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Éloi Champigny, boursier à la 10ieme édition « Tournez-vous vers l’excellence! »

Augmenter sa productivité par le temps plutôt que par l’argent

Caroline Barré

Éloi Champigny a remporté une bourse de 2500 $ lors du 10e concours « Tournez-vous vers l’excellence! » de La Financière agricole du Québec. Ses qualités de gestionnaire et la vision globale qu’il a de son entreprise lui ont permis de se distinguer parmi les 37 candidats inscrits.

Éloi Champigny, de la Ferme Alain Champigny, lauréat du 10e concours « Tournez-vous vers l’excellence! » de La Financière agricole du Québec. PHOTO : Caroline Barré Faire mieux avec moins est la philosophie d’Éloi Champigny, qui s’est joint à l’entreprise familiale en 2008. Depuis, il vise à compléter l’augmentation de son cheptel pour atteindre sa vitesse de croisière avec un troupeau de 170 truies qui devraient générer une production annuelle estimée à 4 500 porcs pour 2015.

Fondée en 1976 par Alain, le père d’Éloi, la Ferme Alain Champigny possédait un élevage naisseur-finisseur d’une centaine de porcs et une terre d’environ 10 hectares jusqu’en 1999. Des acquisitions de terres, en 2007 et 2008, ont ensuite porté à 110 le nombre d’hectares de la ferme. « Avec ça, on était complètement autosuffisants », indique Éloi. Il précise d’ailleurs qu’à l’époque ils cultivaient les grains nécessaires pour nourrir les animaux, qui fournissaient, à leur tour, le fumier pour fertiliser les terres.

À l’arrivée d’Éloi à la ferme, son père produisait une moyenne de 20 porcelets par truie par année. « En travaillant sur la régie et en mettant plus de temps, j’ai réussi à arriver à 24,5 porcelets par truie par année », souligne le producteur de 32 ans. Cependant, des problèmes de santé menaçaient toujours la stabilité sanitaire du troupeau. L’acquisition du site porcin voisin, en 2013, a permis de combler cette lacune par une réorganisation complète du troupeau. Ce site accueille la maternité, une pouponnière et l’engraissement. « En achetant ici, j’ai atteint 29 porcelets par truie par année », relate Éloi, qui compte désormais en produire 30. Il effectue des sevrages toutes les quatre semaines et occupe les sites en rotation. Le bâtiment d’origine (pouponnière-engraissement) reçoit ainsi des porcelets toutes les huit semaines. « Ç’a toujours été une fierté pour nous d’être capables de faire vivre 2 familles », souligne ce père de 3 enfants âgés de 7, 5 et 3 ans.

Même s’il cherche un employé qualifié pour l’aider à la ferme et permettre à son père de se retirer tranquillement, Éloi souhaite offrir à ses enfants la liberté de tracer leur propre voie. « Mes parents ne m’ont jamais forcé », affirme-t-il avec reconnaissance, rappelant que son intérêt pour la ferme familiale s’est révélé vers 15-16 ans.

En mode consolidation

Éloi pense réorganiser son système de cultures tout en restant à l’affût d’éventuelles terres à vendre. Pour diversifier ses rotations et bénéficier de plus de flexibilité sur le plan des travaux comme l’épandage de lisier, il intègre lentement le blé à ses cultures de maïs et de soya. Il précise que 75 % de ses terres sont nivelées et drainées, dans le but d’améliorer la santé des sols à long terme. Le jeune producteur souhaite d’ailleurs adopter la technique du semis direct pour réduire les travaux aux champs. « Il faut avoir une suite logique dans la séquence des cultures pour aller chercher le meilleur », explique-t-il.

La production de porcs ayant surpassé ses attentes, Éloi est en train de développer des stratégies d’achat de grains pour combler le manque à gagner de ses terres cultivées. Depuis l’automne 2014, il participe à un projet pilote du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Ces conférences hebdomadaires de 30 minutes en ligne avec un spécialiste de la bourse lui permettent de se renseigner en la matière.

Agronome de formation, il travaille aussi pour le Club AgroActon depuis 2006. Aujourd’hui, il assure encore le suivi d’une quinzaine de fermes. « Ça me permet de garder le contact avec les producteurs », soutient-il. Il a notamment participé aux journées Portes ouvertes sur les fermes du Québec dans deux fermes sous sa tutelle et fait partie du comité de bassins versants de la rivière Duncan.

Avec un troupeau de 170 truies, Éloi Champigny estime à 4 500 porcs sa production pour 2015. PHOTO : Éloi Champigny

 

 

Ce texte a paru dans La Terre de chez nous en région de la Montérégie du 21 janvier 2015.

 

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