• Culture
concert du printemps de l’Harmonie vocale de St-Hyacinthe

Un printemps français à la Cathédrale

la Rédaction

Le traditionnel et tant attendu concert du printemps de l’Harmonie vocale de St-Hyacinthe sera cette année consacré à la musique chorale française de 19e siècle. Sous la direction de James Copland et accompagné au piano par Jocelyn Lafond, le chœur et des solistes invités présenteront le célèbre Requiem de Gabriel Fauré ainsi que des airs d’opéra parmi les plus connus.

La soirée se divise en deux parties, très différentes par leur style mais qui abordent chacune à leur manière le thème de la «renaissance», de l’espoir et du printemps.

Un Requiem…

En 1902, un dénommé Louis Aguettant s’entretient avec Gabriel Fauré ; ce dernier, au sujet de l’origine de son Requiem, se confie «…voilà si longtemps que j’accompagne à l’orgue des services d’enterrement ! J’en ai par-dessus la tête!».

Ce ras-le-bol bien senti est la source d’une des plus belles œuvres de Fauré : le Requiem reste encore à ce jour un des plus populaires du genre, et pour plusieurs, parmi les plus beaux.

Écrite entre 1887 à 1900, l’œuvre serait probablement imprégnée de tristes événements personnels du compositeur car son écriture, qui débute après la mort de son père, est achevée au décès de sa mère. Pourtant, à son écoute, l’œuvre n’est pas sombre et triste :

«Mon Requiem, on a dit qu’il n’exprimait pas l’effroi de la mort, quelqu’un l’a appelé une berceuse de la mort. Mais c’est ainsi que je sens la mort : comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur de l’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux...».

C’est probablement dans cet esprit que le compositeur a choisi de remplacer l’Apocalypse finale par l’antienne «In Paradisum» : les voix de sopranos douces et berçantes évoquent le chant des anges d’un paradis lumineux, serein et apaisant. Le Libera Me débute par un touchant solo de baryton : à son imploration se joindront la force des voix du chœur à l’unisson.

D’une élégante beauté et empreinte d’une grande profondeur, le Requiem, demande une interprétation tout en retenue afin de faire ressentir la multitude de couleurs et de nuances.


…et des opéras

La deuxième partie est musicalement très vivifiante, tonique, acidulée et pleine de soleil.
Après le long hiver que l’on vient à peine de traverser, cela est bienvenu, n’est-ce pas? Enfin, nos «portes ne sont plus closes»! Enfin, on fête le printemps, cette «riante saison»! On boit du «férigoulet», «Vin ou Bière», on danse des valses et des farandoles et on s’aime, et oui, on s’aime beaucoup et passionnément…jusqu’à en mourir!

L’opéra français du 19e siècle n’échappe pas à l’esprit romantique de l’époque : les amours que vivent les principaux protagonistes les mèneront vers de sinistres destins. Ainsi Mireille (Gounod), cette jeune fille qui aime Vincent : leur amour est impossible et même interdit par le père de Mireille, riche métayer qui voit d’un mauvais œil l’amour de sa fille pour un pauvre vannier. La pauvre Mireille en mourra. Un amour tout aussi tourmenté lie Hamlet (Thomas) et Ophélie : celle-ci mettra fin à ses jours et on la trouvera morte et belle «comme une fleur nouvelle tombe au souffle des autans». Quant au cœur de Faust (Gounod), il fond pour Marguerite : «La terre tournoie et fuit loin d’eux!». Suite au pacte avec Méphistophélès, Faust retrouvera sa jeunesse et conquerra Marguerite, mais le prix de cet échange est onéreux : leur amour sera maudit et devra affronter la mort de Marguerite. Celle-ci montera au paradis où elle sera accueillie par un chœur d'anges («Christ est ressuscité»). La passion amoureuse est aussi de rouge et de sang : pour Carmen (Bizet), « l’amour est un oiseau rebelle que nul ne peut apprivoiser», rebelle et périlleux. Le triangle amoureux qu'elle suscitera se terminera dans la tragédie : Carmen est poignardée par Don José, jaloux d’Escamillo.

Certes, les destins de nos amoureux sont bien tristes, mais dans ces opéras, le chœur joue un rôle bien particulier, soit celui de tempérer les grandes émotions. Il ajoute des touches de légèreté et de liesse comme si on voulait se moquer des déplorés. Le lyrisme des œuvres choisies touche aussi par leur simplicité. Dans «Vous qui du haut des cieux» de Gounod, le charme opère : le chœur chante une prière qui nous rappelle celles de nos mères et grand-mères, récitées au mois de mai. Et que dire des extraits de Carmen : la contagion est réelle. Qui pourra résister, à la fin du concert, à joindre sa voix à celle du chœur en chantant «L’amour est enfant de Bohême, il n’a jamais, jamais connu de loi»?

Ce concert de l’Harmonie vocale aura lieu le samedi 24 mai, à 19h30, à la Cathédrale de Saint-Hyacinthe.

Au programme :
Requiem de Fauré
Airs de chœurs d’opéras (Faust de Gounod, Mireille de Gounod, Hamlet de Thomas, Carmen de Bizet).
Méditation (Thaïs de Massenet)

Sous la direction de James Copland
Accompagné au piano par Jocelyn Lafond
Solistes :
Pascale Beaudin, soprano ; Pierre-Étienne Bergeron, baryton ; Catherine Lamarre-Biebuyck, violon


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Informations supplémentaires :
Site web : http://harmonievocalesaint-hyacinthe.com/
Page Facebook :https://www.facebook.com/harmonievocalesainthyacinthe

Écrire un commentaire >

Ajouter un commentaire

Actualiser Saisissez les caractères contenus dans l'image ci-dessus. Tapez les caractères que vous voyez dans l'image; si vous ne pouvez pas les lire, soumettez le formulaire et une nouvelle image sera générée. Pas sensible à la casse.  Passer à la vérification audio.