• Environnement

Marcher pour le climat… et accélérer le pas

Catherine Courchesne

Exaspérés par l’inertie politique devant l’urgence climatique, de nombreux jeunes maskoutains ont décidé de prendre les choses en mains, notamment en joignant le mouvement international de grève pour le climat. Le 15 mars dernier, ils étaient une centaine à marcher pour le climat dans les rues de Saint-Hyacinthe.

Que ceux qui n’ont jamais entendu parler d’urgence climatique lèvent la main ! Personne, n’est-ce pas ? En effet, il suffit d’ouvrir la radio ou les journaux pour tomber sur une chronique pro-environnement. Et tant mieux ! Pourtant, bien que le sujet fasse de plus en plus les manchettes, comment transformer les beaux discours en actions concrètes ? À ce propos, des jeunes de partout sur la planète, dont Éloïse Johnson, semblent avoir plus d’un tour dans leur sac… à dos.

Un non-sens

En mars 2019, les élus maskoutains ont refusé d’endosser la Déclaration citoyenne universelle d’urgence climatique (DUC), une déclaration promue par un groupe de militants environnementaux qui, jusqu’à présent, a été signée par plus de 300 municipalités québécoises. Pour Éloïse Johnson, présidente de l’Association des étudiants en médecine vétérinaire du Québec (AEMVQ), cette décision de la Ville est un non-sens : « Je trouve déroutant qu’ils refusent de signer la DUC, la trouvant soi-disant trop pessimiste, alors que les experts mondiaux sur le climat s’entendent pour dire qu’il y a effectivement urgence climatique. »

Tout le monde dans le même sens

Éloïse est loin d’être la seule de sa génération à en avoir ras le bol des gouvernements qui ne prennent pas l’urgence climatique au sérieux et qui votent des politiques environnementales décevantes. La grève internationale pour le climat, initiée par l’adolescente suédoise Greta Thunberg, en est une preuve. « C’est d’ailleurs afin d’appuyer localement ce mouvement planétaire qu’on a décidé d’organiser une marche pour le climat dans les rues de Saint-Hyacinthe », explique l’étudiante.

Le 1er avril dernier, ils étaient une douzaine d'étudiant(e)s à se présenter à la séance publique de la Ville pour questionner les élu(e)s notamment sur leur refus de signer la DUC. Photo : Nelson Dions

Ainsi, le 15 mars dernier, environ 200 jeunes de la Faculté de médecine vétérinaire (FMV), de l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) et du Cégep de Saint-Hyacinthe ont marché jusqu’à l’hôtel de ville pour demander aux élus d’agir dès maintenant pour l’environnement. « Ces derniers nous ont écoutés… et nous ont invités à continuer à nous faire entendre. »

Dans le bon sens

Une invitation qu’Éloïse et ses comparses ont prise au pied de la lettre puisque le 1er avril, ils étaient une douzaine d’étudiants à se présenter à la séance publique de la Ville pour questionner les élus, notamment sur leur refus de signer la DUC. « Ils nous ont répété que ce refus n’était pas définitif, mais qu’ils préféraient procéder selon leur plan initial, souligne la militante. Ils nous ont également invités à la consultation citoyenne du 15 mai pour les aider à étoffer leur plan de développement durable. » Une invitation qui, encore une fois, n’est pas tombée dans l’oreille d’une sourde. Voilà pourquoi, dans les jours à venir, Éloïse et ses pairs s’attelleront à l’écriture d’un manifeste exposant des recommandations environnementales qu’ils remettront aux élus, le 15 mai prochain. En espérant maintenant que l’énergie de leur colère réussisse à faire avancer le plan de développement durable de la Ville plus rapidement, et ce, dans la bonne direction.

Le 15 mars dernier, environ 200 jeunes de la Faculté de médecine vétérinaire (FMV), de l'Institut de Technologie Agroalimentaire (ITA) et du Cégep de Saint-Hyacinthe ont marché jusqu'à l'Hôtel de ville pour demander aux élus d'agir dès maintenant pour l'environnement. Photo : Pascale Laroche

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