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Joualbleu : à la découverte de la camerise

Audrey Neveu

Le cultivateur Dany Leblanc avait la camerise dans la mire dès 2010, bien avant que le Québec ne découvre ce petit fruit bleu. À l’avant-garde des tendances alimentaires, le propriétaire de la bleuetière Joualbleu a réussi le pari de cultiver cette cousine du bleuet en pleine région maskoutaine, à Saint-Jude.

Né sur une ferme à Saint-Barnabé-Sud, Dany Leblanc a baigné dans l’agriculture toute sa jeunesse. Après avoir travaillé une dizaine d’années comme graphiste, il a décidé en 2007 d’effectuer un retour aux sources en ouvrant sa bleuetière, qui comptait à l’époque un peu plus de 500 plants. En deux ans, l’agriculteur a quintuplé sa production, passant à 2700 plants.

La bleuetière Joualbleu a toutefois réellement commencé à se distinguer en 2010, lorsque Dany Leblanc a découvert la camerise lors d’une conférence. « J’étais intrigué, c’était très nouveau et prometteur. La culture de la camerise se développe lentement, mais c’est très intéressant de la voir s’implanter au Canada », affirme-t-il.

Cette baie, qui ressemble à un bleuet allongé, est originaire de la Sibérie et du Japon, et elle résiste bien à des températures très froides allant jusqu’à -30 C. Cette tolérance au froid a poussé des chercheurs de la Saskatchewan à l’importer pour l’adapter au climat canadien. Lorsque Dany Leblanc a découvert ces caractéristiques, il a planté quelques camérisiers dans son champ pour tenter l’expérience, qui s’est avérée concluante.

« Ce n’est pas évident de décrire le goût. Je dirais que ça ressemble à un raisin bleu suret et un peu amer. Certains comparent la camerise à la rhubarbe et aux mûres », explique Dany Leblanc. L’agriculteur fait maintenant pousser cinq variétés de camérisiers, dont les plus connues, la Borealis et la Berry Blue. Les Maskoutains peuvent d’ailleurs cueillir eux-mêmes ces fruits dès la mi-juin, puisque les camerises arrivent à maturité tôt, bien avant les bleuets.

Le défi d’un agriculteur maskoutain

Dany Leblanc sera à son kiosque tout l’été à la bleuetière pour faire découvrir la camerise aux curieux. photo : Nelson DionSi la camerise permet à Joualbleu de se démarquer, Dany Leblanc doit tout de même faire face à la féroce compétition américaine. « Les prix de leurs bleuets diminuent chaque année et ils ont une plus grosse production. Ils font moins d’argent en été, mais plus en hiver, quand on ne vend pas. Ça prend des gens qui aiment acheter québécois pour réussir, commente Dany Leblanc. Toutefois, les gens sont curieux à propos de la camerise, parce que c’est une culture qui débute au Québec. »

Le fruit est un filon qu’il réussit à bien exploiter, même s’il est moins connu que le bleuet. L’agriculteur partage d’ailleurs sa production entre l’autocueillette et les confitures aux camerises, mises en pot par Les Petits Péchés du Mont-Yamaska, à Saint-Paul-d’Abbotsford. « La camerise leur donne une très belle texture », ajoute Dany Leblanc. Grâce à ces deux avenues, l’agriculteur a réussi à écouler toute sa production l’an dernier, un succès qu’il espère répéter cet été.

En plus de ses cultures de bleuets et de camerise, Dany Leblanc possède quatre poulaillers qui le gardent bien occupé. Il ne souhaite donc pas encore agrandir sa production de camerise, d’autant plus que sa terre est limitée par le village voisin et par un cours d’eau.

Sa passion pour ce petit fruit, toutefois, ne se dément pas, et Dany Leblanc sera à son kiosque tout l’été à la bleuetière pour faire découvrir la camerise aux curieux.

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Information :

La Bleuetière Joualbleu

1341, rang de Michaudville, Saint-Jude

Tél. : 450 888-1305

Site Web : joualbleu.com

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