• Ruralité

Le Domaine du Nival : des premiers vins qui s’envolent !

Josiane Roulez

Les propriétaires du Domaine du Nival, à Saint-Louis, ne manquent pas d’audace. En affaires depuis trois ans à peine, Matthieu et Denis Beauchemin se sont lancé un défi de taille : produire des vins biologiques, dont le goût reflète le terroir de chez nous. Leur témérité leur réussit : en deux mois, 75 % de leur première cuvée s’est déjà envolée !

« En lançant nos premiers vins, au mois d’août, nous espérions vendre la moitié de notre production d’ici Noël, et nos dernières bouteilles vers le mois d’avril. Mais à ce rythme, il ne restera plus rien à la mi-novembre ! », s’émerveille Matthieu Beauchemin, fils de Denis.

Le goût du terroir

Louise Le May, co-propriétaire et Hélène Beauchemin, bénévole. photo : Nelson DionLe goût frais et authentique des vins du Domaine du Nival, un rouge et deux blancs, a séduit le public, les spécialistes et surtout, les restaurateurs, principaux clients du vignoble. Pour obtenir ce goût unique, Matthieu et Denis Beauchemin se sont lancés dans la production de « vins vrais » par opposition aux « vins conventionnels » qui représentent environ 98 % de la production mondiale.

« La plupart des producteurs de vin utilisent des levures commerciales et corrigent le goût de leur vin par des intrants artificiels. Au Domaine du Nival, nous utilisons uniquement des levures indigènes, naturellement présentes sur le raisin, qui apportent un goût typique de la région. De plus, nous acceptons une certaine acidité dans nos vins, caractéristique de notre climat froid. Nous préférons équilibrer cette acidité et bien l’intégrer plutôt que de la corriger chimiquement », déclare Matthieu Beauchemin.

Des cultures écologiques

Les Beauchemin produisent du vin biologique et biodynamique, se refusant à employer des produits chimiques au vignoble. « La biodynamie est en quelque sorte l’homéopathie de la viticulture. Nous employons des produits naturels à petites doses pour renforcer les défenses de la vigne et dynamiser son écosystème », explique Matthieu Beauchemin, qui ajoute que de grands vignobles adhèrent à cette méthode, comme le célèbre Domaine de la Romanée-Conti.

Un choix sensé, lorsqu’on sait que les produits chimiques utilisés dans la culture de la vigne se retrouvent dans le vin, parfois en très grandes quantités. Selon une étude réalisée en 2013 par le magazine français Que choisir, l’équivalent de notre Protégez-vous, la concentration de pesticides dans certains vins français serait 300 fois plus élevée que celle permise dans l’eau potable !

Des cépages et des vins

Sur leur terre de six hectares, au bord de la rivière Yamaska, les Beauchemin cultivent plusieurs cépages européens rares au Québec, dont du pinot noir. Ils ont aussi introduit deux cépages inédits en sol québécois : le gamaret, une variété de raisin rouge suisse, et l’albariño, un raisin blanc cultivé dans le nord de l’Espagne et du Portugal. Enfin, ils cultivent aussi du vidal, un cépage hybride de raisin blanc très résistant au froid, largement utilisé au Canada pour produire du vin de glace.

De leur cuvée 2015, on peut encore découvrir un vin blanc, Matière à discussion. Leurs deux autres vins, Les Entêtés, un vin rouge de pinot noir et de gamaret, et Bouche-bée, un vin blanc, sont déjà en rupture de stock. La cuvée 2016 comptera un vin rouge, deux vins blancs et un vin rosé.

Plus de vignobles à Saint-Hyacinthe ?

Avec Vignoble Château Fontaine, la région de Saint-Hyacinthe compte deux producteurs de vin. Matthieu Beauchemin rêve toutefois de voir s’installer chez nous davantage de viticulteurs. « J’aimerais voir d’autres vignobles ouvrir leurs portes dans notre rang ou dans les villages voisins. Nous pourrions nous entraider et partager nos savoirs. » Ses vœux pourraient bien se réaliser, car son enthousiasme pour le vin est contagieux !

Post-Scriptum: 

Le Domaine du Nival

424, rang du Bord-de-l’Eau Ouest, Saint-Louis

Tél. : 450 518-4818

www.nival.ca.

Galerie

  • Matthieu Beauchemin, vigneron co-propriétaire et Martin Gobeil, bénévole. photo : Nelson Dion
    Matthieu Beauchemin, vigneron co-propriétaire et Martin Gobeil, bénévole. photo : Nelson Dion
  • Raisins de Pinot noir. photo : Nelson Dion
    Raisins de Pinot noir. photo : Nelson Dion
  • Parcelle de Pinot noir. photo : Nelson Dion
    Parcelle de Pinot noir. photo : Nelson Dion
  • Vue sur la parcelle de Vidal depuis la parcelle d'Albariño (rivière Yamaska). photo : Nelson Dion
    Vue sur la parcelle de Vidal depuis la parcelle d'Albariño (rivière Yamaska). photo : Nelson Dion
  • Catherine Martinot, bénévole, et Matthieu Beauchemin, vigneron co-propriétaire à la table de tri. photo : Nelson Dion
    Catherine Martinot, bénévole, et Matthieu Beauchemin, vigneron co-propriétaire à la table de tri. photo : Nelson Dion
  • Cuverie. photo : Nelson Dion
    Cuverie. photo : Nelson Dion
  • Salle des fûts. photo : Nelson Dion
    Salle des fûts. photo : Nelson Dion
  • Catherine Martinot, bénévole, Matthieu Beauchemin, vigneron co-propriétaire et Florence Beauchemin, fille de Matthieu Beauchemin. photo : Nelson Dion
    Catherine Martinot, bénévole, Matthieu Beauchemin, vigneron co-propriétaire et Florence Beauchemin, fille de Matthieu Beauchemin. photo : Nelson Dion
  • Denis Beauchemin, vigneron co-propriétaire et Chantale Arès, bénévole. photo : Nelson Dion
    Denis Beauchemin, vigneron co-propriétaire et Chantale Arès, bénévole. photo : Nelson Dion

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