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Un club de pêche à la mouche pour les jeunes à la PHD

Alain Charpentier

« Pêche à la mouche : Didier vous attend ce midi au local A-107 pour le montage de mouches. » C’est le message que les élèves de la Polyvalente Hyacinthe-Delorme (PHD) peuvent entendre à l’interphone le matin, chaque semaine depuis l’an dernier. Journal Mobiles a assisté à l’une des réunions des « Moucheurs du Drakkar ».

« Pour la plupart, c’est la première fois de leur vie qu’ils attrapent un poisson. Pouvoir le faire avec une mouche qu’ils ont eux-mêmes fabriquée est doublement satisfaisant ! » - Didier Lafleur . photo : Nelson Dion Didier Lafleur est un passionné de pêche à la mouche. Ce jeune enseignant d’Éthique et culture religieuse a décidé, en 2014, de partager sa passion avec des élèves de la polyvalente. Grâce à l’appui de Sophie Robillard, coordonnatrice à la vie étudiante (et elle-même ex-pêcheuse de saumon), ainsi qu’avec l’aide financière de la direction, Didier a pu réaliser son rêve et mettre sur pied un club de pêche à la mouche destiné aux jeunes. Des initiatives de ce genre existent déjà à la Maison des Jeunes Point de Mire de Verdun et au club Nymphéas à l’École Dominique-Savio de Saint-Urbain dans Charlevoix.

L’an dernier, le club a attiré 12 participants (dont une fille) de tous les niveaux, mais majoritairement du premier cycle. Le recrutement se fait en début d’année, pendant la période d’inscription aux activités du midi. Pour rendre l’activité attrayante, Didier s’installe à une table avec des vidéos et des photos de pêche et il monte une mouche devant eux. Son enthousiasme et son énergie doivent être débordants, car cette année il a réussi à recruter 25 participants. « Je crois aussi que le bouche-à-oreille y est pour beaucoup », confie Didier, qui a dû ouvrir deux groupes cette année.

Il rencontre ses apprentis moucheurs aux deux semaines pour leur enseigner les bases du montage de mouches. Les élèves s’installent à leur étau, munis de leurs ciseaux, porte-bobines, plumes et poils en tous genres. « Chaque rencontre permet de monter une mouche qu’ils rangent précieusement dans leur boîte et qu’ils pourront utiliser à la fin de l’année, lors de la sortie de pêche prévue sur la rivière Yamaska, explique Didier. La sortie, c’est un peu la récompense. Seuls ceux qui ont été assidus ont le privilège de venir à la pêche. »

L’an dernier, lors de cette sortie, ses élèves ont réussi à prendre quelques beaux achigans ainsi que des laquaiches argentées. « Pour la plupart, c’est la première fois de leur vie qu’ils attrapent un poisson. Pouvoir le faire avec une mouche qu’ils ont eux-mêmes fabriquée est doublement satisfaisant ! » Il ajoute aussi que « tous les poissons sont remis à l’eau et nous insistons beaucoup sur cet aspect lors de la formation. On souligne l’importance de protéger la ressource s’ils veulent continuer d’aller pêcher encore longtemps. »

En plus d’occuper les élèves pendant la période du dîner, le but de ces ateliers est évidemment de former une relève en pêche à la mouche. Il commence d’ailleurs à y avoir des retombées. « Certains commencent à s’équiper par eux-mêmes. Il y en a qui font l’acquisition d’une première canne à moucher et qui font des sorties pendant l’été… » Mais il ajoute aussi que tout cela serait impossible sans l’implication de membres du club des Pêcheurs à la mouche de la région maskoutaine (PMRM), dont Mario Dussault, Pierre Lincourt et Claude Bédard, pêcheurs et monteurs de mouches émérites. « Claude donne beaucoup de son temps. Il vient presque toutes les semaines et il nous apporte beaucoup de matériel. C’est un très bon vulgarisateur. C’est une chance de l’avoir parmi nous », explique Didier.

Le club peut aussi compter sur différents appuis du milieu : le magasin SAIL de Belœil offre du matériel de montage, l’organisme P.A.J.E. (Partenariat Action Jeunesse en Environnement) prête des bottes-pantalons pour la sortie de pêche et Claude Bédard prête ses propres cannes lors des cours de lancer, que l’on met en pratique dans les gymnases de la polyvalente avant de se rendre sur la rivière.

Selon Didier, le plus grand mérite de ce club est de favoriser la transmission d’un savoir-faire entre générations. « Au début, ces jeunes-là ne savaient même pas que la pêche à la mouche existait. Ils trouvaient ça “cool”, mais il n’y avait personne dans leur entourage pour leur montrer. PMRM existe depuis 1993. Il y a des pêcheurs dans ce club qui ont plus de 35 ans d’expérience. Ils sont donc privilégiés de compter sur des gens qui ont une telle expérience et qui ne demandent qu’à la partager. Ça rapproche les générations. En plus, ça leur donne un prétexte pour faire du plein air et ça leur permet de se réapproprier leur rivière. »

Bravo pour cette belle initiative et longue vie aux Moucheurs du Drakkar !

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  • Projet de didier

    Quel beau projet j'espère te voir continuer longtemps . C'est merveilleux de transmettre son savoir et son expérience aux jeunes . Bonne continuité . Bravo Gzfdz

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