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Ces animaux qui nous font du bien

Alain Charpentier

Victor-Lévy Beaulieu. Ma vie avec ces animaux qui guérissent. Éditions Trois-Pistoles, 2010, 236 pages. ISBN 978-2-89583-223-2

La plupart des gens qui s’intéressent le moindrement à Victor-Lévy Beaulieu savent qu’il a toujours eu un penchant pour les bêtes : ses téléromans en ont souvent contenu (la jument de Xavier Galarneau dans L’Héritage, le cheval miniature dans Le Bleu du ciel…). La cinéaste Manon Barbeau (Les Enfants du Refus global) s’était d’ailleurs intéressé à cette facette de l’écrivain en allant tourner chez lui, aux Trois-Pistoles, un film intitulé Du bord des bêtes qui présentait VLB comme un Noé au milieu de son arche.

Le dernier livre que VLB vient de publier témoigne de son amour inconditionnel pour les bêtes. C’est sans doute son livre le plus accessible et il risque de plaire à toute personne qui porte une affection particulière pour les animaux, qu’ils soient chiens, chats, chevaux ou moutons. Parce que Victor-Lévy Beaulieu les aime tous, différemment certes, mais inconditionnellement. Cet amour quasi maternel qu’il voue à ses bêtes, on le voit bien à travers tous les sacrifices qu’il a dû faire, parfois pour donner une seconde chance à un animal abandonné, mal nourri, battu, blessé ou voué à une mort certaine. Il s’improvise parfois vétérinaire et réussit même mieux que les soi-disant professionnels de la santé animale, notamment grâce à ses vieux bouquins de médecine vétérinaire dont on apprend qu’il fait la collection.

 

Le récit est à la fois chronologique et thématique : l’auteur plonge dans son enfance pour y retracer le premier souvenir qu’il ait conservé de sa longue complicité avec les animaux. Ainsi, on apprend que son premier ami à quatre pattes était… le goret du voisin ! Puis il raconte son enfance à la campagne de Saint-Jean-de-Dieu, dans l’arrière-pays de Trois-Pistoles, suivie de son adolescence et des débuts de sa carrière d’éditeur et d’écrivain à Montréal-Nord ; puis, le retour aux sources : son déménagement à Trois-Pistoles, les premiers animaux achetés, la construction de sa grange-étable… La trame de ce récit autobiographique est jalonnée par des rencontres marquantes, non pas avec des humains, mais bien avec des animaux. Même à Montréal-Nord, où les animaux se font rares, Victor-Lévy Beaulieu trouve le moyen de s’échapper à Ste-Émélie-de-l’Énergie, dans Lanaudière, pour renouer avec ses amis à poils, à plumes et à cornes.

Une fois installé à Trois-Pistoles, Victor-Lévy Beaulieu aménage son petit coin de paradis, qu’il ne va pas tarder à peupler d’une large diversité d’animaux : poules, oies, moutons, chèvres, chats, chiens, chevaux miniatures, etc. Il est leur gardien, leur protecteur, leur pourvoyeur, leur sage-homme, mais jamais leur maître : au contraire, il est leur élève, leur apprenti de qui il apprend l’art de la simplicité, c’est-à-dire de vivre pleinement le moment présent. Au milieu de ses bêtes, on sent qu’il a trouvé enfin la paix intérieure, celle qui va le délivrer pour de bon de son alcoolisme.

L’ouvrage se termine sur une réflexion plus large sur l’avenir de l’humanité et sa relation avec le monde animal. Selon Victor-Lévy Beaulieu, l’être humain, à force de se « dénaturer » dans l’uniformité, la consommation et l’endoctrinement religieux ou politique, finira par creuser sa propre tombe. S’il n’arrive plus à respecter l’animal et son environnement, s’il ne retrouve pas sa vraie place dans la nature, il risque de s’éteindre, tout comme les dinosaures.

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