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Espiègle et fier de l’être

Olivier Petit

Devant la valse des fermetures de restaurants à St-Hyacinthe, l’envie m’est venue de tester une valeur sûre, un de ces restaurants qu’on se dit pouvoir retrouver encore là dans plusieurs mois ou plusieurs années. En tête de liste, l’Espiègle, huit ans de présence maskoutaine pour un chef originaire de la région, voilà qui devrait mettre à l’abri des mauvaises surprises. Et puis, un nom pareil, ça donne envie non ?

Un décor soigné

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(Ph. Nicolas Humbert)

Les deux salles en longueur séduisent par leur atmosphère contemporaine et chaleureuse, les plafonds et les lustres ouvragés, qui pourraient verser dans le kitsch, sont comme désamorcés par la relative sobriété des murs de briques et des tables sobrement mises : une réussite. J’ai une préférence pour la seconde, avec vue sur les cuisines. Dans ce décor évoluent de jeunes serveurs qui compensent aisément par leur sourire (forcément) espiègle et leur bonne volonté un petit manque d’expérience, pour contribuer à l’ambiance décontractée des lieux. Une ambiance qui tranche par exemple avec celle qu’on rencontre à l’Escabèche. Question de choix.

Une cuisine de plaisir

Richard Marquis, chef et propriétaire, vise juste avec ses propositions qui déclinent une belle sélection de produits de la région (l’Espiègle est certifié « Tables et relais du terroir »). D’ailleurs, la liste des producteurs figure au début du menu, un signe qui ne trompe pas.

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Richard Marquis, chef et propriétaire de l’Espiègle (Ph. Nicolas Humbert)

Sous des intitulés a priori classiques, on en vient vite à se régaler de bon cœur de viandes moelleuses (essayez par exemple le suprême de volaille farci) et de sauces onctueuses (belle saveur de bleuet sur le filet de porc). Les accompagnements sont à la hauteur, avec une sélection colorée de beaux légumes et des frites maison que les habitués attendent avec impatience pour pouvoir profiter du choix de mayonnaises et faire trempette gourmande. Les ciabattas sont tout aussi recommandables, là encore le choix de bons ingrédients ne ment pas et le plaisir s’installe dès la première bouchée, pour une cuisine de gourmandise et non de tape-à-l’œil.

Desserts à deux vitesses

Cuisinier et pâtissier, deux métiers proches et pourtant bien différents. Richard Marquis en prend sagement acte et complète sa carte de desserts maison « classiques » de créations plus ambitieuses des Gourmandises de Sophie. Attention, classiques ici ne veut surtout pas dire ennuyeux et le pouding chômeur ou la crème brûlée sauront convaincre les gourmands. Mais si vous aimez plus d’originalité, les créations du spécialiste de St-Hubert emportent l’adhésion, comme ce délicat mokaccino tout en finesse.

Un succès mérité

Ouvert toute la semaine, l’Espiègle fait régulièrement le plein la fin de semaine pour plusieurs services et ce n’est que justice, tant les efforts pour faire plaisir sont ici tangibles. La sélection de boissons, avec des vins bien choisis disponibles (en plusieurs formats pour être plus accessibles) et les bières du Bilboquet voisin, assure un soutien efficace à la cuisine.

La meilleure table en ville ? En tout cas pour moi sans doute le meilleur rapport prix plaisir.

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