• Politique
ENVOIE DE JEAN BARETTE

De la mobilisation à la militance politique

Jean Barrette

Je suis tombé dedans lorsque j’étais petit !

Enfin presque...j’avais 15 ans... On m’a invité, on m’a recruté...et j’ai répondu à l’appel parce que cela me sortait de l’anonymat. Quelqu’un a cru en moi plus fort que moi-même j’étais alors capable de la faire. On m’a donné, ...j’ai voulu rendre la pareille...et la roue a continué de tournée. D’une chaîne d’opportunité à une autre, ma vie en fut certes transformée.

J’ai compris que je pouvais devenir meilleur en écoutant et m’associant à d’autres qui connaissaient le chemin et qui m’ont montré la force de s’impliquer dans une cause qui transcende mes petits problèmes existentiels et m’oblige à affronter mon « ego ».

La vie est un terrain d’entraînement.

Vivre pleinement, c’est saisir ses héros intérieurs et ne pas les décevoir. Vivre pleinement, c’est faire émerger la part de leader qui demande à éclore.

Au début, on est recruté par un événement, on participe. Puis, à force d’information et d’indignation, arrive l’engagement. La mobilisation, c’est le processus interne et unique qui amène une personne à passer du recrutement à l’engagement. La mobilisation, c’est le vaccin contre l’hégémonie de plus pour soi.

Le vrai combat c’est soi contre soi... L’enjeu ; la conscience du bien commun.

La responsabilité ; celle de devenir le meilleur leader que l’on peut devenir. L’apport du réel leadership est d’amener d’autres personnes à aller plus loin dans cette même quête. Voilà qui confirme que ce n’est pas ce que l’on fait qui nous définit, mais bien qui l’on devient dans le processus infini qui confronte les Hommes à apprendre la fraternité ou à mourir en idiot.

Il y a lieu de réfléchir à son cheminement. Il y a aussi lieu de saisir le sens des débats sociaux. Il y a lieu de choisir là où l’on peut le mieux servir.

Mais, en bout de ligne, lorsqu’une situation a été comprise, dénoncée, une alternative rêvée, il faut alors décider si la solution passe ou non par une action politique, c à d, par un projet de société, un idéal. Il faut aussi identifier le « bras politique » le plus adéquat pour réaliser le projet. Quel est le parti qui offre une alternative, un sens de direction, une gouvernance capable de construire le bien commun ?

Il est donc pour tout citoyen nécessaire de se poser la question suivante : Quel est le prix de la dissociation du militantisme citoyen et du militantisme politique ? Quel est le prix d’une neutralité utilitaire ?

Je crains fort que le prix à payer soit celui de perdre en démocratie, en idées et en talents.

Les combats que l’on perd sont souvent ceux qu’on n’a pas su faire en ayant confiance en l’avenir. En ce sens, le mouvement des « casseroles » est un puissant symbole qu’il faut débloquer le « canal » politique

À la prochaine

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  • Re: De la mobilisation à la militance politique

    Cher Jean, L’engagement politique menant à la consolidation de l’identité personnelle - que tu décris dans les premiers paragraphes de ton texte - constitue pour moi l’un des apports fondamentaux de la démocratie à nos sociétés avancées. Parce que nous avons des joutes électorales, des personnes, pas nécessairement engagées d’ordinaire, se mobilisent pour devenir travailleur électoral. D’autres sont recrutés par des organisations partisanes et ils deviennent représentants, ou pointeurs d’intention ou chauffeurs pour la sortie de vote. Tu as raison de souligner cette participation du politique à la construction personnelle des citoyens. J’ai en mémoire la fierté que ressentait mon père à contribuer comme chauffeur au Parti Québécois, fin 1980 - début 1990. Je revois les visages éclairés de joie des militantes et des militants qui rencontraient madame Pauline Marois au cours de la campagne de 2003. Je t’avouerai que la perspective d’observer le rôle social de l’exercice démocratique sur des jeunes et des moins jeunes a motivé en partie la décision de m’engager à 100% dans cette campagne. L’organisation de Marie Malavoy (Parti Québécois – comté de Taillon) a sollicité ma participation et j’ai fait le choix de me libérer le mois qui vient pour contribuer à la victoire. Je quitte mes terres péruviennes et je serai donc à Longueuil, ce Longueuil des iniquités où se côtoient la classe moyenne-élevée et les franges sociales les plus marginalisées du Québec. Je n’ai aucun doute que ma relecture de notre société à travers cette fenêtre promet d’être intéressante. Je te souhaite autant de plaisir que moi, au sein l’organisation que tu as choisie, dans notre beau comté de Saint-Hyacinthe. Bonne campagne ! Michel Filion

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