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Sophie Jodoin à Expression

La femme d'une chambre à l'autre

Paul-Henri Frenière

Sophie Jodoin avait hâte d'habiter par son art le centre d'exposition Expression de Saint-Hyacinthe. C'est chose faite. Sa proposition Room(s) to move : je, tu, elle occupera les lieux jusqu'au 29 octobre prochain.

« C'était tout un défi d'habiter cette belle grande salle » confie l'artiste dont la mère demeure à Saint-Hyacinthe. Originaire de Sainte-Madeleine, Sophie Jodoin a fait beaucoup de chemin et a fait sa marque depuis l'obtention de son diplôme en arts visuels de l'université Concordia en 1988.

 

L'artiste Sophie Jodoin et la commissaire Anne-Marie St-Jean Aubre. Photo : Paul-Henri Frenière.

Son travail a été présenté au Canada, aux États-Unis et en Europe lors d’expositions individuelles et collectives notamment à la Manchester Art Gallery, au Musée des beaux-arts de Montréal, au Musée d’art de Joliette ainsi qu’au Centre Clark. De plus, elle a collaboré avec plusieurs écrivains, poètes et dramaturges, dont Wajdi Mouawad, Michael Ondaatje et Christian Lapointe. Elle vit à Montréal et y travaille.

La présente exposition se décline en trois segments présentés dans des villes différentes. Outre Saint-Hyacinthe, ses œuvres se retrouveront au MacLaren Art Centre en Ontario et au Musée d’art contemporain des Laurentides. À noter que 90% des œuvres exposées au centre Expression n'ont jamais été vues.

Regard sur l'image de la femme

Dans la salle principale, on a installé de grandes étagères sur lesquelles sont disposés 60 articles. Des dessins et des collages monochromes, des objets qui ont tous un même thème : la femme.

« Ce premier volet du projet pose un regard sur l’image publique de cette femme en s’attardant, entre autres, aux questions du rôle et des normes sociales, de l’éducation, des prescriptions et des définitions auxquelles les femmes doivent répondre » explique la commissaire de l'exposition, Anne-Marie St-Jean Aubre.

Cette dernière et Sophie Jodoin ont choisi patiemment ces éléments parmi les milliers d'oeuvres que l'artiste conserve dans son atelier de Montréal. Et le choix ne s'est pas fait au hasard. On voulait créer une sorte de langage, des assemblages à lire comme des phrases. « Chaque  dessin, chaque collage et chaque objet deviennent les fragments d’un récit ouvert, changeant au gré de leur déploiement dans l’espace » écrit la commissaire.

Des livres comme des objets d'art

Dans la deuxième salle, on a placé un très grand socle blanc sur lequel sont disposés 114 livres, des livres que l'artiste a glanés dans les librairies d'occasion au fil des années. Encore une fois, ils ont un point en commun : la femme.

L'installation s'intitule Toi que jamais je ne termine. Et pour cause, Sophie Jodoin ne les a jamais lus. « Non, je les choisis uniquement pour leurs titres » dit-elle. Puis elle les utilise comme des objets d'art qui interagissent avec ses autres œuvres. Ainsi, elle conseille au visiteur de passer d'une salle à l'autre pour ainsi créer le dialogue.

Interrogée sur le sujet, Sophie Jodoin se défend d'entretenir un discours féministe. C'est plutôt un regard intimiste sur les divers aspects de l'univers des femmes qu'elle propose.

Comme c'est souvent le cas en art actuel, le visiteur devra porter attention aux détails pour apprécier pleinement l'exposition. Par exemple, les titres des oeuvres sur les étagères, les interactions entre elles et leurs significations.

Post-Scriptum: 

SOPHIE JODOIN

Room(s) to move : je, tu, elle

Jusqu'au 29 octobre 2017

Commissaire : Anne-Marie St-Jean Aubre

EXPRESSION Centre d'exposition de Saint-Hyacinthe

495, avenue Saint-Simon

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