• Ruralité

Les producteurs maskoutains veulent pouvoir cultiver du cannabis

Gabrielle Brassard-Lecours

Dès son élection, le nouveau gouvernement fédéral a annoncé qu’il travaillerait à légaliser la culture et la vente de cannabis au Canada. Ce sera chose faite à partir de juillet 2018. Mais pour les producteurs, obtenir les permis nécessaires s’avère difficile.

Selon des documents produits par l’association des Producteurs en serre du Québec (PSQ), les retombées économiques de la culture légale de la marijuana pourraient s’élever à 500 millions de dollars pour la province. En ce moment, c’est Santé Canada qui octroie les permis pour la culture médicale de l’or vert. « Mais sur 360 demandes provenant du Québec pour cette culture, une seule a été acceptée, et une trentaine ont été données à l’Ontario », explique André Mousseau, président de Producteurs en serre du Québec. Les producteurs dénoncent le fait que le « club select » ayant accès aux permis médicaux se situe en dehors du Québec pour l’instant. À défaut, ils se tournent vers la culture récréative, et tentent d’avoir voix au chapitre dans l’obtention de permis.

« On a déjà les infrastructures pour cultiver le cannabis, contrairement à une personne qui débute », affirme M. Mousseau. Mais les règles d’inspection des employés pour une telle culture sont très sévères. « Plus l’entreprise a d’employés, plus l’inspection et l’obtention de permis demandent du temps. On veut que ça soit contrôlé, mais on aimerait que les règles soient un peu plus souples pour permettre aux producteurs existants d’ajouter cette culture à leurs activités, pour que tout le monde puisse en profiter », dit le producteur de cactus de Sainte-Marie-Madeleine.

Qui doit délivrer les permis ?

André Mousseau, président de Producteurs en serre du Québec. «Les producteurs dénoncent le fait que le « club select » ayant accès aux permis médicaux se situe en dehors du Québec pour l’instant.»D’après une récente recherche effectuée par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), la question de qui devrait réglementer la vente du pot récréatif se pose : le privé ou le public ? L’IRIS préconise le public, en instaurant une sorte de « SAQ du pot », la vente étant ainsi gérée par une société d’État. Dans la même veine, M. Mousseau propose de s’asseoir avec le gouvernement afin de créer une filière et de voir comment le tout pourrait fonctionner, en travaillant en équipe avec les producteurs locaux. Tout comme l’IRIS, le président croit que si les producteurs légaux et experts, comme ceux de son association, produisent du cannabis en quantité suffisante, les prix seront compétitifs. Ils pourront alors faire reculer la vente illégale qui fait loi, en ce moment, en matière de vente de cannabis.

De l’intérêt dans la région

Une bonne dizaine de producteurs de la région de Saint-Hyacinthe souhaiteraient allouer une partie de leurs serres à la culture de plants de cannabis. « Nous aimerions beaucoup encourager les producteurs locaux à profiter de cette nouvelle culture, et les gens à acheter leurs plants directement d’eux plutôt que d’aller chez Rona ou Home Depot », confie M. Mousseau.

Lors du Sommet sur l’alimentation, qui se tiendra à la mi-novembre, les producteurs en serre devraient rencontrer le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec afin de faire entendre leurs revendications pour l’octroi de permis de culture de cannabis récréatif. Le ministre Lessard a déjà affirmé ouvertement qu’il préconiserait cette nouvelle culture légale en serre plutôt qu’en champs. Reste à voir comment arrimer le tout avec les producteurs locaux, puisqu’en ce moment, les permis sont gérés par Ottawa.

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