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Bonne idée M. Chong

Un envoi de Jean-Simon Carrier
Lettre ouverte

Dernièrement, je suis tombé sur un article fort intéressant. Un député du Parti conservateur du Canada (PCC) veut élaborer un mécanisme permettant à un caucus de destituer quelqu’un en poste. Concrètement, ceci voudrait dire que 15 % des membres d’un caucus pourraient demander à ce qu’il y ait un vote pour destituer un officier. Ensuite, un vote secret se tiendrait et s’il y a majorité, cet officier serait destitué.

Le député conservateur de Wellington-Halton Hills, Michael Chong Je trouve cela très intéressant. Avec ce mécanisme, par exemple, le caucus du PCC pourrait destituer Stephen Harper, le chef du parti et le premier ministre du Canada. Mais quels seraient les motifs qui pourraient les amener à vouloir faire cela? Le PCC a un chef extrêmement contrôlant. En fait, ce que je comprends c’est que le Conseil privé (ministère de Harper) est très, sinon trop puissant. L’information est contrôlée, les sorties des ministres le sont aussi. On a même entendu, à certaines reprises, que des projets de loi privés présentés par des députés conservateurs n’ont pu se rendre jusqu’à la Chambre des communes. Ils auraient été bloqués par le Conseil privé. Il est donc facile de comprendre les motivations de ce député.

Maintenant, est-ce que ce type de mécanisme pourrait être intéressant dans une démocratie? Pour ma part, j’en suis certain. Je déteste tout ce qui s’appelle ligne de parti. Je n’aime pas que les hauts dirigeants d’un parti décident de tout ce que le reste des députés doivent penser. Lorsque je vote à une élection, je vote tout d’abord pour le député que j’aimerais qui me représente. Si celui-ci est élu, je veux qu’il représente ma voix dans le caucus de son parti, dans l’opposition ou au gouvernement. Si le député élu n’est pas celui pour lequel j’ai voté, il est tout de même mon représentant et il doit aussi me représenter. Pour cela, il faut que je lui fasse part de mon opinion, mais c’est un autre débat. Dans le cas qui nous intéresse, j’aimerais bien que le caucus puisse se prononcer sur la gouvernance de son parti. Si une partie des députés trouve qu’il y a des ajustements à faire, ils se doivent de pouvoir brandir cette menace. Ça démontre au chef le mécontentement de ses pairs et ça peut être un signal d’alarme pour elle ou lui. En même temps, ça ajouterait de l’imputabilité.

Certains me diront qu’il ne faut pas faire cela seulement à cause du PCC. Je vous répondrai qu’il y a plusieurs exemples dans les dernières années où ce mécanisme aurait pu être utilisé. Sur la scène fédérale, le contrôle du premier ministre n’est pas nouveau. Selon Chantal Hébert lors d’une entrevue à Tout le monde en parle, ce contrôle excessif commençait à poindre sous l’ère Mulroney et s’est envenimé sous l’ère Chrétien. Qu’est-ce que ce sera dans un prochain gouvernement? Et sur la scène provinciale, j’ai l’impression que les députés Beaudoin, Lapointe, Aussant et Curzi, pour ne nommer qu’eux, auraient probablement utilisé cette option il y a quelques années. Au même titre que les députés actuels du Parti libéral du Québec (PLQ) le feraient peut-être avec les Philippe-flops de leur chef sur la charte et le déficit du gouvernement.

Dans l’ensemble, je trouve que c’est une bonne idée. En fait, c’est la meilleure idée de réforme démocratique que j’ai entendu dernièrement. Évidemment, les élections proportionnelles seraient encore mieux. Je ne vois toutefois pas quel parti aura le courage d’amener ce changement. La démocratie serait gagnante, mais l’establishment de ce parti en serait perdant.

Jean-Simon Carrier
enseignant à St-Hyacinthe

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