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Willie, ce Maskoutain

Roger Lafrance

Willie Lamothe fait partie de ces rares artistes qu’on appelle par leur prénom, comme Félix, Céline, Ginette ou Olivier.

Quand on évoque Willie Lamothe, différents souvenirs surgissent à notre esprit. Certains se souviendront de son émission qui a fait les beaux jours du canal 10, Le ranch à Willie, ou de ses chansons, plus particulièrement Mille après mille élevée au rang de classique de la chanson québécoise. Pour d’autres, ce sera ses rôles au cinéma ou l’excellente série Willie qui mettait en vedette Luc Guérin.

Willie Lamothe est une figure légendaire du showbizz québécois. Pourtant, Saint-Hyacinthe a peu fait pour honorer ce Maskoutain.Le 19 octobre, il y aura 24 ans que Willie Lamothe nous aura quittés. Curieusement, alors que la chanson country au Québec connaît un nouveau regain, Saint-Hyacinthe a la mémoire courte face à ce Maskoutain qui est l’un des fondateurs du style country au Québec. La ville a bien dédié un parc en son nom, mais je vous mets au défi de le trouver.

Il est vrai qu’à Saint-Hyacinthe, Willie Lamothe a toujours joué la carte de la discrétion. Il y a toujours résidé et il y est décédé, bien qu’il soit né à Saint-Hugues, dans une petite maison du 2e rang. Il était très jeune lorsque sa famille a déménagé à Saint-Hyacinthe. Il fait ses premières armes dans la chanson dans l’armée, pour divertir les troupes, ce qui lui a valu le surnom de « sergent chantant ». Démobilisé, il trouve du travail à la Goodyear où il rencontre sa femme, Jeannette Lemieux, mais dès que l’occasion se présente, il prend sa guitare et chante.

On dit souvent que Willie Lamothe fut le premier chanteur country au Québec. Ce n’est pas tout à fait vrai. Le premier fut Paul Brunelle qui le devança de deux ans. C’est le folkloriste Victor Martin, celui de l’école de musique, qui le recommanda à RCA Victor. Le succès fut immédiat. Plusieurs de ses classiques remontent à cette époque : Je suis un cowboy canadien, Je chante à cheval ou Allô ! Allô ! petit Michel.

Il parcourt le Québec avec sa complice Rita Germain, côtoyant les Jean Grimaldi, Olivier Guimond, Manda et compagnie. S’enchaînent les émissions de radio et il atteint une popularité qu’on a peine à imaginer. Il a même sa bande dessinée dans un journal montréalais ! À deux reprises dans les années 1950, il fait la première partie du grand Gene Autry, le « cowboy chantant » rendu célèbre par ses films. Il fut le premier Québécois à enregistrer à Nashville, capitale du country, et il fut même invité à se produire en Louisiane.

Sa carrière a duré plus de 30 ans : tournées, émissions de télévision, films. Il enregistra plus de 500 chansons, puisant abondamment dans le répertoire américain. Bien des Maskoutains se souviendront de la Taverne à Willie, située dans la côte de la rue Saint-Denis, qu’il possédait. Bien que disparu, l’établissement a inspiré les créateurs de Broue

Willie Lamothe fut un personnage hors norme, figure pittoresque et fantaisiste, qui aimait la vie et s’amuser. Il était chanteur country, mais il avait une peur bleue des chevaux. Il a même tâté du rock’n roll après qu’Elvis (qui était à l’origine un chanteur country, aux côtés de Johnny Cash et de Jerry Lee Lewis) eut révolutionné l’industrie de la musique américaine.

Bref, Willie Lamothe a laissé une marque indélébile sur la chanson québécoise. Sa chanson fétiche Mille après mille est encore interprétée par de nombreux artistes, même si ce n’est pas lui qui l’a écrite. Par contre, c’est sa version qui est devenue célèbre.

Comment se fait-il qu’à Saint-Hyacinthe, on n’ait pas jugé bon de l’honorer à sa juste valeur ? Willie Lamothe mériterait plus qu’un parc municipal qu’on ne saurait situer. Il lui faudrait une salle, un monument ou une section d’un futur musée régional !

 

Pour ceux qui voudraient en savoir davantage, le Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe lui consacre quelques pages sur son site Internet dans la section Portraits de la culture montérégienne.

 

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  • willie lamothe,,

    il ne faut pas oublié que l,on as nommé la rue lamothe en son honneur,, belle rue dont je suis résidant,,,

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