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Mario Chabot : Naissance et vie d’un Maskoutain repenti

Par Fabienne Cortes
Collaboration Spéciale

Quand Mario Chabot s’est présenté sur la scène du Zaricot, il était fébrile. Mais il a vite pris de l’assurance et, rapidement, on a pu voir le plaisir qu’il avait à partager avec nous diverses anecdotes qui ont fait de lui l’homme qu’il est devenu. 

Pendant trois heures, le Maskoutain parti en exil de l’autre côté de Montréal, a refait le fil de sa vie devant nous. Il a commencé par nous présenter deux êtres fondateurs chez lui : sa mère, une sainte femme, très pieuse, qui l’encourageait à tendre l’autre joue quand il était enfant, et son père, qui le poussait plutôt à se venger avec le plus de violence possible. 

Mario Chabot, Faut vraiment être mal pris . Spectacle du 23 janvier 2016, au Zaricot. photo Martin Avard Premières anecdotes qui l’amènent à un plaidoyer bien senti contre les armes à feu et la politique de l’ancien gouvernement conservateur. Pour nous ramener à d’autres anecdotes, plus personnelles, toujours savoureuses, notamment sur une visite désastreuse chez un dentiste psychopathe, tout ça au son de Danse macabre de Celtic Frost.

Mario Chabot a des goûts musicaux, disons… électrisants, et, ma foi, ça contraste avec le ton toujours bon enfant de son propos : Lakmé, Meshuggah, Worakls ou Kontrust. On en prend plein les oreilles et tant mieux puisque ça fait partie de la découverte du personnage.

Joli passage sur un trouble dont souffre monsieur Chabot : le bégaiement. Trouble qui ne paraît pas quand il est sur scène. Il nous explique comment il se sent quand les gens réagissent (mal) à son problème et qu’ils tentent de finir ses phrases ou de se cacher sous terre. Le spectacle est une chance pour nous de se mettre à la place d’un bègue et de rire avec lui de nos maladresses ou de nos bêtises.

On peut croire que monsieur l’homme s’en donne à cœur joie et « varge » allègrement sur tous les « tatas » qu’il a croisés dans sa vie et se venge. Impossible de ne pas reconnaître chez quelques-uns de ses « tatas » des ressemblances avec ceux que l’on a subis nous-mêmes.

Dans la deuxième partie du spectacle, l’enfant qui a grandi à Saint-Hyacinthe est devenu un homme. Et c’est notre chance, il a vécu de toutes sortes de « jobs de marde » qui lui ont permis de rencontrer toutes sortes de patrons pas très fins et de clients non moins agréables. Ainsi, il peut maintenant partager avec nous une multitude de portraits tous plus drôles les uns que les autres. Ça ne s’arrête pas, puisque Mario Chabot est maintenant conducteur d’autobus pour la STM et qu’il peut poursuivre à l’infini cette galerie de portraits grâce aux usagers.

Entre autres, on retiendra l’hilarante rencontre d’une religieuse et de deux usagers en chaises roulantes qu’il a fallu séparer pour ne pas qu’elles s’entretuent ou encore les questionnements de Mario Chabot sur les comportements mystérieux des adolescentes, toutefois moins mystérieux que ceux des adolescents !

Voilà, il est reparti de l’autre côté de Montréal. Mario Chabot et son Faut vraiment être mal pris nous ont fait passer une belle soirée. On a bien ri et on a même dansé. On espère le revoir bientôt en terre maskoutaine.

 

 

Mario Chabot, Faut vraiment être mal pris 

Spectacle du 23 janvier 2016, au Zaricot

 

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