• Politique
Comment repenser notre rapport au territoire?

Un 14 juin pour rêver

Caroline Laplante

 

Tout ce qui existe a d'abord été rêvé.

- Anne-Marie Alonzo

 

 

Québec Solidaire Saint-Hyacinthe invitait la population, le 14 juin dernier à l'événement Un 14 juin pour rêver. Pour l'occasion, l'organisation politique avait invité Simon Tremblay-Pépin de l'IRIS (Institut de recherche et d'informations socio-économique) et Maxime Laplante vice-président de l'Union paysanne pour réfléchir avec les personnes présentes sur différents sujet en lien avec notre occupation du territoire et l'exploitation de nos ressources naturelles. 

 

Simon Tremblay-Pépin de l'IRIS 

Simon Tremblay-Pépin de l'IRIS (Institut de recherche et d'informations socio-économique) D'entrée de jeu, Simon Tremblay-Pépin a posé les questions : « Qu'est-ce qu'on pourrait faire ensemble? » et « Comment repenser notre rapport au territoire? » C'est à partir de la Révolution tranquille, moment de basculement par rapport à l'histoire plus ancienne du Québec, que s'inscrit l'analyse de Simon Tremblay-Pépin.  La Révolution Tranquille, mis-à part quelques bons coups, marque l'histoire plus récente d'une continuité qui est  la dépossession de nos ressources par une exploitation à la pièce. Il n'y a pas de volonté affichée de nuire à l'environnement, mais au bout du compte, nous ne pouvons que constater la dégradation.

Les questions de société en lien avec l'exploitation des ressources et l'occupation du territoire ne sont pas posées par les politiciens. Une fois à la chambres des communes, une fois élus, ils s'arrogent donc  le droit de faire à peu près ce qui leur plaît. Notre système électoral nous demande de nous rendre aux urnes aux quatre ans. Les candidats, chaque fois, nous disent qu'eux ils feront les choses bien. Et pendant  que nous sommes témoins de la vente à rabais de la plupart de nos ressources. Alors que nos richesse sont immenses, et que plusieurs d'entre elles sont aussi renouvelable, nous avons l'impression en tant que citoyen que nous ne pouvons pas agir sur la suite des choses. Le cynisme ambiant pour la chose politique peut aisément s'expliquer de cette façon. 

Notre volonté citoyenne demeurant lettre morte brise la logique voulant que nos représentants au gouvernement soient là pour le bien commun. Les monocultures affaiblissent la terre, l'exploitation des ressources non-renouvelables se fait sans vision et sans réelles retombées économiques depuis que l'industrie de la transformation a été déplacée à l'étranger pour la majorité des secteurs. Présentement, selon Tremblay-Pépin, nous ne recevons même pas le fameux « une cenne la tonne » demandée par Duplessis en échange de nos minerais. 

Mais comme l'a dit Pierre Pettigrew, il vaudrait mieux être exploité qu'être exclus. Les grandes compagnies qui viennent s'installer ici à grand coup de subventions, nous donnent des jobs, après tout.

 

Maxime Laplante de l'Union paysanne

Maxime Laplante de l'Union paysanne La question à quoi ça sert de faire de l'agriculture? a traversé l'allocution de Maxime Laplante. Malgré la simplicité des réponses : nourrir la population, protéger les ressources et occuper le territoire de façon décentralisée, la question agricole n'est pas si simple et nous sommes bien placés pour le voir à partir de notre technopole agro-alimentaire. Alors que le quota par vache laitière atteint $25 000 et que des producteurs jettent du lait, comme le faisait remarquer un participant, la question agricole est au cœur des préoccupations des gens. 

L'importance de re-développer une économie régionale en encourageant une nouvelle relève agricole, intéressée, curieuse, diplômée de toutes sortes de domaines, mais n'ayant pas les fonds nécessaires à un investissement dans le secteur, doit être repensée. Cette relève, d'ailleurs ne semble pas avoir un très grand intérêt pour les productions en mono-culture. Au moment où nos terres arables sont achetées par des intérêts étrangers, l'accès à la terre est difficile, sinon impossible pour qui n'est pas déjà dans le milieu. Et même pour les personnes du milieu, car sans les subventions annuelles (environ $60 000 en moyenne par entreprise agricole) une majorité de fermes devraient mettre la clé dans la porte.

Tout un aspect de la production agricole est également boudées par les décideurs. Le Québec compte 1200 fermes, mais seulement 75 entreprises de transformation, alors que celle-ci est ce qui rend l'agriculture lucrative. De plus, le secteur agro-touristique, une manne pour les fermiers européens, est sous-développée partout dans la province parce que ce type d'activité représenterait une nuisance pour les activités agricoles. 

Le premier critère de la CPTAQ (Commission de protection du territoire agricole) est l'homogénéité du territoire. Pas étonnant de voir que 95% de la production agricole de la Montérégie consiste en maïs et en soya. La Suisse, quant à elle, a intégré la protection de la bio-diversité à l'intérieur de sa constitution. Au Québec, aucun programme de protection n'est mis en place, on agit à la pièce, tout comme pour ce qui est du MAPAQ qui n'a pas encore de direction claire quant la production agricole et forestière. 

La période de discussion qui a suivi les mini-conférences a permis aux participant.es de discuter plus avant avec les invités. Plus que le rêve, ce 14 juin a participé a éveiller questionnements et sans doute aussi un peu d'indignation chez les personnes présentes. 

 

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