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Nouvel éclairage sur l’œuvre Les feux de la rampe d’Yves Gendreau

Catherine Courchesne

Voilà près de 15 ans que la sculpture Les feux de la rampe, d’Yves Gendreau, embellit la terrasse du Courrier au Centre des arts Juliette-Lassonde. Qu’en pense l’artiste après toutes ces années ? Pose-t-il un regard nouveau sur son œuvre ? On en parle avec lui.

Le Centre des arts Juliette-Lassonde, à Saint-Hyacinthe, regorge d’œuvres d’art, dont celles de Claude Millette (Perséides), de François Mathieu (Dérouler le décor) et d’Yves Gendreau (Les feux de la rampe). Cette dernière, inaugurée en 2005, est composée de tubes en aluminium peints, courbés et entremêlés qui, s’élevant vers le ciel, donnent l’impression d’un feu d’artifice coloré. « En créant cet effet d’éclatement, je voulais souligner l’activité culturelle riche et diversifiée du Centre des arts Juliette-Lassonde », explique l’artiste, ébéniste de formation.

Coup de cœur

Yves Gendreau ne s’en cache pas : malgré les années qui passent et les projets artistiques qui s’accumulent, Les feux de la rampe restent une de ses œuvres préférées. « Elle fait partie de mon top trois, mes deux autres coups de coeur étant érigés à Québec, au stade Telus-Université Laval ». Et l’artiste ne fait pas cette confidence pour plaire, au contraire ! On sent chez lui la capacité d’être honnête, peu importe le contexte. Après tout, Gendreau est reconnu pour ses performances artistiques engagées : des installations in situ prenant les allures d’un vrai chantier de construction où, habillé en travailleur, il entasse des outils inutiles et reste là sans rien faire, tout ceci afin de dénoncer l’absurdité et l’improductivité du monde moderne.

Voilà près de 15 ans que la sculpture Les feux de la rampe, d’Yves Gendreau, embellit la terrasse du Courrier au Centre des arts Juliette-Lassonde. Photo : Nelson Dion

Plus ça change…

Habitant en Montérégie, Yves Gendreau vient souvent à Saint-Hyacinthe. « Il n’est donc pas rare que je passe devant mon œuvre, dit-il. Malgré les années qui me séparent de sa création, mon regard sur elle reste identique : je l’aime tout autant et je n’y changerais strictement rien. » Il n’y changerait rien, comme il préfère ne rien changer à son processus créatif. « J’utilise toujours les mêmes couleurs et les mêmes matériaux, soit du bois et de l’aluminium. De plus, mes œuvres sont généralement composées de lignes courbes ou droites qui s’agencent au décor ou qui s’en dissocient complètement. » Pourquoi se donner de telles contraintes ? « Cela m’inspire. Je me sens comme un enfant devant une boîte de jeux. »

Un beau souvenir

Parlant de jouer, l’artiste ne se prend pas au sérieux, et ce, malgré les milliers de personnes qui passent, chaque jour, devant ses dizaines d’œuvres d’art public. « La plupart des artistes d’art visuel ne se prennent pas au sérieux, affirme-t-il. C’est un préjugé de croire qu’on est un milieu de têtes enflées. On est plutôt un milieu humble où il y a beaucoup d’entraide. » D’ailleurs, Gendreau ne travaille jamais seul. « Pour Les Feux de la rampe, j’ai engagé du personnel pour la maquette, mais aussi pour la fabrication, la production et le montage, sans compter que j’ai eu l’honneur de collaborer avec la prestigieuse firme du regretté architecte Dan Sergiu Hanganu. »

En somme, l’artiste garde un très bon souvenir de son expérience créatrice à Saint-Hyacinthe. Ça tombe bien puisqu’avec Les feux de la rampe, Saint-Hyacinthe garde un très bon souvenir de lui aussi !

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