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Merlin Campbell, le son dans toutes ses dimensions

Pascal Audet

Coup de foudre pour nos artistes, c’est une série de portraits mettant en vedette des boursiers du Conseil de la culture de Saint-Hyacinthe.

Ce Maskoutain de naissance, âgé de 38 ans, est plus que jamais plongé dans l’univers de la création sonore. Il est détenteur d’un certificat en arts plastiques de l’UQAM (Université du Québec à Montréal) et d’un baccalauréat en arts visuels de l’Université Concordia. Il poursuit présentement ses études de 2e cycle à l’Université de Montréal en musique numérique.

Deux projets subventionnés

En 2018, Merlin Campbell a bénéficié du soutien financier du Conseil de la culture de Saint-Hyacinthe pour deux projets. Le premier s’intitule Mon Toutou. Il comporte une prémisse qui peut sembler insolite à première vue. « Je propose l’idée que les toutous sont vivants et qu’ils peuvent avoir des émotions […]. Je fabrique une vidéo pour les toutous, ensuite j’invite le public au visionnement en compagnie de ceux-ci. »

Pour réaliser l’œuvre, il a enregistré des témoignages d’élèves de l’école Bois-Joli--Sacré-Coeur ainsi que de trois participants venant de l’organisme communautaire Mouvement Action Loisirs (M.A.L.I.), qui offre des loisirs à des personnes vivant avec une déficience intellectuelle. Les participants étaient invité à parler de l’importance qu’a leur toutou dans leur vie personnelle. Il a complété l’œuvre en incorporant des images vidéo expérimentales et a créé une bande sonore originale. L’installation audiovisuelle comportait des dizaines de toutous réunis sur un sofa, en place pour le visionnement en boucle de la vidéo. Ce projet a été présenté dans une salle du Centre culturel Humania Assurance.

Les installations sculpturales et audiovisuelles de Merlin peuvent combiner vidéos, sons, objets fabriqués ou récupérés.Photo : gracieuseté

Le 2e projet subventionné, c’est Interventions Soniques, une série de performances réalisées dans trois lieux emblématiques de la ville : le marché public, la cathédrale et le parc Les Salines. Des sons ambiants provenant de ces trois lieux ont été captés à l’avance avant d’être mixés en direct devant le public qui a pu écouter les effets du procédé quadriphonique de spatialisation sonore utilisé par l’artiste.

Discipline et inspiration

Les installations sculpturales et audiovisuelles de Merlin peuvent combiner vidéos, sons, objets fabriqués ou récupérés. L’artiste n’hésite pas à utiliser des matériaux comme des clous et des chaînes rouillés. « J’aime quand il y a un frottement, quand ça grince et qu’on entend la mécanique. » L’esthétique brute de ses installations est en partie inspirée du travail du groupe de métal industriel Nine Inch Nails et de son chanteur, Trent Reznor, dont la richesse des éléments visuels et scénographiques semble un but à atteindre pour lui. Plus récemment, les musiques électroacoustique et acousmatique sont devenues d’autres sources d’inspirations pour ses œuvres.

Attirer les foules

Pour Merlin, Saint-Hyacinthe est un terreau fertile de créateurs et d’activités artistiques, mais où il est encore difficile d’attirer le public en grand nombre. Plusieurs événements culturels d’envergure ont existé dans le passé avant de disparaître (Festival rétro, Agrirock, etc.) Il souhaite la création d’un événement qui pourrait devenir un vecteur de diffusion pour des projets d’artistes émergents. Pour les prochaines années, Merlin veut se focaliser sur sa formation en création sonore et rester à l’affût des opportunités, même si cela risque de lui demander d’aller vivre un moment en Europe.

La vidéo du projet Mon Toutou est disponible sur Internet :

https://www.youtube.com/watch?v=q60MDAD2_WI&feature=youtu.be.

 

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