• Environnement
Nouveau rapport sur la contamination de nos rivières

La rivière Yamaska en bonne santé en aval de Saint-Hyacinthe

Alain Charpentier

Le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCCQ) vient de publier son rapport intitulé Contaminants d’intérêt émergent, substances toxiques et état des communautés de poissons dans des cours d’eau de la Montérégie et de l’Estrie dans lequel la rivière Yamaska fait plutôt bonne figure.

Deux pêcheurs à la tombée du jour en aval de la centrale électrique T.-D.-Bouchard au centre-ville de Saint-Hyacinthe. photo : Nelson DionEn 2010, le Ministère a lancé un suivi régional rotatif pour vérifier la concentration de contaminants émergents, des contaminants d'origine urbaine et industrielle (par exemple les métaux, résidus de médicaments, détergents de type nonylphénols éthoxylés, composés perfluorés, hormones, composés organiques semi-volatils, etc.) pour déterminer si ces contaminants ont un impact sur les communautés de poissons recensées.

Stations d’échantillonnages

Pour l’étude, une quinzaine de sites en Estrie et en Montérégie ont été sélectionnés. Les endroits ciblés sont en aval des villes ou des industries de grande taille. L’eau y est échantillonnée quatre ou cinq fois par année, de mai à septembre. Pour ce qui est des poissons, une pêche scientifique permet d’évaluer l’abondance, la diversité d’espèces et l’état de santé général des poissons qui s’y trouvent.

La communauté de poissons est en mauvais état à la majorité des stations d’échantillonnage, avec des cotes d’intégrité faibles ou très faibles. Les stations Yamaska Nord, en aval de Granby, Yamaska Sud-Est, en aval de Cowansville, et Richelieu, en aval de Saint-Jean-sur-Richelieu, sont les plus affectées. Elles affichent toutes une très faible intégrité. Seules les stations de la rivière Yamaska en aval de Saint-Hyacinthe et de la rivière Saint-François en aval de Drummondville ont une bonne intégrité.

Quant à la contamination de l’eau en tant que tel, pour plusieurs des substances échantillonnées, il n’existe pas de critères de qualité auxquels les concentrations mesurées peuvent être comparées. Pour les substances pour lesquelles de tels critères existent, il n’y a eu pratiquement aucun dépassement des critères. La station en aval d’Acton Vale (rivière Le Renne) est celle qui présente le plus de substances dans l’eau en concentrations élevées en comparaison aux autres sites. Notons toutefois que la présente étude ne tenait pas compte de la pollution issue d’autres activités humaines telles que l’agriculture.

Conclusions du rapport : Saint-Hyacinthe fait bonne figure

La rivière Yamaska en aval de Saint-Hyacinthe s’en tire plutôt bien finalement. Avec la rivière Saint-François en aval de Drummondville, c’est la rivière qui présente la meilleure cote pour ce qui est de l’état de la population de poissons. En effet, la communauté de poissons est en bon état avec un indice d’intégrité élevé (51 sur 60). Les poissons ne présentent pas non plus d’anomalies de type DELT (Déformation Érosion Lésion Tumeur) attribuables à la présence de contaminants dans l’eau. En plus, le niveau de contamination du poisson y est plus bas qu’à plusieurs autres stations.

Trois des dix critères concernant la contamination du poisson y sont dépassés (le groupe des pentaBDE1 ainsi que les dioxines et furannes chlorés et BPC planaires2), par des facteurs se situant entre 1,3 et 4,8 fois le critère, ce qui est tout de même peu si on compare avec d’autres stations. En effet, d’autres endroits échantillonnés présentent des dépassements de plus grande amplitude et pour un plus grand nombre de critères.

On peut dire en conclusion qu’aucun des contaminants mesurés dans l’eau n’a montré des teneurs en concentrations élevées dans la Yamaska, ce qui fait que le poisson qu’on y pêche peut être consommé sans aucun risque pour la santé. Pour plus d’informations, on invite les pêcheurs sportifs à consulter le Guide de consommation du Ministère.

État de santé des communautés de poissons. Source : MEDDLCCQ

 

  1. Les PBDE sont des retardateurs de flammes ajoutés à différentes matrices plastiques, à des résines synthétiques ainsi qu’à des fibres textiles afin de réduire l’inflammabilité d’une foule de produits de consommation : le rembourrage des meubles, les boîtiers d’appareils électroniques (téléviseurs, ordinateurs, etc.), des pièces d’automobile, des tuyaux de plastique, des matériaux de construction à base de plastique, des fils électriques, des circuits imprimés, des jouets, des adhésifs, des scellants, certains tissus, etc.
  2. Les dioxines et furannes chlorés sont des substances toxiques, persistantes et bioaccumulables issues de la combustion. Au Canada, les principales sources de ces substances sont « l’incinération de déchets (déchets solides municipaux, déchets dangereux, boues d’épuration et déchets médicaux), la combustion de bois chargé en sel dans les chaudières des usines côtières de pâtes et papiers, le frittage du fer, les fours électriques à arc destinés à la fabrication d’acier et les chambres coniques de combustion de déchets municipaux » (CCME, 2015).

Galerie

  • comme en témoingne cette photo, il est possible de capturer de très beaux "trophés" dans notre rivière Yamaska. photo : Renaud-Didier Lafleur
  • comme en témoingne cette photo, il est possible de capturer de très beaux "trophés" dans notre rivière Yamaska. photo : Renaud-Didier Lafleur
  • comme en témoingne cette photo, il est possible de capturer de très beaux "trophés" dans notre rivière Yamaska. photo : Renaud-Didier Lafleur
  • comme en témoingne cette photo, il est possible de capturer de très beaux "trophés" dans notre rivière Yamaska. photo : Renaud-Didier Lafleur

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  • Concentration... et biosolides.

    Tant mieux pour ces rivières. Mais il y a encore beaucoup de recherches à faire. Les perturbateurs endocriniens perturbent...la dose ne fait plus le poison. Si les pesticides agricoles passent dans les rivières...les CIE finiront bien par y aller aussi. Les boues d'épuration...qui concentrent beaucoup de ces contaminants émergents seront épandues sur les terres agricoles selon le beau PGMR. Les boues de St-Jean sur Richelieu le sont dans le Suroît. Les retardateurs de flammes PBDE sont présents dans les boues...ça se dégradent en congénères pires.( recherche mars 2014 UdeS sous la supervision de feu M.Raymond Van Coillie). Les ''biosolides''...c'est pas bio! Merci de prendre soin de la biodiversité... et des humains. On en sait long sur ça... Les citoyens pour la gestion responsable des boues.

  • Félicitation Alain pour ton

    Félicitation Alain pour ton article et les photos de Didier sont superbes.

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