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Rivière Yamaska : ratage sur toute la ligne

Roger Lafrance

En matière de communication, tout est question d’image et de perception. Quand on tournera la page sur cette année 2016, l’image qui restera incrustée dans l’esprit de beaucoup de gens sera que Saint-Hyacinthe a exterminé un nombre important de poissons de la Yamaska par son déversement d’eaux usées de cet été et qu’elle ne se soucie guère de l’environnement.

Photo : Nelson DionEn lisant Le Courrier de la semaine dernière sur ce déversement, on y voit davantage une administration municipale occupée à sauver les apparences qu’à prendre ses responsabilités. Aucun employé n’est tenu pour responsable, ni la direction et encore moins les élus municipaux, ceux-là même qu’on a choisis pour nous représenter. À écouter le maire Claude Corbeil, le déversement est pratiquement un « act of God ».

La Ville indique qu’elle a mis en place les mesures pour éviter qu’un tel événement se reproduise. Là-dessus, je suis prêt à faire confiance aux autorités municipales et on peut penser qu’elles ont tiré des leçons ce qui s’est passé.

Par contre, sur l’aspect médiatique, c’est un ratage complet. Pas d’ensemencement de poissons, mais la poursuite des mesures tellement diffuses qu’on se demande en quoi elles changeront quelque chose. M. le maire renvoie même la balle aux citoyens en leur demandant de faire leur part. Comme sens des responsabilités, on repassera.

Pour annuler l’image dévastatrice de ce déversement, il aurait fallu des mesures à la hauteur de ce désastre. Par exemple : un ensemencement spectaculaire pour ramener la faune aquatique dans la Yamaska, des aménagements pour permettre aux citoyens de se réapproprier leur rivière pour la pêche ou la promenade en canot, un événement festif ou un plan d’action impliquant les organismes du milieu et comprenant des mesures précises et concrètes. 

Bref, des mesures qui auraient permis de lancer le message à tout le Québec que la Ville de Saint-Hyacinthe s’excuse pour les torts qu’elle a causés et qu’elle prend les moyens pour les corriger.

Au lieu de cela, l’administration municipale semble plutôt s’en laver les mains et faire comme si ce n’était guère important. La Yamaska demeure le cours d’eau le plus mal en point au Québec et la Ville de Saint-Hyacinthe a empiré la situation lorsqu’elle a rejeté ses égouts dans la rivière. C’est cette image de poissons morts  que la plupart des gens retiendront des événements de l’été dernier.

 

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