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À la bibliothèque T.-A. St-Germain

Serge Rondeau: photographe de l'éphémère

Paul-Henri Frenière

Si vous ne visitez pas l'exposition Mémoire 5 présentée actuellement à la bibliothèque T.-A. St-Germain, vous ne verrez plus les photographies qui y sont exposées. Elles seront détruites. Car Serge Rondeau est un photographe de l'éphémère.

Serge Rondeau. Photo: PH Frenière

Sa proposition se divise en cinq volets et comporte une cinquantaine de clichés. « J'en ai choisi 50 parmi environ 800 ». Et en plus de les détruire après exposition, il ne veut pas les vendre.

« Vendre mes photos, ce n'est pas le but de ma démarche. Je veux simplement rester dans la créativité et proposer aux gens une représentation visuelle de la vie qui nous entoure, explique-t-il à MOBILES. J'essaie de capter des situations ou des objets qui ne sont pas nécessairement photogéniques, à prime abord, et de leur donner une dimension nouvelle ».

« Mon objectif premier est de proposer une forme de beauté, là où l'on pense qu'elle est absente » dit le jeune retraité du domaine de l'enseignement.

Serge Rondeau a toujours fait de la photo, comme son père, d'ailleurs, qui était pigiste au journal La Presse. Son fils partage également la même passion qui se transmet, semble-t-il, de génération en génération.

Il utilise des appareils numériques dont un, minuscule, qu'il traîne toujours sur lui. « C'est étonnant la qualité que l'on peut tirer de ces petits objets » a-t-il observé.

Des objets et des gens

Serge Rondeau. Photo: PHF. Des photos, Serge Rondeau en prend des quantités au fil de ses randonnées. Plusieurs ont été prises à Saint-Hyacinthe et dans les environs. Une section de l'exposition est consacrée à une visite qu'il a faite chez un ferrailleur. « C'est la section la plus colorée de l'exposition, dit-il. Au départ, le propriétaire ne voulait pas me donner l'autorisation. Mais quand il a compris que c'était uniquement dans un but artistique, il a finalement dit oui ».

Serge Rondeau photographie aussi des gens. Ce ne sont pas des « portraits », mais bien des inconnus qu'il capte dans des situations spontanées, souvent dans des lieux publics. Par exemple, il a photographié à plusieurs reprises une vitrine de la rue des Cascades. Le décor reste fixe et ce sont les passants qui changent. Sauf le dernier cliché où l'aménagement de la vitrine a disparu. L'éphémère...

Laisser des traces

Une photo attire particulièrement l'attention. Aux abords du marché public, on voit un sans-abri dans son fauteuil roulant. Le dos courbé, une couverture sur la tête, il semble dormir. « Je crois qu'il est mort aujourd'hui » dit tristement le photographe.

Pour Serge Rodeau, la photographie sert essentiellement à laisser des traces de notre passage sur terre. Alors, comment peut-il concilier sa conception de l'éphémère avec son intention d'immortaliser certains instants par l'image?

« Les sages antiques disaient que la philosophie est l'art de préparer sa mort. Nous le faisons mieux encore par l'intermédiaire de dessins, de statues, de signes, d'écrits ou d'objets » explique-t-il.

Même s'il détruira le support papier de ses photos, Rondeau conserve sa production originale dans son ordinateur. Il a également produit un livre où l'on retrouvera ses photos accompagnées de poèmes. En réaction à l'éphémère?

Mémoire 5
Exposition de Serge Rondeau

Jusqu'au 1er août 2015

Bibliothèque T.-A. St-Germain
2720 rue Dessaulles
Saint-Hyacinthe

 

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