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Des élèves de Saint-Damase créent une nouvelle population viable d’ail des bois

Le 9 mai dernier, à Saint-Damase, avait lieu le rendez-vous des agents de l’escouade du F.B.Ail (lire « FBI »). Dans le cadre du programme éducatif SEM’AILjr du Biodôme de Montréal, 19 élèves de quatrième année de l’école primaire Saint-Damase se sont vu confier une mission : restaurer une nouvelle colonie d’ail des bois, une espèce menacée dans la région. Compte rendu.

« Une colonie d’ail des bois, c’est viable à partir de mille individus. En bas de mille, ça ne survit pas », explique le biologiste Pierre Pontbriand, coordonnateur à l’Association du mont Rougemont. Depuis 2014, ce regroupement participe au programme SEM’AILjr du Biodôme de Montréal. Créé en 2010, il poursuit une mission éducative : sensibiliser les élèves à l’importance de la conservation de la biodiversité, en les faisant participer à la restauration d’une espèce vulnérable.

Semer (beaucoup) pour restaurer

Dans le cas de l’ail des bois, « il faut que l’on sème au moins trois mille graines pour en avoir mille, mentionne Pierre Pontbriand, car le taux de germination de la plante est d’environ 30 %. C’est une plante fragile, qui ne se reproduit qu’à partir de l’âge de sept ans, indique-t-il. C’est pourquoi j’ai mis deux classes à la même place cette année… »

À l’endroit où les élèves ont semé chacun 100 graines récemment, « des colonies historiques ont été exterminées, raconte le biologiste. Le propriétaire précédent les a toutes arrachées pour les vendre sur le marché. Il faut savoir qu’il y avait de très, très nombreuses colonies sur le mont Rougemont. Mais certaines d’entre elles ont disparu complètement. »

Créé en 2010, le programme SEM’AILjr, poursuit une mission éducative : sensibiliser les élèves à l’importance de la conservation de la biodiversité, en les faisant participer à la restauration d’une espèce vulnérable. Photo : Océane Bayle, Nature-Action Québec

L’ail des bois est une petite plante printanière dont les bulbes sont comestibles. Elle est typique des érablières du Québec. « Les Québécois en sont très friands ! », fait remarquer Pierre Pontbriand. À tel point qu’au Québec, l’espèce est devenue vulnérable en 1995. Une loi provinciale interdit désormais sa vente, et limite sa cueillette à des fins personnelles à 50 bulbes par an.

L’expérience SEM’AILjr

L’activité SEM’AILjr, offerte aux élèves de l’école Saint-Damase touche à différentes facettes d’apprentissage. « On fait du français en ajoutant des mots à leur vocabulaire, et des mathématiques en leur faisant calculer le taux de germination… On leur présente un diaporama sur la biodiversité et la biologie de l’ail des bois. Et on leur demande ce qu’ils peuvent faire pour aider la biodiversité, en leur présentant une mission possible : la mission du F.B.Ail. C’est très formateur ! », souligne le biologiste.

Une fois en forêt, les élèves commencent par rechercher les plantes compagnes de l’ail des bois, puis analysent ensuite le taux d’acidité du sol. Ils déterminent ainsi que l’habitat convient à l’ail des bois, puis ils procèdent aux semis. « Les jeunes sont comme des éponges », illustre Pierre Pontbriand. « Ce sont les décideurs de demain, et les sensibiliser à la biodiversité, pour nous, est la meilleure façon d’assurer une certaine conscientisation de la population dans le futur. »

Le programme SEM’AIL pour les adultes a vu le jour en 1999. Selon les estimations du Biodôme, « ce programme a conduit à la création de plus de 500 nouvelles colonies d’ail des bois dans les régions les plus touchées par la récolte abusive : la Montérégie, Lanaudière, les Laurentides, l’Outaouais et l’Estrie. » Toutefois, l’espèce serait encore largement cueillie. D’où l’importance, d’autant plus grande, de sensibiliser les grands comme les petits.

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