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Club de lecture jeunesse

Semaine 28 novembre 2016
Anne-Marie Aubin

J’invite tous les lecteurs et lectrices à participer à ce tout nouveau club de lecture virtuel du journal MOBILES. 

Dans les prochaines semaines, je vais proposer une série de lectures du lundi au vendredi. 

Les textes seront variés : albums, romans, documentaires, bandes dessinées. Vous êtes invités à lire les chroniques et les livres dont il est question. 

Par la suite, vous pouvez rédiger un commentaire au bas de la page en spécifiant de quel titre il s’agit.

Au plaisir de vous lire, 

- Anne-Marie Aubin

 

Les enquêtes et des énigmes (2 décembre 2016)

Les séries d’enquêtes et d’énigmes sont toujours très populaires à cause du rythme et de l’action qui nous poussent à tourner les pages. Voici deux séries d’enquêtes qui risquent de plaire aux jeunes.

Trouve la clé, Marie-P!

Martine Latulippe a créé une série de roman-jeunesse dont l’héroïne Marie-P joue les détectives. Dans Trouve la clé, Marie-P!, l’histoire débute alors que sa maman s’affaire à trier les vêtements du placard de sa chambre. Parmi les vêtements, Marie-P s’intéresse à une veste de cuir ayant appartenu à son grand-père Gervais. Elle aimerait bien porter la veste de son grand-père détective qu’elle admire, mais Marie-P devra grandir encore… Dans la poche de la veste, elle trouve une petite clé ancienne, ternie. Il n’en faut pas plus pour démarrer une enquête !

Après avoir interrogé sa famille, notre petite détective tente d’insérer la clé dans toutes les serrures de la maison sans succès. Un peu découragée elle va chez Lucia, la voisine, une dame seule et âgée qui fait de si bons biscuits triple chocolat. Marie-P dévore quelques biscuits pour se remonter le moral… Mais elle n’est pas au bout de ses surprises!

Bon petit suspense! Le lecteur peut trouver un indice en repérant les lettres insérées dans les illustrations marquées d’une loupe. Une dizaine d’autres titres sont disponibles dans la série.

Pour découvrir un autre titre de la série Marie-P : http://journalmobiles.com/culture/histoires-dhiver-et-damitie

 

Vampires et tartes aux fraises

Julie Royer vient de faire paraître le second tome de la série «Les 4 Z ». Quatre amis de 6e année de l’école des Étoiles savantes ont fondé une agence de détectives : Les Zalphajusticiers, d’où le nom «les 4Z ». Ils font aussi partie du journal étudiant et possèdent des noms de code : Alpha-Béa, la rédactrice en chef du journal ; Bêtabidule, maître du gadget et de la techno, photographe du journal; Delta-Derby, le cascadeur de l’agence, journaliste sportif; et Gammascara, l’artiste du déguisement, journaliste culturelle pour la Gazette des Étoiles savantes.

À leur école, des activités se déroulent tout le mois d’octobre afin de financer l’achat de livres à la bibliothèque. On vend des tartes aux fraises et on organise un bal d’Halloween dans la maison des Vladiroftock, résidence si vaste que les gens l’appellent« le château». Cette maison abandonnée par le dernier des descendants en 1989 a été acheté par la municipalité en 1990. On raconte qu’il se passe des choses mystérieuses au château, une tombe aurait été creusée sur le terrain la nuit dernière. La police est sur les lieux.

Il n’en faut pas plus pour que nos détectives en herbe ouvrent une enquête. Différents indices laissent croire qu’un vampire hante le château. Chacun observe avec attention tout ce qui se

passe en classe, dans les couloirs… Plusieurs indices font croire qu’il s’agit d’un vampire, alors les 4 Z se préparent à passer à l’attaque. Des costumes et accessoires, des caméras cachées, ils pensent à tout… ou presque.

Grâce au rythme du récit, aux illustrations nombreuses et au graphisme soigné, les jeunes dévoreront ce roman plein de rebondissements dans lequel Julie Royer partage sa passion pour les romans d’épouvante, la lecture, les déguisements, les gadgets, les bonbons!

Pour découvrir le premier titre de la série : http://journalmobiles.com/culture/saison-foisonnante-pour-julie-royer

 

Martine Latulippe. Trouve la clé, Marie-P! Illustrations de Fabrice Boulanger. Éditions FouLire. 2015, 60 p. (Marie-P, no 10)

Julie Royer. Vampires et tartes aux fraises. Illustrations de Sabrina Gendron. Éditions Boomerang, 2016, 295 p.

 

 

Quand les livres parlent des livres ( 1 décembre 2016 )

Les auteurs aiment les livres et souhaitent partager leur passion. Parfois, en filigrane dans le texte ou dans l’illustration, ils font allusion à la lecture. Il arrive même que le livre devienne le personnage principal ou le thème de l’histoire. Il arrive également que leur livre nous donne envie de lire d’autres livres. Voici quelques exemples.

Le bon petit livre

À la première page du livre, on aperçoit des romans sur une tablette de bibliothèque et parmi eux on reconnaît le livre que nous avons entre les mains : Le bon petit livre. Belle mise en abyme! Comme les autres livres, ce dernier attend d’être choisi par un lecteur. Autour de lui, des titres célèbres lui font concurrence avec leur bandeau : Prix Noble (le Nobel), Prix du Pou Lézard (le Pulitzer).... Il attend sagement.

Un jour, accompagné de son chien, un jeune garçon très contrarié entre à la bibliothèque pour se calmer. Il choisit Le bon petit livre et le voilà complètement absorbé par cette lecture. Dès lors, tous deux deviennent amis et ne se quittent plus. Marion Arbona illustre avec rythme et humour le jeune lecteur et son livre à l’école, sur la route, à la toilette, sous un parapluie…

Puis un matin, le petit garçon file sur sa planche et le livre tombe de son sac… Rien de plus triste que de perdre un ami! Après plusieurs recherches infructueuses, le héros constate que le livre, même disparu, l’habite encore car « […] un bon petit livre ne part jamais très loin. Il te laisse toujours un petit quelque chose.» Excellent hommage à la lecture!

 

Ce livre n’est pas le bon

Deux personnages, Bella et Bruno, jouent dans la rue d’une page à l’autre du livre. Le chien de Bella décide de les rejoindre et entre en catastrophe dans l’histoire, catapultant ainsi nos deux personnages hors du livre. Bella tombe parmi 9 crayons et Bruno parmi 10 suçons : «Nous ne sommes pas dans le bon livre!»

Ensemble, ils essaient de retourner dans leur livre mais se retrouvent dans une bande dessinée. Ils demandent l’aide de la bibliothécaire qui les envoie dans la mauvaise direction et les voilà dans un documentaire sur l’Égypte ancienne! Bruno et Bella se promènent ainsi d’un livre à l’autre pour notre plus grand plaisir.

Photographies, dessins, collages, découpages, autocollants… se côtoient à chacune des pages. L’auteur sollicite la participation du lecteur en lui proposant un bricolage, un jeu de labyrinthe, un jeu des dix erreurs et clin d’œil techno : pour tourner la page, on doit

glisser son doigt comme sur un écran! « À l’aide! Nous sommes coincés dans le mauvais livre. Nous cherchons un lecteur ou une lectrice qui pourrait nous aider à trouver une fin heureuse. »

Un livre fort amusant pour initier le lecteur aux différents types de livres.

 

L’enfant des livres, mon album coup de cœur!

Une petite fille assise sur un radeau de rondins de bois, qui a pour voile une page de livre, glisse sur l’eau : « Je suis l’enfant des livres. Je viens d’un monde d’histoires. »

Elle flotte sur une mer de mots formée de découpages de textes de la littérature classique. Elle rejoint un garçon et l’invite à partir pour une aventure extraordinaire. Elle lui fera découvrir l’imaginaire.

Chaque double page de cet album est un chef-d’œuvre. Même si le texte se résume à une ligne par page, il faut prendre le temps d’explorer le livre, d’observer attentivement les illustrations, les collages, de découvrir à quel texte il fait référence.

Du talent artistique d’Oliver Jeffers (Les crayons rentrent à la maison), conjugué à l’inventivité sans borne de Sam Winston, naissent des illustrations époustouflantes tant au niveau du contenu que de la forme. Rien n’est laissé au hasard, tout est construit à partir de collages d'extraits des grands classiques littéraires en lien avec le déroulement du récit.

La forêt des contes de fées se compose de tranches de livres qui se dressent comme des arbres auxquels des titres et des phrases de contes sont accrochés pour créer les branches. Dans cette forêt, nos héros jouent à la cachette. Chaque page témoigne de l’imagination débordante des auteurs, véritable hommage à la lecture et au plaisir de partager des histoires : « Notre maison est une maison que nous inventons. Ouverte à tous, elle appartient à chacun car l’imagination est notre bien. »

 

Richard Byrne. Ce livre n’est pas le bon. Éditions Scholastic. 2016, 32 p. Oliver Jeffers et Sam Winston.

L’enfant des livres. Éditions Scholastic. 2016, 40 p.

Kyo Maclear. Le bon petit livre. Illustrations de Marion Arbona. Éditions Scholastic. 2016, 40 p.

 

Des mots et des bulles pour tous! (30 novembre 2016)

Quoi de mieux que des bandes dessinées pour initier les jeunes à la lecture? Le choix est si varié que tant les garçons que les filles peuvent y découvrir un héros, une héroïne, un auteur… et suivre passionnément une série.

 

Plumo et Phobie, un joyeux duo!

Série humoristique au texte bref et aux illustrations vives comme des dessins animés, Plumo et Phobie plaira aux jeunes lecteurs. Phobie, écureuil prévoyant, a peur de tout. D’ailleurs il porte sur sa tête une coquille de noisette pour se protéger. Plumo, oiseau insouciant, profite de la vie un jour à la fois. Dans le premier tome : Sauve qui peut!, les deux héros tentent d’aller vers le sud avant la saison froide. Mille péripéties les attendent : un gros chat roux tente constamment de les dévorer, ils ont un canyon à traverser et des fuites et poursuites se succèdent sans répit pour Plumo et Phobie. Une belle bande dessinée sur l’amitié et les animaux.

Dans le second tome : Menace sur la glace, on retrouve notre duo qui atterrit d’urgence au Pôle Sud. Il y a là un village de manchots où l’on croit que Plumo est tombé du ciel pour les sauver de la menace d’un épaulard affamé. Sakari comprend que son père veut sacrifier Plumo, qu’il sera donc dévoré par la grande baleine! S’en sortiront-ils vivants?

 

 

 

Amulet

Deux ans après un tragique accident de voiture qui a coûté la vie à son mari, une mère et ses deux enfants, Émily et Navin, s’installent dans une nouvelle maison à Norlen, un village perdu. Occupée à nettoyer la maison, Émily découvre une amulette dans la bibliothèque de son arrière-grand-père, Silas Charnon, et la porte à son cou. Certains prétendent que cette maison est hantée car, suite au décès de sa femme Isabelle, Silas s’y est enfermé et on ne l’a pas revu depuis. Curieux, les enfants explorent les lieux. Leur mère qui tente de les dissuader sera enlevée par une mystérieuse créature à tentacules. Les enfants feront tout pour secourir leur mère. Milles péripéties les attendent. Voilà un récit fantastique superbement illustré où l’action et le suspense nous tiennent jusqu’à la fin. La série se poursuit avec La malédiction du gardien de la pierre, Les chercheurs de nuages et Le dernier conseil.

 

Coup de soleil

Ce roman graphique de Jennifer et Matthew Holm se déroule en 1976, alors que Soleil Lewin doit aller passer ses vacances chez son grand-père en Floride. Ses parents doivent s’occuper de leur fils aîné, voilà pourquoi ils envoient leur fillette en Floride. Sa déception est grande, car son grand-père habite un quartier de personnes âgées. D’ailleurs ses activités se limitent à faire des courses à l’épicerie ou aller à la poste…. Heureusement, Soleil rencontre le seul autre enfant du complexe « Les Palmiers », Buzz, le fils du jardinier engagé. Ce garçon – qui a son âge – lui fera découvrir les bandes dessinées. L’été finira par être agréable pour Soleil.

Différents retours dans le passé permettent au lecteur de comprendre pourquoi Soleil ne passe pas l’été chez elle, avec sa famille. À travers cette bande dessinée, les auteurs veulent faire prendre conscience aux enfants de l’importance de briser le silence, de ne pas garder des choses pour nous lorsqu’elles nous font souffrir. Excellent!

 

James Burks. Plumo et Phobie. Sauve qui peut! Éditions Scholastic. 2015, 125 p.

James Burks. Plumo et Phobie. Sauve qui peut! Éditions Scholastic. 2016, 125 p.

Jennifer L. Holm et Matthew Holm. Coup de soleil. Éditions Scholastic. 2016, 216 p.

Kazu Kibuishi. Amulet. Le gardien de la pierre. Scholastic. 2015, 192 p.

Kazu Kibuishi. Amulet. Le chercheur de nuages. Scholastic. 2016, 208 p.

 

 

Lecture pour les sportifs (29 novembre 2016)

Le plein-air, le sport, les compétitions, voilà de quoi occuper nos loisirs, seul ou en équipe, comme dans les livres que je propose aujourd’hui : un album, un mini-roman et un roman-jeunesse.

 

Une Charlotte olympique

Fascinée par les Jeux olympiques, Charlotte rêve de devenir championne de patinage artistique. Cela semble si facile lorsqu’on voit les athlètes performer sur la glace. Charlotte s’inscrit donc au cours de patinage. Lors de son premier cours à l’aréna, elle constate : « c’est beaucoup plus difficile qu’à la télé. » Avec patience et persévérance, Charlotte apprend à se tenir debout, à garder son équilibre et s’amuse à créer des figures rigolotes sur la patinoire. Si cette fillette ne devient pas championne olympique, au moins elle prend grand plaisir à patiner.

 

On s’amuse dans la classe de Madame Zoé

Martine Latulippe signe une collection de neuf miniromans sur le thème du sport. Les histoires se déroulent autour de la classe de Madame Zoé. Chaque élève a un prénom qui débute par une lettre de l’alphabet de A à Z : Alice, Béatrice, Charles… ainsi de suite. Cette enseignante organise un tournoi de soccer, un match de basketball, une partie de football, une sortie à la piscine … au grand plaisir des élèves. Si l’un d’eux a moins l’esprit sportif ou a peur de l’eau, l’enseignante a toujours une solution pour que toute la classe participe. À la fin de l’année, pour célébrer le début des vacances, la professeure organise des olympiques avec un podium particulier : les trois marches sont à la même hauteur! Pas étonnant quand on connaît les objectifs de Madame Zoé : participer et s’amuser! La collection « L’alphabet sur mille pattes » convient parfaitement aux jeunes lecteurs. Les illustrations expressives de Fabrice Boulanger ajoutent rythme et humour aux textes de Martine Latulippe.

 

Hors-Jeu!

Yvon Brochu partage sa passion pour le hockey dans les trois titres de la série Schlack! : À nous deux, Hors-Jeu! et Droit au but! Au fil de la lecture, on prend plaisir à voir évoluer les personnages attachants tels que l’entraîneur Bébite qui prévilégie le plaisir à la performance, le grand-père Pépé Rey confident de Charl-Ô, Li-Na, Fred et Charles-Olivier, le trio de l’équipe des Couguars.

Le second roman de la série débute sur une notre dramatique. Notre héros, Charl-Ô est en deuil, son père est décédé dans un accident d’avion en rentrant du Brésil. Le retour au jeu n’est pas facile : troublé par trop d’émotions, Charl-Ô ne performe pas bien sur la glace. Un joueur de l’équipe adverse s’en prend à lui : « Faut pas avoir de cœur pour

jouer quand son père vient de mourir! » Charl-Ô perd ses moyens et pense à abandonner le hockey! Heureusement, ses amis Fred et Li-Na ne laisseront pas aller les choses ainsi. Autour du hockey, de la patinoire, de la salle de quilles, des repas en famille…l’auteur en profite pour aborder d’autres réalités : la rupture, les familles séparées, l’alcoolisme, l’intimidation et l’amitié, sans toutefois tomber dans le mélodrame. Tout est dit avec sincérité, espoir et humour.

 

À propos du 1er titre : À nous deux, voir le lien

http://journalmobiles.com/culture/histoires-dhiver-et-damitie

Yvon Brochu. Hors-jeu! Éditions Foulire, 2015, 151 p. (série Schlack!)

Martine Latulippe. En route vers la coupe. Illustrations de Fabrice Boulanger. Éditions Foulire, 2014, 45 p. (L’Alphabet sur mille pattes) 8 autres titres disponibles dans cette collection.

Mireille Messier. Une Charlotte olympique. Illustrations de Benoît Laverdière. Éditions La Bagnole, 2014, 26 p. (collection Klaxon) 

 

 

La famille (28 novembre 2016)

Les films, les romans, les bandes dessinées abordent divers aspects de la vie familiale. Cette thématique universelle et intemporelle est au centre des deux titres présentés aujourd’hui : un roman graphique et un roman-jeunesse. 

 

Louis parmi les spectres 

Fanny Britt et Isabelle Arsenault, connues pour le succès de leur livre exceptionnel Jane, le renard et moi, récidivent avec une deuxième publication tout aussi magnifique : Louis parmi les spectres. Si le premier titre explorait l’univers féminin, celui-ci se concentre sur les personnages masculins. 

Le récit est narré par Louis, un jeune garçon de onze ans. Dès la première page, le ton est donné : une grosse larme est illustrée et en-dessous on peut lire « Mon père pleure ».

Pendant la semaine, Louis vit avec sa mère et son petit frère au troisième étage d’un immeuble en bordure de l’autoroute. Le quotidien est lourd pour la mère et les enfants arrachés à leur vie d’avant : « […] quand on vivait ici, et qu’il construisait des chaises qui sentaient bon le bois et le vernis, et que ma mère préparait des sablés qui sentaient bon le beurre et la tranquillité. »

Les fins de semaines et pendant les vacances, Louis et son frère Truffe visitent leur père qui vit à sa maison de campagne. Impuissants face au problème d’alcool de leur père, ils s’évadent chacun à leur façon et tissent ensemble une belle complicité. 

L’amour naissant

Louis, le grand frère est d’une grande maturité, timide, sensible. Il observe ses parents qui s’aiment beaucoup, mais ne peuvent plus vivre ensemble. Tous deux souffrent d’une douleur amoureuse : « On est tous en miettes de poussière... »

À l’école, Louis rêve d’une jeune fille en silence. Indépendante et audacieuse, Billie a toujours le nez dans un livre: « Billie parle très peu. Je pense que c’est parce que les autres la déçoivent tellement qu’elle en perd l’usage de la parole. »

Louis manque de courage, il ne sait pas comment l’aborder, il a peur de tout briser comme ses parents : « Je ne savais pas que l'amour c'est comme une roche qui nous explose le cœur  [...] Ce que je savais, c'est que la plupart du temps, ça finit mal. »

La douleur des hommes

Habité par les fantômes du passé, ce jeune adolescent s’enferme dans le silence. Il a peur, il n’ose pas... Il fait face à ses faiblesses… mais l’amour plus fort que tout lui donne du courage. 

Fanny Britt aborde avec une grande sensibilité l’univers masculin, celui d’un père alcoolique à travers les yeux d’un jeune garçon. La douleur amoureuse du couple est saisissante de réalisme et d’authenticité. Isabelle Arsenault traite ces thèmes graves avec finesse. Dans les phylactères, des calligraphies différentes témoignent de l’âge des locuteurs. Des traits noirs soulignent la douleur de cet univers de grisaille. Ici et là,  le turquoise envahit la page comme les pensées et les fantômes. Mais heureusement le rose et le jaune illuminent le décor et parsèment des notes d’espoir.  

 

J’ai besoin d’un ami, d’un poisson, n’importe quoi…

Carole Moore raconte l’histoire d’une famille en deuil. Raphaël, le narrateur enfant, souffre de l’absence de sa mère : « On essaie de vivre comme avant mais sans maman, avec un gros trou dans le cœur. » Son père inconsolable et débordé a bien du mal à gérer le quotidien : « Tout allait bien mieux quand maman n’était pas morte et quand papa ne buvait pas autant de bière. » Heureusement, grand-maman aide la famille à remonter la pente. 

À l’école, il a bien du mal à se faire des amis, victime de moqueries, il se sent rejeté… alors il veut un chien. « Si je jouais au hockey et que j’étais le meilleur de mon équipe, je n’aurais pas besoin d’un chien; j’aurais des amis. »

Avec le temps, Raphaël apprend à connaître son premier ami Manuel, sa famille, son chien Dexter. L’amitié des deux garçons leur permet de parler de leurs difficultés, de leurs rêves et d’affronter les épreuves ensemble. Ils ont bien du courage : « […] être courageux ne veut pas dire faire des choses dangereuses alors qu’on n’a pas peur de les faire, mais avoir peur de faire quelque chose et le faire quand même. » Manuel rêve d’être astronaute, sa maman souffre d’un cancer… Raphaël rêve d’avoir un chien, mais pour le moment une autre surprise l’attend… Un roman intéressant sur le deuil, la famille et l’amitié à travers le regard d’un jeune garçon. 

 

Fanny Britt. Louis parmi les spectres. Illustrations d’Isabelle Arsenault. Éditions La Pastèque, 2016, 154 pages.

Carole Moore. J’ai besoin d’un ami, d’un poisson, n’importe quoi… Illustrations de Camille Lavoie. Soulières éditeur, 2016, 92 p. 

 

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  • Louis parmi les spectres et J'ai besoin d'un ami, d'un poisson,

    Heureux de retrouver des romans parmi les suggestions, la classe est partagée entre les deux. Certains ont envie de lire le premier à cause des illustrations, des phylactères et de l'amour non déclaré. L'histoire semble moins triste que celle de la deuxième proposition dit Olivier. Jeffrey est plus attiré par le second. Il a envie de découvrir la surprise qui attend Louis.

  • Hors jeu!

    D'abord, le thème qui électrise la classe! Il y a de nombreux sportifs ici qui se réjouissent de se voir proposer des lectures plus sportives. Coup de coeur total pour Hors jeu. On connait Yvon Brochu par Galoche. Nous avons eu la chance de recevoir son livre Hors jeu lors de notre salon du livre l'an dernier et il est devenu aussitôt un des plus populaires à l'école depuis ce temps. Que l'humour soit présent dans des sujets aussi sérieux et émotifs attise la curiosité de plusieurs.

  • Amulet

    On le veut!!!!! L'envie d'avoir peur, de découvrir les mystères entourant la maison du village perdu, le goût d'avoir quelques frissons nous donne envie de lire. C'est un oui unanime pour la classe 4R3!

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