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LIVRES

Retracer le passé des hameaux maskoutains

Alain Charpentier

 

Au cours de son développement, la région maskoutaine a vu apparaître plusieurs hameaux, ces petites bourgades que l’on pourrait définir comme des villages demeurés à l’état embryonnaire. Si certains d’entre eux ont fini par s’effacer, d’autres sont demeurés bien vivants. Une publication récente fait la lumière sur ce sujet passionnant pour quiconque s’intéresse à l’histoire.

L’ouvrage de Guy Mongrain et Julie St-Onge fait suite à un projet de recherche entrepris en 2014 par la firme Mongrain et Allard, consultants en histoire et patrimoine, sur l’existence de hameaux dans la MRC Les Maskoutains. Leurs recherches ont permis d’en identifier plusieurs qu’ils ont classés en quatre catégories autour desquelles s’articulent les chapitres du livre : les noyaux paroissiaux, les gares et hameaux, les carrefours de communication et les noyaux industriels.

Les membres de la famille Collette devant leur maison à Britannia Mills ( Saint-Liboire). Source : Centre Histoire St-Hyacinthe, fonds Lucien Lefrançois Les noyaux paroissiaux sont ceux qui ont connu un lieu de culte. Le Rapide-Plat, même s’il n’a jamais été une paroisse à proprement dire, a abrité le tout premier lieu de culte et fut le premier établissement permanent en terre maskoutaine : c’est là que Jacques-Hyacinthe Simon dit Delorme a choisi de bâtir un moulin à bois à l’été 1757 dans le but d’exploiter la forêt qui couvrait sa seigneurie. Il y a aussi fait bâtir un moulin à farine et il y a concédé des terres. Des familles s’y sont installées, une maison en bois a fait office de chapelle et on y a aménagé un cimetière. Toutefois, la destinée du Rapide-Plat sera compromise par la décision de Delorme de relocaliser ses opérations au lieu-dit de la Cascade (qui deviendra le futur Saint-Hyacinthe).

D’autres noyaux paroissiaux ont connu un destin similaire. En 1890, l’église de la mission de Saint-Thomas-d’Aquin est bénie au chef-lieu de Point-du-Jour, mais quatre ans plus tard, le bâtiment est en mauvais état. Cet endroit aurait pu devenir un véritable village, n’eût été la décision du diocèse de déménager l’église dans le Petit Rang (le boulevard Laframboise), donnant ainsi naissance au village de Saint-Thomas-d’Aquin. Le « village » de l’Égypte a connu à peu près le même sort au profit de Saint-Valérien-de-Milton.

Le développement du chemin de fer dans la région, après 1850, a amené l’implantation de gares et, avec elles, de petits foyers d’habitation. C’est entre autres le cas de Britannia Mills (Saint-Liboire), de Cavignac (Saint-Hugues) et de Clairvaux-de-Bagot (Saint-Simon). Toutes ces gares sont aujourd’hui disparues, mais il subsiste encore des traces de leur passé dans le paysage.

Le dernier chapitre est consacré aux noyaux industriels. La présence de rapides sur la rivière Noire a amené le développement de moulins et d’une communauté à Émileville (Saint-Pie). Des témoins de cette époque marquent encore le paysage, tels que le barrage d’Émileville, le moulin Morin, ainsi qu’un cimetière et un presbytère protestants. On retrace aussi l’histoire du hameau de La Carrière (Saint-Dominique) et du village Casavant, lesquels ont conservé leur vocation industrielle depuis leur fondation au XIXe siècle.

Richement illustrée de photos anciennes et récentes, fondée sur une documentation aussi précise que détaillée, cette monographie est incontournable pour quiconque veut en apprendre davantage au sujet de l’histoire de la région. Qui sait, peut-être y reconnaîtrez-vous votre propre maison ?

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Guy Mongrain et Julie St-Onge, Hameaux et lieux-dits maskoutains, Les Éditions GID, 2016, 107 p.

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