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La fille qui avait bu la lune, un roman fantastique pour tous!

Anne-Marie Aubin

Le Protectorat, appelé aussi « Cité du Chagrin » est situé entre une forêt menaçante et un marais nourri par un volcan, voilà l’univers étrange dans lequel débute ce roman. L’auteure Kelly Barnhill séduit par son style et son habileté à mener une intrigue complexe où des personnages hors du commun nous font rêver.  Cette brique de près de 400 pages destinée aux lecteurs de tous les âges, se dévore avec bonheur!

La cérémonie du Sacrifice

L’histoire débute alors que les habitants du Protectorat se préparent à sacrifier leur plus jeune bébé. Comme à chaque année, à la même date, les Anciens abandonnent le  plus jeune nouveau-né dans la forêt question de se protéger de la Sorcière qui les dévore, ainsi que le veut la tradition. « Donner un bébé permet de nous sauver un an de plus. »

Mais il s’agit d’un grand malentendu : la sorcière Xan qui habite la forêt ne les dévore pas, mais trouve des familles d’adoption pour ces Enfants Étoiles.  
La révolte d’une mère
   
Il se trouve que, cette année-là, la cérémonie du Sacrifice se déroule différemment. Le jour où Antain, apprenti-Ancien, participe pour la première fois à l’abandon du bébé en forêt, la mère du nourrisson désigné se révolte : « Sortez d’ici! rugit-elle. C’est ma petite! Vous ne pouvez pas la prendre. Je vous crache au visage et je maudis vos noms. Quittez immédiatement ma maison, ou je vous arracherai les yeux pour les jeter aux corbeaux! »

La mère, déclarée folle, est enfermée dans la Tour des Sœurs de l’étoile. Cette armée de femmes étranges et louches tentent de lui faire croire qu’elle n’a pas eu de bébé. « Dans le silence de la Tour, la démente sentait les choses et les dessinait. »
Lorsque, de passage, Antain visite la cellule de la démente, il met tout en œuvre pour faire cesser cette tradition insensée, il veut « mettre un terme à la tyrannie de la Sorcière. Pour toujours. »

Un peu de magie et une nouvelle famille

Habituellement, la sorcière Xan recueille le bébé abandonné et le nourrit de clair d’étoile mais cette fois-ci : « La lune était pleine et Xan ne s’en était pas rendu compte. Pleine et puissamment magique. » Xan ne peut donc pas donner en adoption ce bébé fille qui obtiendra ses pouvoirs à l’âge de 13 ans.

Donc, cette grand-mère vieillissante aux bottes de sept lieues fonde une famille atypique entourée de Glerk, le monstre-poète du marais, et de Fyrian, le dragonnet minuscule. Ensemble, ils veillent à l’éducation de cette petite fille appelée Luna.
 
Intrigue solide et style imagé

Au fil des chapitres, le lecteur, tenu en haleine, valse d’un univers à l’autre, s’attache aux personnages en quête de bonheur et d’authenticité et plonge dans ce récit profond et émouvant.

L’auteure manie la langue avec humour et poésie pour aborder différents thèmes : la famille, la poésie, la magie, l’amour, l’adoption, l’abus de pouvoir et le bonheur tout simple. Des mots comme : «somnanvoler», «mangesombre» et «voit-loin» nous rappellent la série Harry Potter et font sourire.
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Kelly Barnhill.  La fille qui avait bu la lune.  Traduction de  Marie de Prémonville. Montréal, Éditions Petit Homme, 2017, 392 p.

 

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