• Ruralité

La Fille du Roy : tomber dans les courges

Roger Lafrance

L’agriculture, ce n’est pas que des fermes laitières ou porcines ou de grands champs de maïs ou de soya. C’est aussi des cultures diversifiées, des produits méconnus qui égaient nos assiettes et nos palais.

Si, dans les vergers, il est facile de tomber dans les pommes, à la ferme La Fille du Roy à Sainte-Madeleine, on tombe plutôt dans les courges. La ferme cultive une soixantaine de variétés, des grosses, des petites, des difformes et de toutes les couleurs, à tel point qu’on se demande comment la nature a pu se surpasser pour les rendre aussi belles.

Josée Roy et son conjoint Antoine Beauregard ne se destinaient pas à l’agriculture. Bien qu’ils aient grandi sur une ferme, ils avaient choisi un autre métier qu’ils aimaient.

« Mon père prévoyait vendre la ferme, raconte Josée Roy. C’est là qu’on a décidé de prendre la relève. Je représente la 6e génération sur cette ferme. Je ne pouvais la laisser aller. »

L’automne est synonyme de courges et de citrouilles à la ferme La Fille du Roy de Sainte-Madeleine. Photo : Roger LafranceSon père avait touché un peu à tout (vaches, maïs, blé, betteraves à sucre, pois), mais il s’était surtout consacré à la grande culture. Le couple a conservé le maïs, le soya et le blé, mais il voulait aussi se diversifier. Pour eux, le contact avec le consommateur était important.

Ils se sont donc consacrés à l’autocueillette, d’abord avec la fraise qui a déjà été l’emblème de Sainte-Madeleine, puis avec les courges. Ayant étudié en alimentation, Josée Roy connaissait bien les vertus de la courge, aliment qui demeure mystérieux auprès des consommateurs, même si on en retrouve de plus en plus en épiceries.

« On cherchait une culture d’automne, explique Mme Roy. Les gens connaissent mal la courge, car elle est souvent mal apprêtée. »

Pourtant, la courge est liée à notre histoire, car elle nous a été léguée par les Amérindiens au même titre que le sirop d’érable. Pour ceux-ci, la courge constituait l’une des « trois sœurs » de leur agriculture, avec le maïs et les haricots.

« Ce n’est pas une culture difficile, même si on doit affronter un insecte prédateur qui est présent aux champs du début à la fin. Nous avons aussi à faire face à quelques petites maladies. »

Comme si le défi n’était pas suffisant, le couple a choisi une autre culture méconnue, l’artichaut, qui aime bien le sol argileux, mais qui est rarement cultivé dans un climat aussi nordique que le nôtre. Autres cultures marginales : la cerise de terre et le tomatillo (ou tomatille) qui sert de base à la fameuse salsa.

En plus de l’autocueillette dans les champs, la Fille du Roy transforme une partie de sa production en marinades, tapenades, salsas et confitures. Josée Roy avertit les amateurs : il faut faire vite si l’on veut se procurer ses produits, car ils disparaissent rapidement à mesure que l’automne s’installe. Les retardataires pourront toutefois se reprendre au marché de Noël du Vieux-Longueuil où l’agricultrice est présente chaque année.

 

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