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Le cœur d’enfant des raconteurs : Retour sur plus de 20 ans d'impro

Alex Morel

On dit souvent que le changement fait du bien. L’expression passer le flambeau sert à expliquer l’arrivée d’une relève, mais encore faut-il que ce symbolique flambeau soit manié avec soin. Heureusement, dans les arts de la scène, les vétérans ont tendance à prendre les nouveaux sous leur aile, ayant eux-mêmes bénéficié de cette courtoisie à leurs débuts. C’est en abolissant les contraintes imposées par le texte qu’on accède à l’infini de l’imaginaire pour arriver à un heureux mélange entre l’histoire de pêche et le récit épique. Ayant évolué à la LAIT (Ligue d’Amateurs d’Improvisation Théâtrale), Patrick Dozois est rapidement passé de joueur à entraîneur pour développer une passion immortelle pour ce spectacle inventé de toute pièce.

Patrick Dozois (à droite) au jeu avec Sylvain Giroux en 2003. photo : Jason Desbiens « J’ai commencé à faire de l’improvisation dans un cours d’éducation physique en quatrième année. Le professeur s’en servait comme exercice pour développer l’esprit d’équipe. Ça m’a aidé à briser ma timidité, et c’est un excellent remède contre l’intimidation, puisque ça m’a aidé à m’affirmer et à ne pas avoir peur du ridicule » raconte l’improvisateur. C’est à son arrivée dans la cour des grands en 1992 qu’il expérimente le vrai sens du spectacle improvisé; une collaboration plutôt qu’une compétition entre deux flots d’idées. Tout comme le hockey duquel le concept du match est librement inspiré, il y a des passeurs et des compteurs. « Dans les exercices d’avant-match, j’ai appris à développer d’abord le côté construction d’histoire, poursuit M. Dozois. J’étais d’abord celui qui vient établir un décor, un conflit, apporter des éléments de référence. Ensuite, il ne faut pas oublier que le public vient aux matchs pour avoir du plaisir, on travaille donc le sens de la réplique, avoir le bon punch au bon moment. Au début, je revenais au banc avec un paquet de j’aurais dû, des idées qui arrivent sur le tard ou de l’autocensure de peur d’avoir l’air ridicule. J’étais la recrue, un peu intimidé de jouer avec les vétérans. Puis un moment donné, Christian Vanasse est venu me voir avant un match et il m’a mis en confiance : Veux-tu te faire du fun ce soir? Suis-moi. » C’est ce mot d’ordre qui a suivi le comédien amateur durant plusieurs saisons comme entraîneur, développant ainsi des liens d’amitié durables avec les joueurs et une facilité indéniable à rendre sa passion contagieuse.

 Pour ouvrir toutes grandes les portes de l’imaginaire, il faut avant tout renouer avec son cœur d’enfant. Sous sa nouvelle appellation, la LAIT, maintenant Ligue Adolescente d’Improvisation Théâtrale, compte parmi ses rangs des jeunes joueurs âgés de treize à dix-sept ans. Patrick Dozois et ses collègues feront connaissance avec la nouvelle génération d’improvisateurs lors d’un match spécial qui les opposera une équipe d’étoiles à la salle Gadbois du Centre Culturel le vendredi 20 septembre. Ce sera la fin d’un chapitre puisque la pièce qui fut théâtre de tant de moments uniques sera démolie sous peu. Le moment est venu de rendre hommage à la nostalgie des uns pour laisser, avec le sourire,  place à la fantaisie des autres…

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