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Élections: Un débat "populaire"

Paul-Henri Frenière

Environ 175 personnes ont participé à la rencontre d'information électorale qui s'est tenue mercredi dernier au Centre communautaire Christ-Roi. Organisé par Solidarité populaire Richelieu-Yamaska et la Corporation de développement communautaire des Maskoutains, cet ultime « débat » arrivait à quelques jours du scrutin de lundi.

Photo: Paul-Henri Frenière.Cette popularité s'explique en partie par la présence d'une quarantaine de travailleurs de l'Hôtel des Seigneurs venus rappeler aux candidats que leur combat n'était pas terminé. Ils étaient tous là, sauf le représentant du Parti conservateur du Québec, Simon Labbé.

Louise Arpin, du PLQ, qui était absente du débat au cégep la semaine dernière, avait même trouvé une fenêtre à son agenda apparemment très chargé. Au cours de la soirée, d'ailleurs, la conseiller syndical de la CSN, Michel Trépanier, a reproché à madame Arpin d'avoir refusé une rencontre.

« Comment prétendez-vous vouloir représenter la population? » a-t-il demandé, faisant le même reproche à la candidate de la CAQ, Chantal Soucy. Cette dernière a prétexté une raison d'ordre familial tandis que Louise Arpin s'est défendue en affirmant qu'elle se faisait toujours un devoir de rencontrer ses commettants lorsqu'elle était conseillère municipale.

Émilien Pelletier.

Le député sortant, Émilien Pelletier, est revenu quant à lui sur les éléments centraux du litige, à savoir l'article 4.5 du Code du travail qui fait en sorte que la convention collective ne suit pas nécessairement lorsqu'une entreprise était vendue, ce qui est le cas à l'Hôtel des Seigneurs.

Émilien Pelletier a rappelé que cette modification au code du travail avait été faite par le Parti libéral en 2006 et qu'il tenterait de convaincre ses collègues du caucus de le modifier « malgré la présence de PKP » a-t-il spécifié, faisant référence à la réputation anti-syndicaliste Pierre-Karl Péladeau.

La soirée était divisée en deux parties, une première au cours de laquelle chacune et chacun a eu amplement l'occasion d'exposer la position de son parti sur la santé, l'environnement, l'économie et le développement social.

Manifestement mieux préparée que pour son débat au cégep, la candidate de Québec Solidaire, Danielle Pelland, semblait très à l'aise devant les représentants des groupes communautaires, notamment sur les questions sociales et environnementales.

Quant au candidat d'Option Nationale, Éric Pothier, il s'est montré très efficace à vendre les idées de son Parti concernant les avantages de la souveraineté du Québec.

Vous allez faire quoi, pour nous, les pauvres? 

La deuxième partie de la soirée était réservée aux questions de l'assistance. Chaque candidat disposait de trois minutes pour y répondre. En général, les questions étaient prévisibles, mais l'une d'entre elles a semblé surprendre tout le monde.

Le modérateur a d'abord appelé une citoyenne qui s'était préalablement inscrite. Ayant de la difficulté à se lever de sa chaise en raison de son handicap, elle a demandé à son conjoint de se présenter au micro à sa place.

Sa question était bien simple mais, en quelque sorte, donnait tout son sens à cet événement qui avait lieu dans un quartier populaire. « Vous parlez beaucoup pour les gens qui ont un salaire moyen. Mais nous, on est pauvre. Vous allez faire quoi, pour nous, les pauvres? »

Après avoir convenu que « la pauvreté était un fléau », chacun et chacune a exposé ses solutions. On a parlé de logement social, de priorité à la création d'emplois, de l'importance de l'éducation dès la petite enfance et même des coupes à effectuer dans la bureaucratie gouvernementale. Mais rien qui a semblé satisfaire le demandeur.

Rejoint par la suite par MOBILES, l'homme de 44 ans a pu expliquer sa situation.

Depuis quelque temps, il reçoit une maigre rente d'invalidité en raison de son incapacité à travailler. « Je ne reçois pas beaucoup parce que c'est calculé à partir de mes revenus antérieurs » a-t-il expliqué.

Avec ce que sa conjointe reçoit en prestation d'aide sociale (diminuée parce qu'elle vit en couple), leur revenu annuel est d'environ 13 000$. Ils vivent dans un modeste logement qui leur coûte tout de même 460$ par mois.

« L'argent est devenu pour moi une obsession, avoue-t-il. À chaque matin, je me lève angoissé en me demandant si on va avoir assez d'argent pour payer les comptes, pour faire l'épicerie... Je ne vois jamais la lumière au bout du tunnel. J'en ai fait une dépression ».

Lorsque je lui demande pour qui il va voter, il regarde sa conjointe et les deux me répondent, l'air inquiet, qu'ils ne le savent pas et qu'ils vont encore en discuter. Encore...

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