• Environnement

De plus en plus de vert sur les toits

Gabrielle Brassard-Lecours

Si on a une idée de ce que sont les toits végétalisés, ils restent encore marginaux dans les nouvelles constructions. Mais des percées pour les implanter existent, notamment à Saint-Hyacinthe.

« Il n’y a pas assez d’informations qui circulent sur les toits verts et leurs avantages », explique Claude Vallée, professeur en horticulture et responsable du Pavillon horticole écoresponsable de l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) du campus de Saint-Hyacinthe.

Pourtant, à écouter le professeur, les bienfaits des toits verts sont nombreux, surtout sur le plan environnemental. Ces installations vertes permettent, entre autres, de réduire les îlots de chaleur, nombreux dans les villes, et de retenir les eaux pluviales en les absorbant en partie. Les toits verts permettent aussi d’améliorer la qualité de l’air en captant les poussières en suspension, faisant ainsi baisser la température ambiante. Finalement, ils offrent un milieu unique pour la flore, notamment pour y cultiver des légumes et des fruits, et la faune, puisque’abeilles, insectes et oiseaux s’y côtoient.

Des ouvertures au vert

Photo de potager sur le toit de Claude Vallée, professeur en horticulture et responsable du Pavillon horticole écoresponsable de l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) du campus de Saint-Hyacinthe.« La Régie du bâtiment a longtemps imposé de nombreuses contraintes pour la mise en place de toits verts, mais les règlements de dérogation se sont assouplis, et ça aidera sûrement à leur expansion », pense Claude Vallée. L’ITA offre d’ailleurs depuis peu une certification professionnelle en toits végétalisés.

« C’est sûr que ça demande des coûts de gestion supplémentaires, d’implantation et d’entretien, mais c’est un bon investissement », dit le professeur. Il est vrai qu’un toit vert présente certaines contraintes. Les conditions y sont plus difficiles que sur un sol normal, et il faut donc y installer des plantes plus rustiques qui résisteront aux éléments de la nature, comme la sécheresse, si personne ne s’en occupe de façon régulière.

Des initiatives locales

Quelques exemples d’initiatives de toits verts à Saint-Hyacinthe sont dignes de mention.

Le futur Centre de congrès, qui intégrera une dimension de développement durable dans sa construction, aura un toit vert « aussi vaste qu’un terrain de football », peut-on lire sur son site Web. Implanté par la ville, le futur toit du Centre sera « un îlot de fraîcheur dans son quartier urbain et commercial, offrant plusieurs avantages environnementaux, économiques et sociaux ». Parmi eux, la protection de la membrane du toit par le couvert végétal, qui durera ainsi plus longtemps, l’atténuation du bruit ambiant, la meilleure isolation du bâtiment et l’embellissement du paysage urbain.

Steve Deslauriers, propriétaire de la franchise Saint-Hubert de Saint-Hyacinthe, a non seulement décidé d’implanter un toit vert pour cultiver des légumes sur le toit de son établissement, mais également de l’utiliser au profit de son équipe. « Les légumes cultivés sur mon toit sont redistribués à mes employés à faible salaire », dit-il. Depuis quatre ans, il distribue donc à ses employés environ 80 sacs par année, composés de fèves, de laitues, de concombres, de tomates et de plusieurs autres légumes. « Il y a aussi une terrasse sur mon toit. Les employés y prennent leur pause et viennent me voir et m’aider quand ils me voient jardiner, témoigne le restaurateur. Mon jardin sur le toit est vraiment un endroit rassembleur pour l’équipe », explique-t-il.

Les toits verts séduisent même les citoyens. Camille Rioux, une résidente du centre-ville de Saint-Hyacinthe, a décidé d’implanter un jardin sur son toit l’été passé. « C’est simple, les légumes sont croquants, et on sait dans quelles conditions ils ont poussé. Il s’agit d’un magnifique projet familial et collectif à la maison, qui fait le bonheur des petits et des grands dans notre famille », dit-elle.

Pour Claude Vallée, le message est clair : « Les toits verts sont une solution à une problématique environnementale urbaine. »

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