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Oeuvres d’arts publiques : Les verrières colorées de l’Hôtel-Dieu

Marie-Pier Leboeuf

À l’heure où nous sommes tous rivés sur nos appareils à créer nos propres oeuvres d’art en photos, on ferme les yeux sur des créations publiques d’une beauté naturelle. Tenons-le pour dit, elles font partie de notre quotidien, mais il vaut mieux souligner qu’elles sortent de l’ordinaire.

À Saint-Hyacinthe, les exemples d’oeuvres d’art publiques abondent. Il est bien difficile de passer sous silence la richesse de celles conçues pour le Centre d’hébergement de l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe. Lentilles botaniques, exposée depuis l’an 2000, en est d’ailleurs une grandiose.

Suzan Vachon illumine les fenêtres du Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de par ses huit verrières de verres soufflés et biseautés. Pour l’artiste multidisciplinaire, décorer les fenêtres n’a rien de banal. C’est plutôt l’art de faire le dialogue entre l’intérieur et l’extérieur. C’est dans le hall d’entrée et dans les six arches de la salle à manger que la création de Mme Vachon se déploie.

Suzan Vachon illumine les fenêtres du Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de par ses huit verrières de verres soufflés et biseautés.

Chaque moindre détail est réfléchi au quart de tour dans un long processus de création. On peut d’ailleurs facilement deviner que l’analyse de l’architecture et l’observation de la flore ont été cruciaux dans la réalisation de l’oeuvre illustrée de végétation.

Au-delà de la plante esquissée, Mme Vachon souhaite avant tout faire le lien entre le lieu et son environnement. À travers chacun des petits motifs architecturaux dont la grosseur des formes varie, elle met de l’avant une autre forme de dialogue figurative entre le petit et le grand dans cette création lumineuse.

Suzan Vachon cumule plus d’une vingtaine d’oeuvres d’arts publiques depuis 1993. Passionnée par l’art sous toutes ses formes, c’est également le travail de recherche et de réflexion qui anime l’enseignante de l’Université du Québec à Montréal. Ses principales expositions démontrent une recherche approfondie pour imager les liens qui unissent la sculpture, la vidéo, la littérature, la photographie et le cinéma.

Un arbre de vie

Dans le hall, la lumière voyage au travers une oeuvre de la verrière maskoutaine Sophie Côté. Difficile de l’éviter, le grand pommier attire l’oeil de par ses fruits bien rouges, depuis 2015. Sur chacune des pommes, des fleurs, des feuilles ou des pierres qui sont peinturées sur la toile de verre, on y retrouve le nom d’un donateur en l’honneur de la Fondation Aline-Letendre. L’oeuvre continue même de grandir avec le temps notamment avec quelques ajouts depuis son inauguration.

Dans le hall, la lumière voyage au travers une oeuvre de la verrière maskoutaine Sophie Côté. Photo : Marie-Pier Leboeuf

Grande de nature, l’oeuvre est aussi grande de sens pour l’artiste Sophie Côté. « Mon père est décédé à l’Hôtel-Dieu en 2002 et il a reçu énormément d’aide aux soins palliatifs. Le choix du pommier, c’est le fruit de tout ce que les donateurs apportent pour que les personnes dans le besoin comme mon père reçoivent les meilleurs services possibles », a-t-elle confié.

Sophie Côté peut ajouter cette réalisation, un émail sur verre trempé de plomb, dans sa collection. Si ce n’était qu’au départ une passion, son entreprise Verres et Vitraux roule rondement depuis ses débuts en 2005. L’artiste a gagné à se faire connaître par son authenticité et son talent, voyant sa carrière fleurir avec les demandes qui se sont multipliées. La principale instigatrice et organisatrice du Marché de l’Art, qui avaient lieu tous les samedis de l’été au centre-ville de Saint-Hyacinthe jusqu’à l’an dernier, nous permettaient d’ailleurs de voir ses oeuvres colorées.

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  • Le pommier

    Quel belle oeuvre que ce pommier, bravo Sophie quel beau talent tu as...ton père serait heureux et fier de sa fille . <3

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