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Biométhanisation : Saint-Hyacinthe peut aider le Québec

Daniel Breton

Je n’apprendrai rien aux gens de la région de Saint-Hyacinthe en disant que la biométhanisation constitue un réel succès. C’est une fierté tout à fait méritée pour notre ville et notre région.

photo : Nelson Dion Le projet d’usine de biométhanisation, porté dès le départ par Pierre Mathieu, et que les élus de la Ville ont appuyé, est cependant une exception. D’autres projets de biométhanisation ne se portent pas aussi bien ailleurs au Québec.

Aussi récemment que la semaine dernière, le maire de Montréal-Est est sorti publiquement pour dire de la ville de Montréal qu’elle n’incluait pas les citoyens et les élus de sa municipalité dans le processus de réflexion et de décision. Leur projet de biométhanisation, qui devait voir le jour à l’été 2015, n’est même pas commencé et a été repoussé à 2019.

Qu’est-ce que la biométhanisation ?

C’est la production industrielle de biogaz, aussi nommé biométhane. Le procédé consiste à emmagasiner de la matière organique (déchets de table, boues d’épuration, etc.) dans une cuve hermétique appelée digesteur ou méthaniseur. Les matières organiques y sont soumises à l’action des bactéries. Elles sont ainsi brassées et chauffées afin d’accélérer la fermentation et la production de biogaz.

À quoi sert la biométhanisation ?

La raison d’être de la biométhanisation est de produire de la chaleur et de l’électricité et/ou du biogaz, un carburant qui peut remplacer le pétrole. Terreau et fertilisant sont issus du même procédé. Ils constituent une valeur ajoutée de la biométhanisation, la rendant écologiquement et économiquement viable.

Il est important de savoir que si on laisse ces déchets se décomposer à l’air libre, ils émettent du méthane qui est libéré dans l’atmosphère. Or, le méthane a un potentiel de réchauffement climatique 87 fois plus puissant que le CO2 sur 20 ans et 36 fois plus puissant que le CO2 sur 100 ans, selon les données les plus récentes du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

Ainsi, si plutôt que de le laisser s’échapper, on capture ce méthane pour remplacer le diesel ou le gaz naturel par du biogaz, une étude de Lindner et al. de 2010 révèle que « les émissions de GES [gaz à effet de serre] émises au cours du cycle de vie de production et d’utilisation du biométhane dans un autobus équivalent à 25-35 % de ceux émis par le diesel ou le gaz naturel, alors que le coût total par kilomètre parcouru est équivalent. »

On parle donc d’une diminution des émissions de GES de 75 % à 65 % si on utilise du biogaz plutôt que du diesel ou du gaz naturel comme carburant. De plus, on diminue nos importations de carburants fossiles, ce qui améliore notre balance commerciale.

Donc,

  • on obtient beaucoup moins d’émissions de GES en capturant le méthane plutôt qu’en le laissant s’échapper dans l’atmosphère,
  • on diminue encore plus nos émissions de GES lorsqu’on remplace le diesel ou le gaz naturel par du biogaz,
  • on diminue notre dépendance aux énergies fossiles,
  • on diminue nos émissions polluantes,
  • on produit de l’engrais biologique et du terreau,
  • on rentabilise ce qui, au départ, n’était qu’une charge économique pour les municipalités de la région : leurs déchets.

Pourquoi alors certaines municipalités et/ou MRC ont-elles des problèmes à mettre en place des projets viables de biométhanisation ?

Parce que :

  • toutes les technologies ne se valent pas,
  • ces systèmes sont peu connus ici, ce qui fait en sorte que divers problèmes de gestion d’un projet peuvent survenir : odeurs, bruit, sécurité, rentabilisation économique.
  • la communauté DOIT être partie prenante du projet lors de l’élaboration. Or, on a découvert que pour certains projets, on laissait les gens dans le noir.

C’est pourquoi Saint-Hyacinthe DOIT servir d’exemple de succès pour tout le Québec. De plus, en aidant les gens d’ailleurs au Québec à mettre en place leurs projets grâce à notre expertise, on peut faire en sorte que cela contribue à l’économie de notre région… et pourquoi pas en formant des jeunes au Cégep de Saint-Hyacinthe dans ce domaine d’avenir ?

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  • Re: Biométhanisation : Saint-Hyacinthe peut aider le Québec

    Bien dit Daniel,des économies pour les citoyens de la ville et pour ceux de la MRC.De futur emplois dans ce domaine et comme tu le dit de nouvelles formation technique au CÉGEP .

  • Re: Biométhanisation : Saint-Hyacinthe peut aider le Québec

    Il y a déjà une formation complète qui se donne au CEGEP de Rivière-du-Loup...

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