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L’HISTOIRE QU’ON CONNAÎT PEU… OU PAS

Paul-Henri Frenière

Ils étaient nombreux, dimanche soir dernier, à la petite librairie St-Germain située à l’angle de la rue Des Cascades et de l’avenue de la Concorde. Non, ce n’était pas pour acheter le nouveau livre de recettes de Ricardo, mais bien pour entendre parler d’Histoire.

Le conférencier Gilles Rhéaume. (Photo: Paul-Henri Frenière)

L’invité du libraire Steve St-Germain était nul autre que Gilles Rhéaume, militant nationaliste bien connu et ancien président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Sa conférence portait, entre autres choses, sur les relations entre les Patriotes de 1837-38 et la ville de Saint-Hyacinthe.

« Je ne suis pas un historien, j’ai plutôt une formation en philosophie » a déclaré, d’entrée de jeu, celui qui a fait une partie de ses études avec les Pères dominicains, ici même à Saint-Hyacinthe.

N’empêche qu’il connaît mieux l’histoire politique de notre ville que la majorité des Maskoutains. À commencer par l’influence qu’ont eue certaines grandes familles maskoutaines sur les événements qui ont marqué le Québec au cours de l’Histoire.

Rosalie Papineau et le Séminaire

Rosalie Papineau, la sœur de Louis-Joseph Papineau, chef du parti des Patriotes, était aussi la mère de Casimir Dessaulles. Non seulement elle a caché des patriotes qui fuyaient l’armée anglaise, mais elle aurait aussi fait parvenir de la nourriture à ceux qui se battaient à Saint-Charles et Saint-Denis.

Rosalie Papineau s’est occupée par la suite de conduire des patriotes à la frontière américaine avec l’aide du directeur du Séminaire de Saint-Hyacinthe, l'abbé Jean-Charles Prince.

Le Séminaire a d’ailleurs joué un rôle important durant cette période, nous apprend Gilles Rhéaume. Anecdote intéressante : des soldats anglais et des patriotes y auraient séjourné en même temps, sans se rencontrer.

En effet, en 1837, une semaine après la défaite de Saint-Charles, les troupes du colonel Gore y logent pendant que deux leaders patriotes, les docteurs Bouthillier et La Bruère, s'y cachent.

Petite parenthèse : peu de Maskoutains le savent, mais plusieurs rues de la ville ont été nommées pour rendre hommage à des personnes qui avaient un lien avec le mouvement patriote. Outre Bouthillier et La Bruère, notons les rues Papineau, Duvernay, Nelson, Bourdages, Morin, Turcot, Cartier, Sicotte et Dessaulles.

Honoré Mercier et Louis Riel

Un autre fait que peu de gens connaissent, c’est que Louis Riel a également séjourné au Séminaire. Le chef du peuple métis, qui est mort pendu en 1885, aurait fait une halte à Saint-Hyacinthe aux alentours de 1870.

Selon Gilles Rhéaume, c’est à cette occasion qu’il aurait reçu la visite d’Honoré Mercier, alors député fédéral de la circonscription. Les deux hommes auraient discuté longuement.

Quelques années plus tard, Honoré Mercier s’est opposé fermement à la pendaison de Riel. Mercier est alors chef du Parti libéral du Québec et sa prise de position l'aide à gagner l'appui populaire puisque la majorité des « Canadiens français » sont du même avis. Honoré Mercier gagne l’élection devant le Parti conservateur provincial (favorable à la pendaison de Riel) et devient Premier ministre du Québec.

Ce ne sont que quelques faits rapportés par Gilles Rhéaume lors de cette première conférence donnée à la librairie St-Germain. « Et il y en aura d’autres, promet le libraire Steve St-Germain. Je veux que la librairie devienne un lieu de discussion, voire de polémique si le sujet s’y prête. Idéalement, je veux tenir ce genre de rencontre le deuxième dimanche de chaque mois » conclut-il.

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  • Re: L’HISTOIRE QU’ON CONNAÎT PEU… OU PAS

    J'ai aimé le sujet de la conférence car notre mémoire collective ne se souviens pas de cette période héroïque des patriotes. Je vais assister à la prochaine conférence. Bravo Gilles Rhéaume et merci a toi Paul - Henri de nous en informer.

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