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17 décembre

Histoires de famille

Anne-Marie Aubin

Je vous propose aujourd’hui des histoires qui touchent différents membres de la famille. Un petit-fils ne reconnaît plus son grand-père, une famille de Serbes déménagent et des jeunes parents s’expriment sur leurs aventures avec humour.  Au fond , tous ces gens parlent d’amour!


Grand-papa vieillit

Un très bel album pour les petits, illustré sobrement  par Marta Altès, d’origine espagnole.   Cette artiste a étudié l’illustration jeunesse en Angleterre, à Cambridge. Dans son album, les humains sont illustrés sous forme d’oursons, ce qui les rend universels et sympathiques. 

Le narrateur est l’enfant qui ne reconnaît plus son grand-père atteint de la maladie d’Alzheimer, ils font tout ensemble et ont développé une belle complicité. Les illustrations sobres laissent place à la symbolique, la vie en rouge : oiseaux, arbres et enfant côtoient le beige qui symbolise la fin de la vie, l’automne.

Une belle histoire pour aborder la vieillesse, la maladie, les changements : «De temps en temps, il ne me reconnaît pas… mais mes câlins lui rappellent qui je suis.» Un album plein de tendresse qui aidera les jeunes enfants et les grands-parents à vivre la maladie.

Marta Altès. Mon grand-père. Piccolia.

 

Une famille d’immigrants déménage

Cécile Gagnon a créé une série mettant en vedette une famille d’immigrants serbes installés à Montréal. Depuis le premier titre de la série, Le chien de Pavel, Sofia, la fille de Pavel, et sa voisine Justine sont devenues les deux meilleures amies. Elles sont toujours ensemble, que ce soit à l’école, en vacances, au camp d’été… Pourtant la vie les sépare dans Les malheurs de Sofia.  Pavel a suivi de nombreux cours de cuisine et vient d’obtenir un poste intéressant au Château Laurier à Ottawa. Les deux amies sont bien tristes de voir leur amitié se briser par un déménagement dans une autre ville, une autre province en plus! Justine fera tout pour éviter ce déménagement, ce qui l’entraînera dans des aventures incroyables dignes de Cécile Gagnon.  Mais comme dit l’auteure : «l’amitié, au fond, tient à un fil. Celui de l’Internet est de loin le plus utile. »

Cécile Gagnon. Le chien de Pavel. Illustrations de Léanne Franson. Soulières éditeur. Collection Ma petite vache a mal aux pattes.

Cécile Gagnon. Les malheurs de Sofia. Illustrations de Léanne Franson.  Soulières éditeur. Collection Ma petite vache a mal aux pattes.

 

Les mères

Si vous avez apprécié les Chroniques d’une mère indigne, vous aimerez  Le guide de survie des (Z)imparfaites de Nadine Descheneaux et Nancy Coulombe. Ces deux jeunes mamans de la génération Internet, Facebook, ont d’abord tenu un blogue très visité par d’autres jeunes mères qui cherchaient réconfort. Les auteures, deux journalistes pigistes, témoignent  à tour de rôle de leurs mésaventures au pays des mères et des réactions autour d’elles. Pourquoi Z’Imprafaites? Parce qu’elles revendiquent le droit d’être des mères normales. Pendant cette lecture on rigole et on se déculpabilise de ne pas faire "comme dans les livres". Couleurs, dessins, anecdotes humoristiques tissent le livre, bref, on ne s’ennuie pas! 

Nancy Coulombe et Nadine Descheneaux. Le guide de survie des Z’Imprafaites. Mieux (sur)vivre avec ses enfants… et ceux des autres! Les Intouchables.

 

Les pères

Pour faire suite à Papa 24/7 et Papa pure laine, Martin Larocque nous offre Papa par-ci, papa par-là. 

Ce troisième volet de ses chroniques débute avec un avant-propos très touchant sur le divorce que l’auteur a traversé. «Ne plus aimer la femme, la blonde, l’amoureuse comme avant, peut-être, mais ne jamais cesser d’aimer la mère. C’est elle que les enfants connaissent […] Qu’arrive-t-il au mot "famille"? Comment intégrer les nouvelles amours à la famille?»

Son humour et son talent à raconter le quotidien m’ont  fait éclater de rire à plusieurs reprises.

Le thème de la paternité prend un sens nouveau pour ce père dans la jeune quarantaine, alors que ses trois fils grandissent. Martin Larocque aborde les aspects difficiles de la paternité, le besoin de prendre un «break», de partir seul quelques jours, de penser à soi un peu. «En plus de prendre soin des enfants (ce qui est pur bonheur), il faut aussi prendre soin du couple (ce qui est un pur mystère), il faut aussi prendre soin de la maison (ce qui est une pure emmerde).»

Martin le petit garçon aimait faire des «sorties de gars» avec son papa et aujourd’hui, il découvre ses fils en réalisant des activités semblables. Il est aussi question de la famille élargie : «il ne vit pas sous mon toit, n’est pas à moi, vit près de moi, il n’est pas mon fils mais… j’aime sa mère!» Voilà une «nouvelle cartographie familiale»

Comme une pause pendant la lecture, Geneviève Després illustre différentes scènes familiales qui font sourire. Martin Larocque ne juge jamais, ne donne pas de conseils, il exprime avec talent ce qu'il vit, comme plusieurs pères de sa génération. Un réel plaisir.

Martin Larocque. Papa par-ci, papa par-là. Illustrations de Geneviève Després. Éditions de la Bagnole.

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