• Loisir

La pêche sur la glace dans la région maskoutaine

Alain Charpentier

La pêche blanche peut être pratiquée à plusieurs endroits tout au long des rivières Yamaska et Noire. Dès que l’épaisseur de la glace le permet, soit habituellement de la fin décembre à la mi-mars, on peut se rendre sur la rivière pour taquiner principalement la perchaude, le doré, le brochet et parfois même le maskinongé.

Un équipement simple et relativement peu coûteux

Des pêcheurs pas peu fiers de leurs prises (photo Alain Charpentier) Pêcher sur (ou sous, les deux se disent) la glace ne requiert pas un équipement très complexe, mais il faut néanmoins se munir d’une panoplie d’accessoires essentiels. La tarière (perceuse à glace) est l’outil le plus important. Une tarière manuelle est plus économique (entre 50 $ et 80 $) alors qu’une tarière à essence coûte de 400 $ à 700 $. Cependant, cette dernière vous permet d’économiser du temps, surtout si vous avez plusieurs trous à faire. Quel que soit le choix, une lame de sept pouces de diamètre est suffisante dans la plupart des cas. Une lame de neuf pouces pourrait être nécessaire si on pêche du gros poisson.

Il faut aussi une louche perforée pour nettoyer les trous, une canne et un moulinet à dandinette ainsi qu’une dizaine de brimbales. Des hameçons de différentes grosseurs, des plombs fendus, des bas de ligne déjà montés et quelques cuillers à dandiner viendront compléter l’équipement de base. Un seau pour transporter les menés et les garder en vie comprend une épaisse paroi de styromousse pour empêcher l’eau de geler. Une puise à menés en plastique moulé permettra de les tirer hors du seau sans se geler les doigts. On peut se procurer des menés vivants durant tout l’hiver dans les boutiques d’équipement de chasse et pêche.

Sur les brimbales, on montera un fil de Dacron ou un fil tressé de 20 ou 30 lbs de résistance. Ce fil a tendance à moins s’emmêler que du monofilament. Par contre, sur la canne à dandiner, on aura pris soin de charger le moulinet avec un monofilament ou un fil tressé qui résiste au froid, conçu pour la pêche blanche.

Enfin, pour transporter tout l’équipement, on peut se fabriquer un coffre monté sur des skis comme un traîneau. De plus, ce coffre peut servir de banc pour s’asseoir pendant qu’on pêche.


Bien sûr, d’autres accessoires viendront compléter cet ensemble de façon à prévenir les problèmes et à passer un agréable moment sur la rivière. Par exemple, il pourrait être utile d’apporter avec soi un ciseau à glace, des lames de rechange pour la tarière (et une clé pour les remplacer), des sacs de plastique pour rapporter ses prises et une serviette pour vous essuyer les mains.

Règlements de pêche

En période hivernale, la même règlementation s’applique au sujet du permis de pêche sportive et des restrictions de pêche. Il est cependant important de se rappeler certaines règles essentielles s’appliquant à la zone 8 (qui inclut la majeure partie des rivières Yamaska et Noire). D’abord, la pêche hivernale s’étend du 20 décembre au 31 mars. Durant cette période, on peut utiliser un maximum de 10 brimbales par permis de pêche. Concernant l’utilisation de poissons appâts (menés) dans la zone 8, on peut pêcher avec des menés vivants seulement pendant la période de pêche hivernale. Plusieurs espèces de poisson ne peuvent être utilisées comme appât, mais en principe, les boutiques de chasse et pêche n’en tiennent pas. Il est tout de même utile de consulter le site Web du ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) à ce sujet.


Pour les limites de capture et de possession, on pourra également consulter le site du MRNF. Il faut cependant retenir que le doré jaune, l’espèce préférée des pêcheurs, fait l’objet d’une règle particulière. Ainsi, dans la zone 8, on ne peut garder que les dorés mesurant entre 37 et 53 cm; tous ceux qui sont inférieurs ou supérieurs à cette longueur doivent être remis à l’eau. Il serait utile de faire une marque sur le coffre ou sur les brimbales pour pouvoir mesurer rapidement les dorés et les remettre aussitôt à l’eau le cas échéant.

Un accès facile, de nombreux coins de pêche

L’avantage de la pêche blanche c’est que la rivière étant gelée, on peut facilement avoir accès à une foule d’endroits sans avoir besoin d’une embarcation. Mais avant de se mettre à percer une dizaine de trous à la tarière, il est important de localiser un coin prometteur. Si on pêche déjà pendant l’été, on peut commencer par visiter les mêmes lieux. Sinon, on peut déjà repérer de bons endroits en localisant des structures qui fournissent cachettes et nourriture aux poissons prédateurs. Ainsi, les embouchures des cours d’eau, les baies, les pointes rocheuses ou les pointes d’îles sont à privilégier. Un sonar portatif pourra aider le pêcheur à trouver ces structures et la profondeur idéale pour mettre sa ligne à l’eau. Il faut également garder à l’esprit que les poissons se tiennent plutôt au fond en hiver, d’où l’importance d’utiliser des plombs fendus pour les rejoindre là où ils sont.


Comme les rivières Yamaska et Noire gèlent presque entièrement en hiver, ce n’est pas la place qui manque pour pêcher ! L’embouchure de la Noire et de la Yamaska (la pointe aux fourches) est un endroit populaire. En bas du barrage T.D. Bouchard à St-Hyacinthe, les eaux vives et les fluctuations du niveau d’eau en raison du turbinage empêchent la glace de se former de façon sécuritaire, parfois jusqu’au Rapide-Plat (limite Ste-Rosalie/St-Simon). De St-Hugues à Sorel, la rivière gèle de façon assez constante pour pouvoir pêcher presque partout. Mais avant de s’aventurer sur la glace, il est bon de retenir quelques règles de sécurité.

La sécurité d’abord

D’abord, il faut retenir que la glace se forme plus rapidement près des rives et là où l’écoulement de l’eau est lent. En début de saison hivernale, il peut donc être plus prudent de pêcher près des rives. De plus, il faut se rappeler que la glace bleue et transparente est toujours plus solide que la glace blanche et opaque. Pour pouvoir s’aventurer sur la glace à pied, en raquettes ou en skis, la glace doit avoir 4 pouces d’épaisseur; en motoneige, 8 pouces de glace sont requis; pour pouvoir supporter le poids d’un véhicule léger, la glace doit avoir atteint 12 pouces. Il faut multiplier par deux si on a affaire à de la glace blanche.

Une merveilleuse façon de s’approprier l’hiver et la rivière

Nous sommes privilégiés au Québec de pouvoir pratiquer cette activité unique ! En plus, les rivières Yamaska et Noire présentent un incroyable potentiel de pêche sportive en raison de la diversité des espèces et des habitats qu’elles abritent. Les efforts d’amélioration de la qualité des eaux entrepris au cours des dernières années commencent à porter leurs fruits. La pêche blanche est une merveilleuse façon de pouvoir profiter de l’hiver tout en continuant à s’adonner à son activité favorite. Moyennant un investissement financier raisonnable, la pêche blanche peut facilement devenir un prétexte à une réunion familiale ou amicale incroyable. La seule chose qu’il faut garder à l’esprit, c’est de respecter les règles de sécurité, les règlements de pêche et de ne rien laisser sur place après son départ !

Écrire un commentaire >

Ajouter un commentaire

Actualiser Saisissez les caractères contenus dans l'image ci-dessus. Tapez les caractères que vous voyez dans l'image; si vous ne pouvez pas les lire, soumettez le formulaire et une nouvelle image sera générée. Pas sensible à la casse.  Passer à la vérification audio.