• Culture
Centre d'exposition Expression

« Comme entrer dans une église »

Paul-Henri Frenière

« C'est un peu comme entrer dans une église, comme dans un temple ». Voilà de quelle façon le directeur du centre d'exposition Expression, Marcel Blouin, décrit la nouvelle installation qui prendra place jusqu'au 13 août prochain.

Intitulée « Conditions existantes », la proposition de l'artiste montréalaise Karilee Fuglem met en évidence l’architecture de la salle d'exposition de Saint-Hyacinthe. « Comme un filtre avec le monde extérieur, un filtre à travers duquel certaines choses se révèlent alors que d'autres tendent à disparaître » explique-t-on.

Fidèle à sa démarche artistique habituelle, Karilee Fuglem a mis beaucoup de temps à explorer les lieux, à examiner les détails architecturaux, avant d'y installer ses œuvres.

« Dans cette salle, un puits de lumière, une grande porte, un linteau au motif de demi-soleil, un escalier qui ne semble mener nulle part, sauf du mur au plafond. Il y a tant de choses ici à contempler : l'air qui circule tantôt doucement, tantôt en rafale; le soleil qui plombe, puis se cache... » décrit l'artiste.

Pour marquer cet espace – sa lumière et ses déplacements d'air –, de longues bandes en papier ou en polyester sont suspendues par des fils de nylon rattachés aux éléments architecturaux. Au passage du visiteur, l'air qu'il déplace crée une subtile impression de mouvement. « Comme quoi notre présence change tout » commente l'artiste.

La présence posthume de la mère

L'artiste, Karilee Fuglem, posant derrière l'oeuvre maîtresse de l'exposition.L'oeuvre maîtresse de cette exposition se situe dans la petite salle du fond. Il s'agit d'une toile circulaire constituée d'un seul fil qui, déroulée, ferait des kilomètres. L'oeuvre « A continuous thread » a été réalisée lorsque l'artiste était en deuil de sa mère.

« Mon engagement au travail de concentration sur le vide, laissé par celle qui est partie, prend maintenant forme dans ce même vide. Je me perds dans ce processus. J'occupe l'espace, je deviens l'espace... » écrit Karilee Fuglem.

Le travail de l'artiste est le plus souvent subtil. Ainsi, il faut s'y attarder pour en comprendre la signification. Je recommande de lire les textes qui accompagnent les œuvres.

Comme, par exemple, pour l'installation « Interleaving (Talking to Mom) », cachée derrière un mur. Il s'agit de plusieurs bandes de papier de soie suspendues à des tiges en acier.

« Lorsque nous circulons près de l'oeuvre, la façon dont le papier se déplace, de manière sensuelle, me rappelle comment, parfois, avant de m'endormir, je me rends compte que j'ai porté en moi toute la journée une impression d'avoir parlé à ma mère, même si elle est décédée depuis quatorze ans. »

Une feuille de route bien remplie

Originaire de la Colombie-Britannique, Karilee Fuglem vit à Montréal depuis 1989. En 2012, elle a installé une oeuvre majeure d'intégration à l'architecture au siège social du Cirque du Soleil.

Elle a tenu des expositions personnelles à la Two Rivers Gallery (2010), MacLaren Gallery (2009), Koffler Gallery (2008), Fonderie Darling (2006); à Oakville Galleries; (2003), à la Southern Alberta Art Gallery, Lethbridge (2001) et chez Optica, Montréal (1996).

Karilee Fuglem a également participé à de nombreuses expositions de groupe au Canada. Entre autres, au Musée de Rimouski, à La Manif, Québec (1999), la Biennale de Montréal (2011, 1998) ainsi qu'au Musée des beaux-arts du Canada (2007), au Musée national des beaux-arts du Québec (2010, 2004) et au Musée d'art contemporain de Montréal (1997), des institutions qui ont toutes acquis son travail.

 

*** 

 

Conditions existantes

de Karilee Fuglem

Jusqu'au 13 août 2017

 

Expression, Centre d'exposition de Saint-Hyacinthe

495, avenue Saint-Simon
Saint-Hyacinthe 

450.773.4209

 

Galerie

  • vernissage
  • L'oeuvre « A continuous thread » a été réalisée lorsque l'artiste était en deuil de sa mère. photo : Nelson Dion
  • Pour marquer cet espace – sa lumière et ses déplacements d'air –, de longues bandes en papier ou en polyester sont suspendues par des fils de nylon rattachés aux éléments architecturaux. photo : Nelson Dion

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