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Les rendez-vous « Parler pour parler » de Forum-2020

¿Cómo se llama ?

Alain Charpentier

La semaine dernière, j’ai été invité à Saint-Liboire pour une activité bien particulière. On m’a proposé d’aller rencontrer des immigrants pour bavarder avec eux. Je ne savais pas qu’il y avait des immigrants à Saint-Liboire, mais je me suis dit que, mondialisation oblige, c’était certainement possible. Je me suis donc rendu à l’Hôtel de Ville de Saint-Liboire jeudi le 1er septembre pour assister à ce qui fut mon premier « Parler x parler » (Parler pour parler) qui ne sera certainement pas le dernier.

La soirée était organisée par Forum 2020, « un consortium formé de la Ville de Saint-Hyacinthe, de la MRC des Maskoutains, de la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains, de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe, du Centre de Santé et des Services sociaux Richelieu-Yamaska, du Centre local de développement Les Maskoutains et du Cégep de St-Hyacinthe. Forum 2020 S’est doté d’un plan d’action stratégique afin d’agir sur le contexte démographique créé par la baisse de la natalité et le vieillissement de la population ainsi que sur ses conséquences sur la vie économique et sociale. »

Les rendez-vous « Parler pour parler » sont tenus sporadiquement dans différentes municipalités de la MRC. Ces rendez-vous ont été créés pour provoquer des rencontres entre Québécois aborigènes (qu’on dit aussi « de souche ») et immigrants. En effet, ce qui manque le plus à l’intégration de ces nouveaux arrivants, c’est bien les contacts avec les Québécois : quand ils arrivent ici, leur réseau social, qui est resté dans leur pays d’origine, est à rebâtir. Pour les Québécois aborigènes, ces rencontres sont très enrichissantes. Elles permettent une plus grande ouverture au monde et une meilleure connaissance des différents problèmes qui se passent à l’étranger. C’est aussi une bonne occasion pour les Québécois d’honorer leur réputation de « peuple accueillant ».

Le déroulement des soirées est assez simple. Pour initier la discussion, on crée deux cercles concentriques avec les chaises. À l’intérieur du cercle, les Néo-Québécois ; à l’extérieur, les Paléo-Québécois. Chacun fait la discussion (en français, mais je me suis permis de pratiquer mon espagnol...) avec la partie qui est assise face à elle pendant 10 minutes. On échange son nom, sa profession, son pays d’origine, son parcours professionnels… Après cette conversation (toujours trop brève à notre goût), les Néo-Québécois changent de chaise et recommencent la discussion avec une nouvelle personne. Pour nous aider à tenir le coup (la soirée a quand même duré deux heures !), un buffet et des boissons sont servis.

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Parler x parler rapproche les gens de toutes les communautés

C’est ainsi que j’ai pu rencontrer Georges, employé depuis peu à la Ville de Saint-Hyacinthe, au Service des Travaux publics. Georges vient du Tchad et vit ici depuis déjà plusieurs années. J’ai aussi rencontré Aymen, un Tunisien établi au Québec depuis un an. Il vit à Rimouski et étudie en production laitière. Son objectif est de venir s’établir à Saint-Hyacinthe avec sa copine, Charlotte, qui est Française et étudiante chez Vatel. Il y aussi les Colombiens : Andres et Adriana, arrivés depuis quelques années, ainsi que Juan et Marcela, arrivés depuis seulement 20 jours au Québec. Juan, vétérinaire de 32 ans, avoue qu’il a été attiré par la Faculté de Médecine Vétérinaire et par les possibilités qui s’offrent à lui dans le domaine de la santé animale dans la région. Il y aussi Lurette ; venue du Cameroun après un détour à Londres, elle habite maintenant à Saint-Hyacinthe. Et je pourrais vous parler de plusieurs autres personnes au parcours tout aussi fascinant avec lesquelles j’ai pu échanger au cours de cette soirée.

Toutefois, j’ai été surpris d’apprendre que lors de cette soirée, aucun citoyen de Saint-Liboire n’était présent, hormis le maire, M. Chabot, ainsi que trois conseillers municipaux qui nous ont chaleureusement accueillis dans leur municipalité. Il est vrai qu’il n’y aucun immigrant connu sur le territoire de Saint-Liboire (c’est ce que j’ai appris ce soir-là !), mais tout de même, les citoyens auraient été les bienvenus à cette soirée.

Je suis sorti de là un peu grisé, avec l’impression d’avoir fait le tour du monde en deux heures et avec plusieurs nouveaux amis que je continuerai à fréquenter.

Que vous soyez Néo-Québécois ou un aborigène comme moi, si jamais l’expérience vous tente, le prochain « Parler pour parler » aura lieu à la municipalité de La Présentation. Tout le monde est bienvenu. Visitez la page Facebook ou le site web de Forum 2020 pour plus de détails.

Forum 2020

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  • Re: ¿Cómo se llama ?

    <p>j&rsquo;y &eacute;tais &eacute;galement et j&rsquo;ai bien aim&eacute; cette strat&eacute;gie de discussions &agrave; la fa&ccedil;on &laquo;&nbsp;speed dating&nbsp;&raquo; qui permet de parler &agrave; tout le monde. Plus tard dans la soir&eacute;e nous avons pu parler plus librement avec l&rsquo;un et l&rsquo;autre. Chapeau aux organisatrices de forum 2020&nbsp;!</p> <p>Lors des discussions avec tous ces gens d&rsquo;ailleurs, je leur ai demand&eacute;&nbsp;: Qu&rsquo;est-ce qui est le plus difficile ici&nbsp;? Le climat&nbsp;? Le choc culturel&nbsp;? Tous ont r&eacute;pondu qu&rsquo;ils s&rsquo;adaptent tr&egrave;s bien au pays, &agrave; l&rsquo;hiver, le plus difficile c&rsquo;est la langue et la difficult&eacute; de cr&eacute;er des liens avec les maskoutains. Qu&rsquo;&agrave; cela ne tienne, nous allons cr&eacute;er des groupes de discussions et d&rsquo;&eacute;changes o&ugrave; nous inviterons des qu&eacute;b&eacute;cois &agrave; discuter en fran&ccedil;ais avec eux. Rien de plus simple. &Agrave; tr&egrave;s bient&ocirc;t.</p> <p>&nbsp;</p>

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