennent le lecteur au détour de la page. Les décors sont impressionnants, détaillés et intelligents. Rien n’est laissé en plan ni négligé. Le langage non verbal des personnages constitue une série de pauses dignes de sculptures grecques. Enfin, les expressions détaillées du visage de chacun des personnages principaux sont finement travaillées en plus de s’accorder à la physionomie de chaque animal, ce qui rend la lecture extrêmement agréable. Vous comprenez donc que Blacksad est une bande dessinée qu’on peut lire à plusieurs reprises sans jamais en épuiser la qualité.

Bref, ce premier tome de Blacksad est fortement recommandé aux lecteurs à la recherche de nouveauté. Il sait plaire aux lecteurs expérimentés comme aux néophytes. Quatre tomes sont déjà parus chez Dargaud. Avis aux intéressés, le second tome fait référence aux problèmes reliés au racisme dans les Etats-Unis des années quarante.

Pour en savoir plus.

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