• Culture

Deux sculptures symboliques

Marie-Pier Leboeuf

Les œuvres d’art publiques maskoutaines sont partie intégrante de l’empreinte culturelle de notre patrimoine et, très souvent, ces pièces d’art précieuses sont riches en histoire. C’est le cas des deux sculptures exposées devant le palais de justice de Saint-Hyacinthe, conçues par les artistes Jean-Pierre Boivin et Gérard Cordeau, en 1966.

Les deux sculptures bordent chaque côté de la longue allée centrale menant à l’entrée du palais. La première, qui symbolise la famille, regroupe deux adultes et deux enfants, tous accrochés l’un à l’autre pour mettre de l’avant la proximité et l’amour qui unit chacune des personnes représentées.

La première oeuvre symbolise la famille. Photo : Nelson DionDe l’autre côté, l’œuvre signifie la justice, avec trois adultes réunis, dont un tenant un livre à la main. Ce sont les deux valeurs qui ont été prônées par les artistes maskoutains pour rester en parfaite cohésion avec celles qui sont engagées par le système judiciaire. Comme aimait le faire Jean-Pierre Boivin, toutes deux sont conçues dans la simplicité, avec un caractère canadien accentué et des formes qui ne sont ni fuyantes ni dures, mais toujours très poétiques et expressives.

Les sculptures ont été inaugurées en 1966, un an après l’ouverture officielle de l’actuel palais de justice qui a pignon sur la rue Dessaulles. Réalisées par Gérard Cordeau, un sculpteur de Saint-Pie, et façonnées par Jean-Pierre Boivin, un artiste maskoutain impliqué à l’époque, ces créations sont aujourd’hui la mémoire de deux artistes ayant eu des carrières florissantes.

De grands artistes

M. Boivin a mené une longue carrière qu’il a consacrée à la production picturale et à la pédagogie. Lauréat du premier prix de sculpture de l’École des Beaux-Arts de Montréal, en 1951, il enseigne sa passion dans la même école où il est diplômé, de même qu’à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Vice-doyen du département des arts plastiques de l’UQAM, il expose entre-temps une trentaine de ses œuvres dans les églises du Québec et dans certains monuments publics.

Le sculpteur est reconnu à Saint-Hyacinthe pour son œuvre au palais de justice, tout comme pour son implication. Il a notamment dirigé les « samedis actifs » pour les enfants de 5 à 12 ans dans le cadre d’ateliers d’arts. Il meurt d’une longue maladie en 2001, l’année où il laisse en héritage son talent grandiose et sa passion.

Enseignant pendant cinq ans à Saint-Hyacinthe, Gérard Cordeau, lui, était un aventurier dans l’âme. Que ce soit dans ses périples en canot ou dans ses voyages, il a rapidement découvert un intérêt pour l’architecture, plus particulièrement pour la sculpture. Au fil de ses œuvres, il a continué de faire voyager ceux qui les regardaient, que ce soit dans des matériaux comme le bois, le métal, la pierre, la terre ou la peinture. Il a exposé ces dernières dans une multitude de galeries, avant son décès, et on lui doit à ce jour le fer forgé de l’immense murale qui décore le métro Crémazie, à Montréal.

Chose certaine, ces deux œuvres d’art symboliques que l’on retrouve à l’avant de l’édifice où siège le palais de justice gardent en mémoire deux artistes importants de la région maskoutaine.

De l’autre côté, l’œuvre signifie la justice. Photo : Nelson Dion

 

Galerie

  • On doit aussi à Gérard Cordeau, l’immense murale qui décore le métro Crémazie, à Montréal.

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