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4 décembre

Les albums pour les plus vieux

Anne-Marie Aubin

Il est faux de croire que les albums sont uniquement pour les bébés ou les tout petits. Il existe des romans illustrés sous forme d’albums dont je parlerai plus tard. Aujourd’hui j’ai choisi de traiter d’albums pour plus vieux (6 ans et +) lesquels visent à toucher les lecteurs, les faire réfléchir tout en les amusant.


Les abus de la consommation

Élise Gravel se sert de ses dessins naïfs pour rejoindre les lecteurs moyens. Très peu de texte, des dessins comme ceux que les jeunes peuvent réaliser, mais surtout des messages très gros pour faire rire et subtilement faire réfléchir. Ses personnages sont des animaux : un lapin, un chat, une souris… mais vivent comme des humains.  Ce choix rend le texte universel, il ne vise personne en particulier tout en visant tout le monde. 

Dans La clé à molette, Bob se promène à tricycle, roule sur un gros caillou et brise sa roue. Il cherche sa clé à molette pour réparer sa roue mais ne la trouve pas. Pas le choix, il doit en acheter une nouvelle, donc il va chez Mégamart. Sitôt entré il est sollicité par un vendeur qui lui fait acheter un chapeau-frigo, objet tout à fait inutile. Ses amis le ridiculisent de s’être fait berner comme un idiot et le chapeau-frigo sera rangé dans le placard parmi un certains nombre d’objets entassés en désordre. 
Afin de réparer son tricycle, il retourne donc au Mégamart à plusieurs reprises et revient à chaque fois avec des objets ridicules et inutiles. Ces objets, qui n’existent que dans l’imagination de l’auteure, ne seront  pas sans faire sourire les lecteurs petits et grands.  Le dénouement témoigne des abus de la société de consommation et fera peut-être réfléchir petits et grands en cette période effervescente de magasinage. Du moins, souhaitons-le !

Élise Gravel s’est mérité le Prix du gouverneur général 2012, catégorie album pour ce titre.

 

Dominer ses peurs

La légende du chien noir, magnifique album de Lévi Pinfold, raconte comment une peur peut prendre des proportions alarmantes. Tout commence au moment où Monsieur Lespérance, le père de famille, prépare son petit-déjeuner et aperçoit par la fenêtre un chien noir. Paniqué, il téléphone à l’agent de police : "Un chien gros comme un tigre rôde autour de ma maison!"

Le policier lui recommande de rester à la maison. Un peu plus tard, Madame Lespérance prépare son thé et aperçoit un chien noir gros comme un éléphant! Son mari lui propose d’éteindre les lumières .  Suivra leur fille Madeleine, leur fils Maurice… Ce récit à structure répétitive s’avère très intéressant à raconter. Le rythme ajoute à la peur qui augmente. La cadette de la famille, naïve et téméraire,  apportera la solution et dédramatisera ce récit.

Des illustrations comme des tableaux

Cette très belle histoire encouragera sans doute les lecteurs à vaincre leurs peurs. Les illustrations de ce peintre auteur conteur sont superbes.  À la page de gauche, le texte raconte les épisodes, encadré par de  petites illustrations un peu à la façon d’une bande dessinée.  À la page de droite,  aucun texte mais de grandes illustrations couleurs qui racontent  la peur et l’angoisse.  Ces grands tableaux en couleur témoignent de la panique à l’intérieur, puis au moment ou la cadette Mini Lespérance prend les choses en main les tableaux seront extérieurs sur double page.  Pinfold affirme qu’il a été influencé par Maurice Sendak et Roald Dahl. Quant aux illustrations, j’y ai vu une parenté avec le style de Stéphane Poulin. Un magnifique album !

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Élise Gravel. La clé à molette. La courte échelle.

Lévi Pinfold. La légende du chien noir. Texte français d’Hélène Pilotto. Scholastic.

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