• Environnement

Des espèces et des hommes

Martin Brideau

L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) avait déclaré 2010 Année internationale de la biodiversité (AIB). La vidéo produite par l’UNESCO afin de souligner l’AIB nous apprenait que 130 espèces disparaissent chaque jour. Un constat alarmant.

Pour inciter à sauver des espèces, l’UNESCO proposait à tous les humains de créer une alliance mondiale qui pouvait se traduire, entre autres, par l’adoption de résolutions individuelles modifiant une ou plusieurs habitudes de vie ou par la création d’un événement rassembleur autour du thème de la biodiversité. Et si, à la suite d’efforts concertés, une communauté sauvait une espèce, l’UNESCO invitait ses membres à partager l’histoire de leur réussite.

Parmi les histoires éditées sur le site de l’organisation, on retrouve celle de la passe migratoire bâtie pour le chevalier cuivré, une espèce de poisson menacée depuis la construction d’écluses sur la rivière Richelieu, à Saint-Ours. Aux dernières nouvelles, l’animal peut rejoindre sa frayère et reprendre ainsi de l’écaille de la bête. Les sociétés modernes ne font pas que bouleverser l’environnement : elles peuvent le respecter, lui redonner sa place en cas de bévue.

Le chevalier cuivré

 

2010 représentait la date ultime pour les nations signataires de la Convention sur la diversité biologique (1992). Si nous nous félicitons de nos réussites, le rythme d’extinction des espèces demeure alarmant. Aucune nation ne peut se vanter d’avoir répondu à la mesure des exigences de l’appel de l’UNESCO. Nous avons du chemin à faire, pour nous et pour les générations futures. Que pouvons-nous faire en 2011 pour protéger la diversité biologique ?

2011 a été déclarée Année internationale de la forêt par l’UNESCO. Les forêts représentent l’habitat de 80 % des espèces terrestres, en plus d’être de formidables capteurs de gaz carbonique et de fournir le nécessaire à la production de biens de consommation. Comment notre société s’implique-t-elle envers ses forêts ? Que peut-elle faire de plus ?

L’industrie gazière s’en mêle

On apprenait en décembre dernier que l’exploration gazière risquait de réduire, voire d’empêcher radicalement la mise en valeur de territoires forestiers québécois. En effet, l’industrie gazière a déjà déboursé plus de 35 M$ en Gaspésie et y a coupé à blanc d’importantes surfaces forestières qui étaient intégrées dans des projets de conservation. À cette étape de l’exploration (qui précède l’exploitation complète des gaz de schiste), on imagine mal comment le gouvernement actuel, qui s’est mis les pieds dans les plats en accordant autant de latitude aux entreprises gazières, va réussir à protéger les forêts, entre autres.

En effet, il apparait clairement que nos dirigeants n’ont pas saisi qu’exploiter les sous-sols au Québec, ce n’est pas comme exploiter les sous-sols d’un désert : le Québec, c’est un territoire riche en lacs et rivières et forêts, bien que la Montérégie se soit gravement appauvrie sur le plan de la biodiversité.

Les entreprises gazières et pétrolifères ont obtenu plusieurs droits partout dans le monde. Allons-nous plier devant ces mastodontes ? Allons-nous reculer ? Saurons-nous défendre nos forêts, nos terres, notre eau ? Saurons-nous convaincre le gouvernement d’imposer un moratoire sur les gaz de schiste ?

La meilleure façon de tuer un peuple, c’est de le payer à ne rien faire, à ne pas se lever, à ne pas avancer. À ne rien faire pour défendre son environnement, son milieu de vie, de prospérité ; à ne rien faire pour mettre en valeur son intégrité humaine.

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